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Le destin funeste d’un petit migrant bouleverse l’opinion mondiale

© STR / DOGAN NEWS AGENCY / AFP
Aylan, petit réfugié kurde de 3 ans, retrouvé mort noyé sur une plage de Bodrum en Turquie
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L’image du petit Aylan, 3 ans, mort noyé sur une plage turque, émeut les réseaux sociaux et interpelle les consciences : cet enfant pourrait être le nôtre. Mais au-delà de l’émotion, quelle réaction ?

Comme une traînée de poudre, l’image d’un migrant noyé, d’un réfugié ayant fui son pays en guerre pour tenter de rejoindre l’Europe, a frappé l’opinion publique mondiale en l’espace de quelques heures. Le petit corps sans vie découvert sur la plage de Bodrum, en Turquie, est celui d’un enfant de 3 ans, mort noyé avec son frère aîné, Gulip, 5 ans.

Pourquoi une telle émotion aujourd’hui, des mois après le pèlerinage du Pape à Lampedusa ? Des mois après cet appel pressant, prémonitoire : « la Méditerranée ne doit pas se transformer en un vaste cimetière ».

Cette image d’un enfant mort est reprise en une de tous les grands quotidiens européens (sauf en France) et partagée sur tous les réseaux sociaux parce qu’il pourrait être l’enfant de chacun d’entre nous. C’est la réflexion de tout père, de toute mère devant une telle image, s’identifiant au drame vécu par des milliers de familles fuyant leur pays pour tenter, peut-être, de construire un avenir meilleur, ou un avenir tout court.

Le point de passage le plus court

Pourquoi ces corps sur la plage de Bodrum (Turquie) ? Les candidats à l’exil se dirigeaient vers l’île de Kos, empruntant l’un des points de passage maritimes les plus courts vers le continent européen. Mais ce qui aurait dû être une traversée rapide et sans risque s’est comme souvent transformé en drame humain : attirés par les cris des migrants en détresse, les garde-côtes sont arrivés trop tard pour en sauver la plupart. Ce sont au total 30 syriens qui, répartis en deux embarcations, ont tenté cette traversée depuis Akyarlar. Mais les deux bateaux ont chaviré et le bilan est lourd : 12 victimes, dont une femme et trois enfants, et trois disparus. Quinze survivants ont pu atteindre la côte, aidés en cela par des gilets de sauvetage dont les enfants, eux, n’étaient pas pourvus. Un choix qui aura coûté la vie à quelques-uns des plus faibles parmi ces migrants.

Après l’émotion, quelle action ?

« Si ces images extraordinairement fortes d’un enfant syrien rejeté sur une plage ne modifie pas l’attitude de l’Europe à l’égard des réfugiés, qu’est-ce-qui le fera ? », s’interroge ce matin le quotidien britannique The Independent. Mais l’émotion n’apporte pas de solutions. Depuis janvier dernier, plus de 330 000 exilés ont traversé la Méditerranée, et 2 500 migrants ont perdu la vie en tentant de gagner les côtes européennes. Les autorités turques estiment quant à elles avoir porté assistance en mer à 42 000 personnes. Il se peut que l’annonce par l’Allemagne d’accueillir 800 000 réfugiés et de renoncer à renvoyer les réfugiés vers leur pays d’entrée dans l’Union européenne accélère encore le phénomène. L’Allemagne, l’Italie et la France ont par ailleurs réclamé mercredi une refonte des règles du droit d’asile en Europe, et une meilleure répartition des migrants dans l’ensemble des pays de l’Union.

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