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Migrants : « L’Europe est en train de perdre son âme »

© Nano Production pour Aleteia
le père Cédric Burgun à Saint-Nicolas des Champs, Paris 3e
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Le père Cédric Burgun, maître de conférence en droit canonique à l'Institut catholique de Paris, analyse pour Aleteia les déclarations du Saint-Père rapportées par Mgr Gaillot à l'issue de sa première rencontre avec un Souverain Pontife en 25 ans.

Aleteia : Le pape François aurait partagé à Mgr Gaillot, l’évêque de Parténia (Algérie), sa peine pour les migrants « chair de l’Église », pourquoi ?
Père Cédric Burgun : Les migrants sont une des nouvelles formes de pauvreté à laquelle le monde est confronté aujourd’hui et l’Église s’est toujours montrée attentive aux pauvres. Ce n’est bien sûr pas la seule forme de pauvreté mais une nouvelle que nous ne pouvons donc ni ignorer ni repousser. Certains migrants ont faim et fuient une situation politique ou économique dramatique. D’autres sont persécutés et leur vie peut être en péril. De nombreuses situations effroyables sont condensées dans la figure du migrant. Je me souviens de cette déclaration du Pape au Parlement européen : « La Méditerranée ne peut devenir un vaste cimetière ». C’est pourtant bien ce qui est en train de se passer sous nos yeux.

Savons-nous porter sur les migrants un regard en « frères de sang », issus d’une même chair ?
Non. C’est bien le drame aujourd’hui d’ailleurs. Les migrants sont perçus comme des envahisseurs, comme un problème politique, des hommes qui nous dérangent dans notre confort ou notre liberté. Or, ils sont une chair qui souffre. La situation des migrants ne se règlera pas à coups de construction de camps de réfugiés. Le drame et le malaise sont plus profonds. L’appel à la décroissance de nos pays riches lancé par le pape François dans son encyclique Laudato si’, assimilant l’enrichissement de nos pays occidentaux à une forme de vol des pays pauvres, devrait nous faire réfléchir. Rappelons que dans le projet européen initial, Robert Schuman voulait faire de l’Europe un lieu de solidarité effective envers les plus pauvres. Notre Europe actuelle perd son âme lorsque ses dirigeants tardent tant à ouvrir les yeux sur ces problèmes particulièrement graves.

Le pape François n’entend pas se rendre en France pour le moment, préférant rendre visite à « des petits pays qui ont besoin d’aide ». La France est-elle encore un grand pays chrétien sans problème ?
Grand pays chrétien non. Quand moins de 5% de la population française pratique encore, on ne peut même plus parler d’un pays chrétien. Mais je ne regrette pas pour autant les propos du Saint-Père. Je comprends que le Pape souhaite se rendre au chevet de pays qui n’ont encore jamais reçu la visite du Successeur de Pierre. Ils sont encore nombreux. La France a été assez privilégiée à ce point de vue au cours de son Histoire. Toutefois, le ministère de Pierre est aussi de conforter la foi des Églises locales en difficulté, et la France en aurait bien besoin pour garder l’espérance.

À la question de la bénédiction des couples homosexuels ou divorcés remariés, le pape François aurait convenu que « la bénédiction de Dieu est pour tout le monde ». S’agit-il pour autant d’une reconnaissance de ces situations ?
Je ne me suis jamais privé de bénir des personnes homosexuelles ou divorcées ou même remariées ! En théologie spirituelle, il faut toujours distinguer la bénédiction des personnes de la bénédiction de leur situation. Il n’est absolument pas nouveau d’appeler la bénédiction de Dieu sur toute personne qui en fait la demande. Donner une bénédiction c’est dire du bien, c’est encourager l’homme ou la femme dans ce qu’il accomplit de bon. En revanche, la question de la bénédiction d’un couple homosexuel ou divorcé remarié en tant que tel est une autre question. Aujourd’hui, on ne peut bénir une situation qui irait à l’encontre de l’enseignement de l’Église. Et enfin, gardons-nous de réagir ou d’interpréter trop rapidement des propos rapportés et sortis de leurs contexte. Au synode l’an passé, nous en avons eu des exemples…

Propos recueillis par Alexandre Meyer

Le père Cédric Burgun est juge ecclésiastique auprès de la province Île-de-France, il est l’auteur chez Artège de La Famille c’est sacré ! (2015, 169 p., 14,90 euros).

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