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La morale entre à l’école, mais les bases sont-elles bien acquises ?

© Julien PAISLEY / Service photo, photothèque du Conseil Général du Val-de-Marne / Flickr CC
https://www.flickr.com/photos/valdemarne/14088090484
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Malgré une annonce retentissante, les nouveaux cours d' »enseignement moral et civique » ne devraient pas beaucoup bousculer les programmes scolaires. En tout cas, pas à la hauteur des enjeux.

Elle avait quasiment disparu au lendemain des événements de mai 68 avant de réapparaitre dans les années 80 à l’initiative du ministre de l’Éducation d’alors, Jean-Pierre Chevènement. En cette rentrée des classes 2015, la morale refait surface à l’école sous un nouveau sigle : EMC. L' »enseignement moral et civique » se veut « l’appellation la plus neutre possible, un consensus mou », nous confie sous couvert d’anonymat un professeur d’école supérieure du professorat.

Initialement prévue pour 2016, l’introduction de ce cours dans les programmes scolaires a été avancée à la suite des attentats de janvier pour mieux replacer l’éducation « au cœur de la République », selon le ministère. Replacer l’école dans la République et la République au cœur de l’école ? Voilà achevé le chantier amorcé par Vincent Peillon, l’éphémère prédécesseur de Najat Vallaud Belkacem rue de Grenelle, fervent adepte de la « morale laïque ». Ces cours ne représenteront toutefois qu’une heure en primaire, une heure tous les 15 jours en secondaire.

« Les cours risquent de ne plus être structurés »

« Les programmes sont bâclés, la plupart des syndicats voulaient repousser l’inscription de la morale au programme à l’an prochain », poursuit le professeur, enseignant lui-même cette discipline depuis dix ans à ses futurs confrères.

L’abandon de la seule éducation civique au profit d’un cours teinté de morale date de 2008 sous le ministre Luc Chatel (UMP). L’enseignement de la morale s’est alors appuyé sur les proverbes. Un enseignant pouvait passer autant d’heures qu’il voulait à décortiquer une seule maxime. « Cela marchait très bien auprès des élèves qui ne voulaient même plus quitter la classe à la fin des cours. » Mais cette année, le mot maxime n’apparaît plus nulle part. « J’ai peur que les cours pâtissent d’un sérieux manque de structure », s’inquiète le professeur.

Un avis partagé par cette spécialiste des questions d’éducation d’une revue chrétienne consultée à ce sujet : « Le programme est trop flou, cela manque de concret. » Il suffit pour s’en convaincre de lire le communiqué mis en ligne sur le site du ministère : « L’EMC doit transmettre un socle de valeurs communes : la dignité, la liberté, l’égalité, la solidarité, la laïcité, l’esprit de justice, le respect de la personne, l’égalité entre les femmes et les hommes, la tolérance et l’absence de toute forme de discrimination… ».

Dans le même temps, l’enseignement de la morale à proprement parler reste absent d’une large portion du cursus scolaire : « Quand on regarde l’ensemble de la scolarité d’un élève, il n’aborde les questions de morale qu’en primaire et un peu au lycée. Or c’est au collège, pendant l’adolescence, que cet enseignement est primordial. Actuellement cet enseignement est trop faible, voire inexistant à l’âge où les enfants ont le plus besoin de repères ».

Le contenu des cours ne devrait donc pas subir de changement à la hauteur des annonces du gouvernement : « On le fait cette année parce que le ministère l’a ordonné et puis cela finira sans doute lettre morte », confie notre enseignant désabusé.

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