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Calais : les migrants ne sont pas les « les damnés de la terre »

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© PHILIPPE HUGUEN / AFP

Illegal migrants demonstrate against British government, on August 20, 2015 in Calais, on the occasion of the visit of Britain's Home Secretary visit to Calais to sign a deal aimed at alleviating the migrant crisis. As part of the deal, the Home Office said Thursday that British police officers will be deployed to Calais to combat gangs smuggling the migrants across the Channel. AFP PHOTO/PHILIPPE HUGUEN

Sylvain Dorient - publié le 24/08/15

Un rapport du Secours catholique démonte les clichés sur la "new jungle", ce camp de réfugiés clandestins de la zone de Calais.

"Ils ne sont pas globalement les déshérités ou les damnés de la terre, loin s’en faut", explique ce rapport, qui se fonde sur les témoignages de 54 migrants interrogés à Calais par le Secours catholique. Ils viennent tous de la "new jungle".

Les plus pauvres ne migrent pas

Pour migrer, il faut avoir de l’argent : une moyenne de 3 062 euros, soit deux ans du salaire moyen au Soudan, cinq en Afghanistan. La plupart des gens qui parviennent jusqu’à Calais sont des jeunes hommes, la moyenne d’âge est de 27 ans, en bonne condition physique. Les personnes fragiles auraient peu de chances de parvenir jusqu’à Calais. Enfin, ils ont des formations et des niveaux d’études plutôt élevés. Ils sont globalement issus de classes favorisées dans leurs pays de départ. Il y a parmi les personnes interrogées des professeurs, des ingénieurs et des ouvriers qualifiés : les plus pauvres n’ont aucun espoir d’envisager ce voyage coûteux et dangereux.

Déception et révolte

Leur désillusion n’en est que plus grande, lorsque, parvenus à Calais, ils doivent faire face à des conditions de vie déplorables. Ils vivent sans pouvoir se laver, avec un repas par jour et ont le sentiment d’être regardés comme des animaux. Mais ce qui leur pèse le plus est "l’incertitude administrative". Ballotés de pays en pays, ils attendent une régularisation qui ne vient souvent jamais. À l’image de Khan, 32 ans, Pakistanais, ingénieur électricien, certains expliquent qu’ils ne veulent pas vivre de la charité publique mais de leur travail : "Je n’ai besoin de rien ici ! Seulement d’une meilleure vie ! Je ne veux pas du repas de [l’association] Salam, de leurs couvertures…".

Un autre réfugié, Ahmed Shah, 31 ans, comptable afghan, exprime cette incompréhension : "Que la France accepte l’immigration ou nous laisse passer en Grande-Bretagne. La France est une grande puissance, 2 000 ou 3 000 personnes ne sont rien pour elle, elle peut en prendre soin. Qu’on ne nous donne pas de nourriture, mais du travail. Ou que la France ferme ses frontières, et dise : 'Nous n’avons pas d’argent ni de nourriture, ne venez pas'".

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