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Parents : quel est donc le secret d’une éducation réussie ?

© dovemencareus / YouTube
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Une étude du think tank Demos menée auprès de 9 000 familles le confirme : être ferme tout en étant aimant porte ses fruits.

Entretien avec Jean-Paul Mialet, psychiatre, ancien chef de clinique à l’hôpital Sainte-Anne et directeur d’enseignement à l’université Paris V.

Atlantico : Dans une société où la fessée est bannie et la parole de l'enfant sacralisée, l'idée que la punition est nécessaire au bon développement des enfants ne fait pas consensus. Dans quelle mesure la capacité des parents à allier fermeté et affection peut-elle être bénéfique aux enfants ?
Jean-Paul Mialet :
La plupart des êtres vivants – surtout  les mammifères –  naissent inachevés. C’est en se frottant à leur environnement qu’ils développent des comportements adaptés. Cela est particulièrement vrai pour l’être humain. Il vient au monde avec quelques réflexes de survie très limités, comme le réflexe de la tétée.

Pour le reste, tout est à apprendre : d’où une incomparable liberté adaptative. En raison de la complexité de son système nerveux, il est de plus capable de se montrer créatif. Et la créativité de l’espèce humaine va jusqu’à transformer l’environnement naturel en données abstraites véhiculées par le langage. Le développement de l’être humain se fait donc au sein d’un milieu complexe qui n’est pas seulement l’environnement concret, mais aussi l’environnement d’une culture. Et dans un bain affectif qui implique deux parents aimants mais aussi détenteurs d’un pouvoir sur lui. Pouvoir de fait et pouvoir symbolique : celui des "grands".

Alors que le chat évitera de se rapprocher de la flamme en raison d’un instinct qui veille en lui, le bébé s’approchera du feu animé par une curiosité utile mais dangereuse. L’exploration de l’environnement par l’enfant connaît à l’origine peu de limites. C’est aux parents d’indiquer ces limites. Contenir la curiosité de l’enfant ne va pas sans larmes : c’est s’opposer à son désir. Or les parents, dans leur rôle éducatif, doivent en permanence s’opposer à des désirs désordonnés pour permettre à l’enfant de s’adapter non seulement aux données naturelles, telles que le feu qui brûle, mais aussi à des données culturelles, tels que les horaires de repas, les impératifs de propreté, etc. Toutes ces limites ne peuvent être convenablement apprises que dans un climat affectif rassurant, qui permet à l’enfant de ne pas se sentir simple objet de relations de pouvoir, mais aimé. Le "non" des parents est ainsi un "non" qu’il apprend à respecter, et dont il vérifiera dans certains cas le bien-fondé, par exemple s’il se brûle dans ce feu qu’on lui avait demandé d’éviter ou s’il se pince dans cette porte qu’il fallait cesser de secouer. Le "non" représente ainsi  l’autorité d’adultes bienveillants qui ne cherchent pas qu’à s’affirmer en le bridant.

Il peut néanmoins être parfois nécessaire de faire preuve d’une grande vigueur pour contenir l’enfant. Et pour le protéger comme pour s’en protéger. Son appétit exploratoire le met quelquefois en grand péril et on doit alors agir sans prendre le temps d’expliquer ; ou bien, il peut, avec les meilleures intentions du monde, endommager des objets auxquels on tient. La bienveillance et l’explication ne sont alors plus de mises : il faut réagir vite. Il y a aussi des règles de vie qui ne s’expliquent pas et doivent simplement être admises.

L’encadrement éducatif des parents exige donc de savoir s’opposer à l’enfant – on ira jusqu’à dire : de savoir s’imposer. Or l’enfant, au même titre qu’il cherche à explorer le monde des objets, évalue également sa capacité à occuper un espace de pouvoir. Les conflits avec les parents ne sont donc pas seulement le produit d’interdictions destinées à protéger l’enfant contre des menaces de tous ordres, mais également des enjeux de pouvoir. Quand l’enfant, après avoir subi les "non" des parents dans ses premières années, dit à son tour "non" à ses parents, il s’affirme. "Il se pose en s’opposant", disait le psychologue Wallon.

Il revient donc aux parents de savoir dire non à l’enfant à la fois pour le protéger contre les dangers de l’environnement et contre lui-même, animé par ses ambitions de toute-puissance. Ce rôle interdicteur peut dans la plupart des cas se réaliser dans le calme, soutenu par la patience et l’amour. Mais l’interdiction doit être quelquefois assortie de punitions. Celles-ci peuvent être nécessaires précisément pour rétablir le calme… indispensable à des relations apaisées. Lire la suite sur Atlantico

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