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Pourquoi la génération Y continue à habiter chez ses parents même lorsqu’elle a un emploi

© carballo/SHUTTERSTOCK

Atlantico - Publié le 05/08/15

Malgré une baisse du chômage, les jeunes restent toujours vivre aussi longtemps chez leurs parents. L'emploi n'est donc pas le principal frein à l'émancipation des 25-35 ans qui entrent dans la vie active.

Entretien avec Olivier Vial, président de l’UNI et directeur du Centre d’études et de recherches de l’UNI (CERU), et Michel Fize, sociologue au CNRS, membre de l’exécutif national du Mouvement des progressistes, initié par Robert Hue en 2009, et conseiller régional Île-de-France.

Atlantico : Aux États-Unis, malgré une reprise de l’emploi chez les jeunes, le nombre des 18-34 ans qui restent vivre chez leurs parents est resté stable. Observe-t-on des phénomènes comparables en France ? Pourquoi rester plus tard chez ses parents ?
Olivier Vial :
Les profils et les tendances sont à peu près similaires. Il y a une légère augmentation de la durée de cohabitation avec les parents. C’est intéressant car on voit ainsi que le problème n’est pas propre à la France. Il faut avoir en tête que la France est, contrairement aux idées reçues, l’un des trois pays européens où l’on décohabite le plus tôt. La moyenne, toutes catégories de population confondues, est aux alentours de 22 ans et progresse régulièrement.

Ensuite, il y a des facteurs plus conjoncturels, liés à l’emploi et au coût. Le fait d’avoir un emploi stable – et c’est cette stabilité qui est importante –, est crucial. Il y a là une spécificité française : la durée entre la fin des études et l’obtention d’un premier CDI est estimée à deux ans. Pendant cette période, on a beau avoir un revenu, ce n’est en général pas suffisant pour faire le saut. Plus le marché de l’emploi est tendu, plus il y a une tendance à faire attention au risque que comporte un logement indépendant. La question du coût est aussi importante.

On peut par exemple s’interroger sur ce qui motive l’emménagement en couple : est-ce pour des raisons sentimentales ou aussi pour des raisons budgétaires ? L’augmentation des prix des loyers que nous avons connue ces dernières années fait qu’il est parfois difficile de l’affronter avec un seul salaire. C’est aussi pour cette raison que le nombre de colocations augmente, du fait, contrairement aux idées reçues, de jeunes travailleurs plutôt que d’étudiants. Dans plus de 80% des colocations, au moins une personne a un emploi. On estime que le taux d’effort pour un loyer doit être autour de 30% des revenus. Pour un jeune, il est autour de 39% en moyenne et dépasse très fréquemment les 50%. Le coût d’un logement indépendant a donc largement contribué à retarder la cohabitation. Ceux qui sont le moins touchés par cela sont les jeunes issus de familles aisées ou défavorisées, ces dernières bénéficiant d’aides.

Ces difficultés ont tendance à s’amplifier. Si on observe une augmentation de la précarité de l’emploi et une hausse des loyers, il n’y a pas eu de compensation avec une augmentation des aides au logement. Ces aides n’ont pas suivi la tendance des loyers privés, accroissant les difficultés.

Michel Fize : L’âge de départ de chez les parents ne cesse de reculer. Maintenant, c’est au-delà du chiffre de Tanguy, 28 ans. Cela peut être 30 voire 35 ans. C’est encore pire lorsque l’on regarde les situations de certains pays, comme en Espagne notamment où la fourchette majoritaire est entre 30 et 35 ans.

Cette évolution est traditionnellement motivée par au moins deux grandes raisons. La première, c’est la prolongation des études qui, évidemment, empêche l’autonomie financière. Et la seconde, c’est la montée du chômage et de la précarité.

Par rapport à cette enquête américaine, on peut dire que travailler n’est pas suffisant. Si l’on travaille en n’ayant pas de gros revenus, ce qui est une caractéristique des jeunes, on ne peut pas accéder au logement. Faute de pouvoir aller dans un logement autonome, on reste chez les parents. Il y a aussi la solution intermédiaire qui se développe depuis plusieurs années et qui est une manière d’être dans l’entre-deux : la colocation. C’est une manière de sortir de chez soi, de chez sa famille, sans pour autant entrer dans une vie de couple avec toutes les charges financières que cela implique. Lire la suite sur Atlantico

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