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François-Xavier Bellamy à Paray-le-Monial : « Vous êtes déjà tous engagés en politique, que vous le vouliez ou non »

© Ecclesia Campus
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"Ce n'est pas une option, nous n'avons pas d'autre choix car nous sommes déjà embarqués. Le changement du monde est en marche", a affirmé l'adjoint au maire de Versailles aux 25-35 ans réunis à Paray-le-Monial.

« L’individualisme est venu dissoudre de l’intérieur la notion même d’une communauté et d’un bien commun », a déploré François-Xavier Bellamy, professeur agrégé de philosophie et adjoint au maire de Versailles, devant les jeunes de 25 à 35 ans venus l’écouter en nombre sous la grande tente de Paray-le-Monial ce 14 juillet. « Nous avons oublié que nous avons quelque chose en commun qui mérite que l’on s’engage pour lui. Nous ne devons pas le déplorer mais en chercher le remède. Regardons ce monde avec la conscience de ce que nous avons à y vivre en tant que chrétien », a invité le jeune élu.

Le Salut des hommes sera commun ou ne sera pas

Pour François-Xavier Bellamy, le rôle des chrétiens dans la société est « d’apporter à ce monde le sens du commun, la dimension commune de notre existence ». Le philosophe n’a pu s’empêcher de rappeler que « tout homme est par nature un animal politique » : « Par essence, nous sommes reliés aux autres », a-t-il ajouté, regrettant que, dans la France actuelle, nous ayons « oublié ce qui nous relie aux autres » et que nous soyons plus concernés par « l’addition de nos intérêts particuliers ». « Le bien commun suppose que chacun y mette du sien pour arriver à bon port ! Aucun d’entre nous n’a le droit de se désintéresser du bien des autres, a prévenu l’élu versaillais. Même notre Salut sera commun… ou ne sera pas ! On ne peut pas se protéger du monde extérieur en faisant notre Salut seuls dans notre coin. En tant que chrétiens, il nous appartient de témoigner et de faire comprendre autour de nous la réalité de ce lien qui nous attache les uns aux autres. » « Vous n’avez peut-être pas choisi ce monde, a-t-il reconnu, mais vous êtes liés à lui et vous ne pouvez pas lui être indifférents. »

La politique n’est pas qu’une histoire de mandats et d’élections

« Ne vous demandez donc pas si vous devez vous engager en politique, vous l’êtes déjà que vous le vouliez ou non », a martelé François-Xavier Bellamy, invitant son auditoire à porter un regard « plus large » sur ce qu’est « vraiment la politique », soulignant l’importance de « ce qui nous rattache aux autres » : la politique ne se résume pas à la carrière, aux élections ou au mandat. « Les chrétiens portent un regard excessif sur la politique, très dur et très contradictoire, a-t-il regretté. Nous attendons tout de la politique, avec l’impression qu’elle peut changer le monde, et nous attendons tous l’homme politique, – bien catholique et bien de chez nous, reconnaissons-le –, qui va changer le sens de Histoire. » Nous risquons d’attendre « encore longtemps », a-t-il prévenu : « Ce ne sont pas les élus qui transforment le sens de l’Histoire, mais les minorités créatives », déjà citées quelques instants plus tôt l’abbé Grosjean.

La prédication du Christ, l’événement le plus important de l’humanité

« Nous, chrétiens, attendons tout des hommes politiques, alors que nous sommes les héritiers d’un bouleversement majeur : le Christ. Il aurait pu prendre le pouvoir mais n’en a pas voulu, a souligné le jeune professeur. Le Seigneur venait changer le monde, mais Il savait que celui-ci se transforme d’abord par le cœur. Le Christ a choisi 12 hommes avec leurs fragilités et leurs faiblesses – ce n’était pas des super-héros ! – et, pendant trois ans, Il a changé leurs cœurs. Par leur parole et leur témoignage, ils ont ensuite changé l’Histoire du monde. La prédication du Christ est sans doute l’événement le plus important de l’humanité. Tout ce qui nous entoure en a été changé sans que Jésus ait eu besoin de prendre le pouvoir. L’essentiel n’est pas ce qui se joue dans la lumière. C’est quand le monde a déjà changé que la politique finit par changer et basculer. »

Pour François-Xavier Bellamy, un mystère cependant demeure : « Nous, catholiques, attendons mystérieusement de prendre le pouvoir pour changer le monde, alors que tout se joue bien loin du monde électoral ». Pour lui, nous sommes tous appelés à la politique, « à prendre soin du lien » dans tout ce « travail de la parole que nous avons si longtemps déserté ». « Nous avons abandonné ce terrain depuis trop longtemps, a dénoncé l’adjoint au maire. Nous n’avons pas eu la générosité de nous engager, délaissant pendant trop longtemps l’enseignements, la politique, les médias, etc. (…) Nous n’avons plus le droit d’être indifférents et de délaisser le monde et ces lieux où nous serons capables de faire briller la lumière du Christ. Le Salut ne viendra pas d’un responsable politique chrétien mais de vous. »

Arrêtons de nous jugez les uns les autres !

« À vue humaine, en portant un regard lucide sur la réalité du monde qui nous entoure, tout est perdu c’est certain », a reconnu l’intervenant politique. Mais l’espérance est « une vertu qui se conquiert » et c’est « quand tout va mal que l’on en a besoin ». « Nous sommes les héritier de la révolution du Christ qui a changé le monde : il suffit d’être 12 au départ… mais il faut y croire ! » Une condition cependant est indispensable : « l’unité profonde, mais ô combien difficile, dans la diversité des vocations ». « Nous sommes durs vis-à-vis de la politique et de ceux qui s’engagent. Il n’y a pas d’engagement possible avec cette surveillance que nous exerçons les uns sur les autres. Je le sais, affirme François-Xavier Bellamy, les premiers à me juger – et le plus durement ! – seront mes frères chrétiens », partageant alors, pour appuyer ses paroles, l’image « d’huile bouillante versée depuis les remparts d’une citadelle assiégée sur tous ceux qui en sortent pour essayer de faire une percée ».

Et, dans une ultime exhortation, l’élu catholique de conclure : « Je crois que nous allons voir le monde changer quoi qu’il arrive : les années qui vont venir seront décisives : nous sommes à la croisée des chemins. Nous allons voir le monde se transformer, et nous, chrétiens, n’avons pas d’autre voie possible que d’y prendre part. Ce n’est pas une option, nous n’avons pas le choix de nous engager car nous sommes déjà embarqués. Le changement du monde est en marche… et pour le meilleur ! À chacun de nous de le vivre dans tous nos engagements ».

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