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Véronique Lévy : « Je supplie les chrétiens de ne pas abandonner leurs églises »

Veronique Levy

© Jean-Christophe Marmara / Figarophoto

Arthur Herlin - Publié le 10/07/15


Pourquoi vous habillez-vous désormais en bleu ?
V. L. :
Je me blottis sous le manteau de Marie, ma Maman des Cieux. Bleu… comme l’azur impossible, l’horizon ; là où ciel et mer s’unissent l’un en l’autre. C’est la couleur d’une traversée. Des murs bleus s’ouvrent sur l’infini. Dans le symbolisme des icônes, c’est la couleur de Dieu. Nous, chrétiens, n’avons-nous pas la nostalgie de l’océan, d’être plongés en son Éternité ? Comme des petits poissons remontant les courants vers la source bleue, la racine de la flamme, son point le plus chaud. Foi vive.

Qu’a pensé votre entourage lorsque vous vous êtes convertie ?
V. L. :
Quand je suis retournée voir mes amis dans ce bar de nuit de la Bastille, ils ne m’ont pas reconnue. Ils m’ont supplié de leur dire ce que j’avais fumé, surpris par cette paix nouvelle, cette joie irréductible, la Sienne, qui émanait de mon regard. Ils s’étonnaient et soupçonnaient un secret ; un coup de foudre, une passion définitive… ils avaient raison ! Beaucoup sont venus à mon baptême… Quand je l’ai annoncé à mon frère Bernard, il s’est effondré. C’était au téléphone… Il y a eu un long silence, interminable. Une armée d’anges est passée ! Au début, il a cru à un caprice, une nouvelle lubie ; une provocation de plus ou pire, une dépression : il s’est rassuré comme il a pu. Moi je lui répétais en boucle : « Je suis folle de Jésus. Depuis toujours je Le cherchais, je L’attendais. Rien ni personne ne m’arrachera de sa main. Mon baptême… mes fiançailles… C’est dans sa mort que je serai baptisée ! ». Mes paroles l’inquiétaient. Finalement il m’a dit qu’il viendrait.

Selon vous, pour quelle raison votre frère Bernard-Henri Lévy a-t-il accepté de venir à votre baptême ?
V. L. :
C’est un mystère… Il est même venu à l’appel décisif, à la Cathédrale Notre-Dame de Paris. La cérémonie a duré quatre heures et demi ! Il n’en pouvait plus ! Simple coïncidence ou clin d’œil de Dieu? À cette époque, il recherchait pour une exposition des représentations de sainte Véronique ; à la sixième station du chemin de Croix, cette jeune fille se précipite à travers la foule des soldats romains et des juifs hystériques, enlève son voile, le pose sur le visage du Christ défiguré par les crachats, le sang et les larmes. Et la Sainte Face s’imprime miraculeusement sur la toile ; image vraie, photographie de la Passion, de l’Amour donné jusqu’à l’extrême. À la veillée pascale, quand je reçois l’eau baptismale, je surprends son regard ému, embué. Il se tient à gauche de l’autel, fasciné.

Vous aimeriez qu’il vive la même expérience que vous ?
V. L. : 
Oui… Que le foudroiement qu’il a évoqué soit un foudroiement d’amour. Qu’au fond de son cœur, il rencontre Celui qui est le chemin, la vérité, la vie. Je prie pour lui.

A-t-il lu votre livre ?
V. L. :
Oui … Il a été touché. Il m’a dit avoir été bouleversé.

Avez-vous un message à adresser aux lecteurs d’Aleteia ?
V. L. :
C’est plutôt une prière. Avoir confiance, ne pas avoir peur, même dans des situations difficiles ; affirmer sa foi, oser porter la croix. Annoncer la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui nous a sauvés, rayonner son amour, diffuser sa Grâce. Par un regard, un sourire, un silence. Être sel, être levain. Ne pas s’affadir pour ne pas être foulés aux pieds ! Les églises ne se vident pas. Il y a de plus en plus de conversions, au contraire ! Mais on ne le dit pas ! Je supplie les chrétiens de ne pas abandonner leurs églises, de les habiter, de les fleurir, de les soigner. Elles sont le Corps qui nous nourrit. Jésus y repose. Il nous attend dans le silence de l’Adoration, palpitant dans l’hostie diaphane ; Il nous étreint de sa Miséricorde dans le sacrement du pardon ; nous enveloppe et nous attire à Lui dans l’Eucharistie. Brûlons d’un zèle jaloux pour le Seigneur car Il nous demandera par trois fois au seuil du face à face : « M’aimes-tu ? J’avais froid et tu ne m’as pas réchauffé de ton amour. J’étais nu et tu ne m’as pas revêtu de tes larmes. J’étais seul dans le tabernacle et tu ne m’as pas visité. Ni consolé de ta présence. J’ai traversé la mort pour te rejoindre et te donner ma Gloire. Mais toi, où étais-tu ? ».

Propos recueillis par Arthur Herlin

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