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Inde : Indignation après un nouveau viol d’une religieuse

© SANJAY KANOJIA / AFP

Eglises d'Asie - Publié le 30/06/15

Trois mois après un crime semblable, une religieuse catholique infirmière a été violée par deux hommes dans son dispensaire. Mais les autorités ne retiennent qu’une "tentative de viol" !

Dans la nuit du 19 au 20 juin dernier, une religieuse catholique, infirmière dans un centre de soin tenu par l’Église, a été violée par deux hommes. Le crime a été commis à Raipur, capitale du Chhattisgarh (centre de l’Inde), à peine plus de trois mois après qu’une semblable affaire a eu lieu au Bengale-Occidental (Aleteia).

La religieuse, âgée de 47 ans, est originaire du Kerala, dans le Sud du pays. Membre de la congrégation des Missionnaires salésiennes de Marie Immaculée, infirmière diplômée, elle exerçait son ministère au Khrist Sahay Kendre (Christ Help Centre), un petit dispensaire situé dans l’agglomération de Raipur.

La religieuse a été retrouvée inconsciente

Le 24 juin, la religieuse, dont l’anonymat est préservé, a témoigné devant la presse locale de l’attaque dont elle a été victime. Le 20 juin, sur le coup de 1 h 30 du matin, deux hommes ont pénétré dans les locaux du dispensaire, où la religieuse se trouvait seule. Le dispensaire n’hébergeant pas de patients cette nuit-là, la religieuse avait renvoyé chez elles les deux aides-soignantes employées par le centre. Aux deux hommes, la religieuse a demandé s’ils voulaient de l’argent. Ils ont répondu "vouloir bien plus que de l’argent". Toujours selon le témoignage de la religieuse, les deux hommes l’ont forcé à avaler des cachets, lui ont arraché son sari et s’en sont servis pour l’attacher à un lit avant de la violer tour à tour. La religieuse n’a été retrouvée, inconsciente, que le lendemain matin, à 6 h, par ses supérieures du couvent voisin, qui s’inquiétaient de ne pas la voir apparaître.

Protestations contre l’attitude des autorités

La conférence de presse du 24 juin a été organisée par l’archidiocèse de Raipur et la supérieure de la religieuse pour témoigner de la violence de l’agression et protester contre l’attitude des autorités. La police n’a en effet ouvert une enquête que pour "tentative de viol" alors que les autorités catholiques soulignent le fait que le viol est avéré. De plus, le gouvernement local n’a fait mention de ce crime qu’en évoquant une attaque contre "une infirmière", sans mentionner sa qualité de religieuse de l’Église catholique. Enfin, l’attaque ne semble pas être crapuleuse, ce qui ne laisse ouverte la question de son motif.

Au matin du 20 juin, la supérieure de la religieuse a en effet trouvé de l’argent éparpillé sur le sol de la pièce où le viol a été commis. Sur une étagère, une boîte contenant 26 000 roupies (370 euros) a été laissée intacte, un fait a priori contradictoire avec les déclarations de la police selon lesquelles les assaillants ont pénétré dans le dispensaire pour y chercher de l’argent liquide et des biens de valeur et ont ensuite agressé la religieuse faute d’en trouver.

"Cette attaque obéit à des motifs religieux"

"Pénétrer par effraction dans un centre médical clairement identifié comme étant chrétien, s’en prendre à une religieuse dont l’habit la désignait comme telle, et l’agresser comme elle l’a été, tout ceci montre que cette attaque obéit à un motif religieux", a dénoncé John Dayal, porte-parole du Forum uni des chrétiens. "Les autorités doivent tout mettre en œuvre pour appréhender les coupables et réaliser la promesse faite au plan national par le Premier ministre selon laquelle il est du devoir du gouvernement de créer un environnement où la communauté chrétienne ne puisse pas être victime de telles violences", a encore ajouté le militant chrétien, en faisant allusion aux engagements pris par le Premier ministre Narendra Modi lors de sa rencontre en août dernier avec le président de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI). Face au cardinal Cleemis Thottunkal, qui lui exprimait les inquiétudes de la minorité chrétienne (2,3 % de la population du pays) quant à la politique pro-hindoue menée par le BJP (Parti du peuple indien, au pouvoir à New Delhi), Narendra Modi avait mis en avant sa volonté de défendre la Constitution de l’Inde et les principes laïques et démocratiques que celle-ci porte. Lire la suite sur le site de l’agence d’information des Missions étrangères de Paris (MEP), Églises d’Asie (eda/ra)

Tags:
indeliberte religieuseviolence
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