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Amazonie : L’Église nomme un « gardien » pour la forêt tropicale

© sara y tzunky
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L’Église se mobilise pour sauver le plus grand réservoir de biodiversité du monde, qui produit 20% de l’oxygène de la planète. Elle a confié cette tâche capitale à Mgr Pedro Barreto, archevêque de Huancayo (Pérou).

L’Amazonie court un danger mortel. Désormais, les populations amazoniennes, qui prennent à cœur la sauvegarde de l’environnement, ont un représentant de l’Église chargé d’intercéder pour elles auprès des gouvernements, entités civiles et ecclésiastiques, à l’échelle nationale et internationale. Il s’agit de Mgr Pedro Barreto Jimeno, SJ, archevêque de la ville de Huancayo, au Pérou, et durant quatre ans président du département "Justice et Solidarité" (DEJUSOL) du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM).

La prolifération des conflits

Il y a quelques semaines, Mgr Barreto Jimeno a présenté un rapport du CELAM lors d’une audience publique de la Commission interaméricaine des droits de l’homme de l’Organisation des États américains (OEA) ; rapport dans lequel ses membres prennent position face à la violation des droits de l’homme dont sont victimes les populations autochtones, affectées par les industries d’extraction minière en Amérique latine.
Les auteurs du rapport mettent en garde contre la prolifération des conflits socio-environnementaux, lesquels "n’ont pas été seulement source d’instabilité sociale dans les pays de la région, mais ont également porté atteinte aux droits des personnes et ont favorisé l’investissement privé au détriment de la population, sans compter les cas de corruption que cette situation entraîne". 

Une mission spéciale  

C’est au cours de la XXXVe assemblée générale du CELAM, qui s’est réunie ce mois de mai à Saint-Domingue (République dominicaine), que l’archevêque Mgr Barreto, alors président de DEJUSOL, a présenté un rapport dans lequel il soulignait le lancement du Réseau ecclésial américain panamazonien (REPAM) chargé de la sauvegarde de l’Amazonie et de ses populations. Le 2 mars 2015, ce réseau a été présenté au pape François "comme un espace de dialogue, de concertation de volontés, fédérant de nombreux groupes, prêtres, religieux, religieuses et laïcs dans l’immensité de l’Amazonie qui recouvre près de 7 millions de km2 répartis sur neuf pays".

L’archevêque a également expliqué que l’Amazonie est "source de vie au cœur de l’Église", comme l’indique sa devise ; c’est pourquoi il importe d’en prendre soin sur trois niveaux : géographique, avec ses plus de 7 millions de km2 ; démographique, une terre où vivent plus de 37 millions d’habitants, dont 3 millions sont natifs de la région avec leurs cultures ancestrales, pauvres pour la plupart ; et, en troisième lieu, du fait que l’Amazonie produit 20% de l’oxygène de la planète.
À la clôture de l’assemblée, les évêques latino-américains ont publié un message signé par les participants, dans lequel ils acceptent et soutiennent la création du Réseau ecclésial Pan-Amazonie (REPAM), afin de "répondre de façon efficace et organisée aux défis de l’Amazonie, et d’assumer ensemble la responsabilité de la mission ecclésiale dans la région", ont-ils déclaré. À l’unanimité, les évêques ont choisi Mgr Pedro Barreto pour assurer la liaison entre le REPAM et le CELAM, ainsi qu’avec le Vatican. Le pape François est particulièrement intéressé par la réalisation de ce réseau ecclésial, sa continuité, son suivi et son accompagnement.

Une tâche immense

D’énormes défis en Amazonie attendent le nouvel évêque du REPAM : faire connaître tout ce qui a trait à la protection de la création, et régler les conflits socio-environnementaux qui n’en finissent pas dans la région. Rien qu’au Pérou, d’où vient Mgr Pedro Barreto, le défenseur du peuple a identifié 139 conflits socio-environnementaux entre août 2011 et mai 2015, en raison de positions opposées concernant la préservation de l’environnement. Les chiffres reflètent un bilan déplorable de 33 morts et 830 blessés entre policiers et civils.
Le rapport de l’organisation gouvernementale précise que les pertes humaines sont dues principalement aux manifestations et conflits causés par la lutte contre l’extraction minière illégale et le manque d’accord entre les populations, les entreprises et l’État pour le lancement de nouveaux projets d’exploitation des ressources naturelles.

Il apparaît clairement qu’avec la création du REPAM, et à présent avec la désignation d’un interlocuteur reconnu, l’Église catholique devra continuer à exercer son ascendance et son autorité morale, et éviter ainsi que la prairie ne continue à s’enflammer en Amazonie.

Adapté de l’espagnol par Élisabeth de Lavigne 

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