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Terrorisme : l’Occident empêtré dans ses ambigüités

Al Azhar © DR
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L’université Al-Azhar dénonce les "violences odieuses" commises par les djihadistes et demande à la communauté internationale de sortir de ses ambigüités pour lutter sérieusement contre eux.

L’université Al-Azhar, une des plus anciennes universités d'étude de l’islam, basée en Égypte, dénonce les "odieuses" violences perpétrées par le prétendu État islamique (EI) et appelle le monde entier à s’unir pour vaincre ce groupe "par tous les moyens possibles". 

Les djihadistes souillent l’image de l’islam et des musulmans

Ces violences sont "une violation de toutes les règles religieuses et humanitaires", dénonce avec force l’université, au lendemain du terrible vendredi noir des attentats sanglants – en Tunisie, au Koweït, en Somalie et en France – perpétrés par les djihadiste, trois jours après un appel de l’EI aux musulmans dans le monde à engager la guerre sainte contre les "mécréants" durant le mois de ramadan.

Les positions d’Al-Azhar sont très respectées dans l'ensemble du monde arabo-musulman. L'institution millénaire est l'un des principaux centres théologiques du sunnisme, la principale branche de l'islam, affichant depuis des années une volonté de promouvoir un islam modéré et le dialogue avec les chrétiens, comme le rappellent divers médias ponctuellement. Le grand imam d'Al-Azhar, Ahmed Al-Tayeb, n’hésite pas à utiliser les mots les plus durs pour condamner les actions du groupe et dédouaner l'islam de ses agissements. Il qualifie ses membres de "criminels" qui "souillent l'image de l'islam et des musulmans".

Stop aux ambigüités de l’Occident

Mais le grand imam en veut aussi à l’Occident qu’il accuse d’avoir favorisé l’émergence de Daech. Il y a deux semaines, lors de sa première visite en Europe, il a parlé de l’origine des moyens financiers et matériels du groupe islamiste, assurant qu’il s’agissait d’armes "étrangères", et déploré "une opposition trop peu sérieuse" de l’Occident face au problème. Analysé par Bernardo Cervellera sur Asianews, l’agence de l'Institut pontifical des missions étrangères (PIME), l’appel d’Al-Azhar à la communauté internationale n’est pas de la rhétorique, et est en parfaite harmonie avec les appels que le pape François, la secrétairerie d’État du Saint-Siège, les nonces à l’Onu de Genève et New York, les patriarche d’Orient ont lancés tout au long de l’année. La communauté internationale doit "affronter et combattre" le terrorisme qui menace "l’humanité tout entière", elle ne peut "s’en laver les mains" ou pire "ne chercher qu’à le circonscrire dans des régions qui sont loin de leurs pays" : les morts sont désormais de différentes nationalités et l’Europe, comme l’Amérique, sont devenues une cible quasi quotidienne. Lors de son dernier déplacement à Turin, le Pape avait condamné une fois encore l'hypocrisie de ceux qui parlent de paix et qui dans le même temps fabriquent ou vendent des armes.   

Une prise de conscience mondiale indispensable

Face à "la stratégie du choc" pratiquée par l’EI, une seule voie est possible : celle d’une meilleure prise de conscience que ce qui arrive en Syrie et en Irak, à Raqqa et à Mossoul intéresse le monde entier et qu’il est nécessaire et important de lui opposer une "stratégie antiterroriste globale". Cela est important pour la France qui continue de jouer sur les divisions au Moyen-Orient, en soutenant al-Nosra (Al-Qaïda) contre le président syrien Bachar el-Assad tout en se disant contre l’EI en Irak, et en vendant des arme, des avions et des hélicoptères de guerre à l’Arabie saoudite qui les utilise pour combattre les Houthis au Yémen et aider les fondamentalistes sunnites d’Al-Qaïda et de l’organisation État Islamique.

Important aussi pour le Koweït qui supporte depuis des années la présence de salafistes impliqués dans des massacres contre les chiites en Syrie et accusés de soutenir des organisations liées aux djihadistes d’al-Nosra et de l’EI. Important pour la Turquie qui ne veut pas d’un État kurde pour voisin et se prête à des compromis avec les miliciens du pseudo califat, laissant ses frontières se transformer en passoires pour laisser passer de nouvelles recrues et du pétrole de contrebande. Et urgent et nécessaire vis-à-vis des États-Unis accusés d’ambigüités dans sa position par rapport au front al-Nosra et sa lutte contre le président  Bashar el-Assad, et dans sa manière de combattre – qui n’est en fait qu’une action visant à "contenir" – l’État islamique en Irak, vendant des armes à l’Arabie saoudite et non aux Kurdes, accusant l’Iran de terrorisme et fermant volontiers les yeux sur le Qatar et Ryad.

La lutte antiterroriste doit passer les Nations unies

La lutte antiterroriste ne doit plus passer par des décisions partisanes. "C’est une urgence !", commente Asianews. Celle-ci doit passer par les Nations unies, avec la collaboration de tous – y compris l’Iran, la Russie et la Chine – pour espérer stopper ce financement des milices et instaurer un système efficace d’échanges d’informations et stratégies. "L’Amérique et le monde auraient pu démanteler Daesh en un seul jour" mais cet "ordre mondial veut le chaos", avait déploré le grand imam d’Al-Azhar lors de sa venue en Europe. Il n’est aujourd’hui plus qu’à espérer qu’un travail d’autocritique important sera mené en Occident comme dans le monde arabo-islamique.  

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