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Le patriarche Sako propose le retour à une seule Église d’Orient

© DR
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Une idée aussi audacieuse qu’inattendue pour éloigner le spectre d’une disparition définitive des chrétiens dans tout le Moyen-Orient.

Face au risque d’extinction qui pèse sur leurs trois communautés dans tout le Moyen-Orient, le patriarche de l’Église chaldéenne, Mgr Sako, propose une refonte de l’Église d’Orient en une seule Église, soit la réunion de son Église avec l’Église assyrienne et l’ancienne Église d’Orient, avec un seul patriarche à sa tête, et en pleine communion avec Rome.

Ni uniformité, ni fusion

La proposition de Mgr Sako, aussi audacieuse qu’inattendue, fait l’objet d’un communiqué intitulé
L’unité de l’Église d’Orient, publié le 25 juin, dans lequel le patriarche assure que cette unité ne signifie ni uniformité, ni fusion, mais "adoption d’une seule dénomination qui lui donne force et élan et puisse servir de modèle à d’autres Églises minoritaires". Dans son texte, le patriarche plaide pour une "unité dans la diversité" et affirme souhaiter maintenir l’indépendance de cette Église d’Orient pour son "administration, ses lois et ses liturgies, ses traditions". Donc "une Église liée à Rome, mais plus libre de gérer ses propres affaires", précise-t-il dans un entretien accordé au site italien
Baghdadhope. "En Irak, la présence des chrétiens est menacée et nul ne sait quand et si l’EI (le prétendu État islamique) disparaîtra de notre sol, nous ignorons comment la situation évoluera", déplore-t-il dans cet entretien, et beaucoup de nos fidèles – pas seulement des chaldéens – ont quitté le pays pour s’installer à l’étranger… Réunir ces Églises, des Églises de très longue tradition apostolique mais petites et écrasées par les événements, est notre unique salut."

Un retour aux racine communes

L’Église chaldéenne (catholique) est née au XVI
e siècle lors de son union à Rome. Son patriarche est donc Louis Raphaël I
er Sako, qui affirme être prêt à quitter ses charges pour favoriser ce "retour aux racines communes". L’Église assyrienne d’Orient, que l’on appelle également sainte Église apostolique en raison de sa fondation par l’apôtre Thomas, est quant à elle sans patriarche depuis le décès en mars dernier de Mar Dinkha IV. Enfin, l’ancienne Église d’Orient, qui s’est séparée de l’Église assyrienne en 1968, a son siège à Bagdad et son patriarche actuel est Mar Addai II qui devrait lui aussi accepter de démissionner "sans conditions" pour pouvoir ouvrir la voie à cette union. "L’unité est le commandement du Seigneur Jésus, ‘afin que tous soient un’ (Jean 17-11)", rappelle Mgr Sako qui assure se faire l’écho d’une demande des chrétiens en ce sens, en Irak mais aussi en Iran, en Syrie et dans les pays où ceux-ci vivent en diaspora en Europe, Amérique du Nord et Australie.

Un premier pas en 1994

Comme le rappelait
La Croix, un pas important a déjà été fait en 1994, grâce à une déclaration commune signée par le patriarche Mar Dinkha IV et Jean-Paul II, reconnaissant qu’assyriens et catholiques "peuvent désormais proclamer ensemble devant le monde leur foi commune dans le mystère de l’Incarnation". L’Église catholique accepte, depuis 2001,
l’intercommunion entre les deux Églises. Mais il faudrait aussi que l’autorité du Pape soit reconnue aussi par les trois Églises, ce qui est le cas pour l’Église chaldéenne mais pas pour les deux autres.

Mgr Sako a bon espoir : "Je pense que si le but visé est l’unité que réclament tant de fidèles, cela pourra se faire", confie-t-il au site
Baghdadhope. Et d’ajouter alors : "La communication avec Rome est parfois longue et difficile. Nous les respectons, mais les urgences des Églises ‘à risques’ ne sont pas les mêmes chez celles qui sont dans des pays où leur existence est menacée. (…) Je pense qu’il est temps que les deux Églises – l’Église assyrienne et l’ancienne Église d’Orient – soient prêtes et aient le désir d’abandonner les positions nationalistes pour revenir à l’Église des origines. (…) Le fait que le synode de l’Église assyrienne qui a eu lieu début juin ait été renvoyée à plus tard pour mieux préparer l’éventuelle réunion avec l’Ancienne Église de l’Orient, laquelle, à son tour, s’est promis d’en discuter au prochain synode de juillet, est signe de grande ouverture. (…) Certes, tout devra être discuté à Rome et si le processus est lancé il ne sera pas de courte durée et peut-être pas indolore (…), mais à la lumière de cette forte et grave hémorragie des chrétiens de notre terre, il faut faire quelque chose si nous ne voulons pas que nos petites Églises disparaissent".
 
Interpelé par
La Croix, le père Muhannad Tawil, dominicain, curé de la paroisse chaldéenne de Lyon, réagit positivement à l’initiative de Mgr Sako. Bien que conscient des difficultés d’un tel projet, il dit apprécier "l’idée du patriarche de revenir à nos racines communes". "Dans une période trouble de notre existence, fait-il valoir, l’unité fait la force. Le drame de l’Irak, c’est la division ethnique et religieuse : par cette proposition, le patriarche Sako veut donner le témoignage exactement inverse."
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