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« Paasban », une bande dessinée pour « s’armer » contre le djihadisme

© ARIF ALI / AFP
DOUNIAMAG-LIFESTYLE-PAKISTAN-UNREST-ART-TECHNOLOGY TO GO WITH LIFESTYLE-PAKISTAN-UNREST-ART-TECHNOLOGY FEATURE BY ISSAM AHMED In this photograph taken on May 20, 2015, a Pakistani comicbook artist works at the Creative Frontiers office in Lahore. When Taliban militants stormed a school in Pakistan's northwest last December, killing 150 people, mainly children, in the country's deadliest terror attack, comic book creators Mustafa Hasnain and Gauhar Aftab decided it was time to act. AFP PHOTO / Arif ALI
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Deux auteurs de BD proposent l’histoire de « héros ordinaires » qui protègent et aident les gens à résister aux idéologies extrêmes.

Lutter contre l’embrigadement djihadiste en réinsufflant chez les jeunes garçons ou jeunes filles une bonne dose de valeurs humaines et spirituelles, qui les éloigne des techniques de manipulation mentale dont se servent les groupes terroristes pour les attirer vers le djihad radical. Mustafa Hasnain et Gauhar Aftab, deux auteurs de bande dessinée pakistanais, ont décidé d’agir dans leur domaine, en publiant une BD en trois volets, appelée Paasban, ce qui veut dire "gardien" ou "veilleur" en ourdou, sous entendu : "Chacun doit être un veilleur ou un gardien pour résister contre le fondamentalisme".
Environ 15 000 exemplaires ont déjà été distribués dans la province du Pendjab, la plus importante du pays. La BD, écrite en anglais et traduite en ourdou, la langue nationale, sera également disponible via une application pour smartphones, spécialement créée pour l’occasion et qui permettra de toucher un public plus large.
 
Mustafa Hasnain est un graphiste informatique. Il a créé en 2013 sa propre société, Creative Frontiers, qui emploie aujourd’hui une vingtaine de personnes à Lahore. Gauhar Aftab est le scénariste. Il a lui-même failli tomber dans les griffes de la lutte armée contre les soi-disant "ennemis de l’islam", et connaît donc bien les méthodes appliquées par les fondamentalistes. Les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble sur un projet contre la corruption. Mais c’est le massacre de plus de 150 personnes, dont plus de 130 enfants et adolescents en décembre 2014 à Peshawar, dans le Nord-Ouest du Pakistan (Aleteia), qui a été pour les deux hommes le déclic : "Après l’événement de Peshawar, il y a eu  un choc général et nous avons réalisé qu’il fallait faire quelque chose ensemble contre ce malaise qui est en train de conquérir pas seulement le Pakistan, mais aussi le Moyen-Orient et même l’Europe", explique Mustapha Hasnain dans un entretien à RFI

"On peut être croyant et non violent"

Paasban est une intrigue centrée sur un personnage confronté aux tentations du djihadisme. Les héros sont des personnes ordinaires auxquelles le public pakistanais pourra facilement s’identifier. Les auteurs de la BD espèrent que les jeunes qui vivent des expériences comparables ou voient leurs amis le faire seront mieux armés pour identifier ces dangers et s’en écarter. Gauthar Aftab espère également que d’autres auteurs et artistes suivront leur exemple, en se lançant dans un travail de sensibilisation à grande échelle contre le djihadisme. "Nous voulons montrer qu’on peut être croyant et non violent", souligne-t-il dans des propos rapportés par le Huffingtonpost. "Nous réclamons cette paix que les terroristes nous ont enlevée. Et nous voulons réussir cela non pas avec toujours plus de police et d’armes, mais à travers la culture, la littérature et l’art", revendique de son côté Hasnain sur les ondes de RFI.
 
Les deux créateurs s’étonnent encore de la réaction positive reçue du public pakistanais depuis la sortie de Paasban. Ils se réjouissent de "l’incroyable soutien reçu de toute la société pakistanaise, voire du gouvernement jusqu’à la société civile ou de simples enfants", affirme Hasnain. Aujourd’hui, au Pakistan, assure-t-il, "les gens souhaitent changer cette situation qui tue leurs enfants. (…) Tout le monde partage ce message. (…) Les gens nous disent : Nous sommes avec Paasban, nous voulons protéger la société".