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Connaître la paresse pour mieux la combattre

© acandraja

Siame - Publié le 09/06/15

La paresse est fille de la mélancolie : "Elle naît du peu d'espoir d'atteindre ce que l'on désire".

Saint Thomas d’Aquin définit la paresse, ou acédie, comme étant la tristesse qui provient des biens spirituels, soit une variante de la tristesse. Le paresseux est avant tout un homme triste. Rien n’est en mesure de solliciter son intérêt, son attention ou son énergie.
– Allons ! – lui dit un de ses amis –, faisons ceci aujourd’hui même.
– Demain, répond le paresseux. 
–  Et pourquoi demain ?
–  Et pourquoi aujourd’hui ?

Tout remettre au lendemain

Le paresseux vit en remettant tout au lendemain ; un lendemain qui, dans le cas de l’avare, n’arrivera jamais. Le paresseux ne s’enthousiasme pour rien, et lorsqu’il marche, une jambe demande à l’autre l’autorisation d’avancer. Ses mouvements sont toujours lents et maladroits ; tout son être est comme drogué par une substance dont nous ignorons le nom mais qui, certainement, est secrétée par la désespérance. C’est que, selon Melchor Cano (1509-1560), professeur de philosophie dans la vénérable université de Salamanque (Espagne), la paresse est fille de la mélancolie : "Elle naît du faible espoir d’atteindre l’objet de son désir". "Le vice de la paresse n’est pas seulement la négligence envers le devoir, – même si elle peut en être un symptôme –, a écrit à son tour l’écrivain anglais Evelyn Waugh (1903-1966), mais c’est le refus de la joie. La paresse est associée au désespoir."

Combattre la tiédeur

"Notre sixième combat, dit Cassien, est contre le vice que les Grecs appellent acedia (acédie), que nous pourrions traduire par tiédeur, dégoût ou anxiété du cœur. Il est parent de la tristesse. Ce sont surtout les solitaires qui en ont l’expérience, car c’est à ceux qui demeurent dans le désert qu’il s’attaque avec le plus de violence et le plus fréquemment.  C’est surtout à la sixième heure, vers le milieu du jour, qu’il tourmente le moine. Aussi, pour beaucoup d’anciens, il pourrait bien s’agir du ‘démon de midi’"(Instituciones X, 1).

L’homme tiède se pose sans cesse cette question : à quoi bon ? Tout lui paraît inutile, absurde, dépourvu de sens. Cependant, nous commettrions à son égard une injustice si nous ne mentionnions pas ses grands talents intellectuels, sa perspicacité et, pourrait-on dire, son "odorat" métaphysique. Le tiède pose (et se pose) des questions intelligentes ; ce sont plutôt ses réponses qui ne sont pas toujours à la hauteur des circonstances. Voici, par exemple, ce que me disait récemment l’un d’eux : "Supposons que je fasse ceci et cela ; que tous les jours je me lève à 5 h 30 pour aller au travail, que je m’efforce d’être honnête et assidu ; enfin, que je sois ce qu’on appelle habituellement un travailleur modèle. Pouvez-vous me dire ce qui arrivera de tout cela après ma mort ?". Étant donné que nous allons mourir, pensait-il, rien ne compense une seule goutte de notre sueur. Son inquiétude était certes légitime (nous allons mourir), mais au lieu de gagner la bataille du temps en se hâtant de faire ce qu’il avait à faire, il se contentait de croiser les bras. 

Voici un échantillon de l’agilité mentale qui caractérise habituellement le paresseux : Mulla Nasrudin (personnage de l’école soufie) aimait faire la grasse matinée, parfois jusqu’à midi, ce que sa femme ne cessait de  lui reprocher : "Chéri, lui disait-elle, la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt". Mais Nasrudin ne voulait rien savoir et se bornait à marmonner de son lit : "Sottise !". Un matin, elle alla près du lit où son époux ronflait comme un sonneur, le réveilla en le secouant énergiquement et l’informa que l’on avait trouvé dans la rue une pièce d’or.
– Bravo, dit Nasrudin, non sans réprimer un grand et sonore bâillement.

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