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Génocide arménien : comment la chrétienté orientale résiste depuis l’hégire

© KARIM SAHIB / AFP

IRAQ, BARTALA : An Iraqi Christian child rests on a phew inside the Church of the Virgin Mary in the town of Bartala, on June 15, 2012, east of the northern city of Mosul, as some Iraqi security remain in the town to protect the local churches and community. The exiled governor of Mosul, Iraq's second city which was seized by Islamist fighters last week, has called for US and Turkish air strikes against the militants. AFP PHOTO/KARIM SAHIB

Liberté politique.com - Publié le 23/05/15

L'Arménie martyrisée mais toujours debout est la preuve que, contre vents et marées, la chrétienté orientale résiste et porte en elle, malgré son incapacité à répandre l'Évangile, une incroyable vitalité.

C’est un signe fort en ces temps de persécutions redoublées en Orient contre les chrétiens, nous faisant craindre à juste titre leur extinction en Syrie, en Irak et pourquoi pas au Liban. Ce qui est arrivé aux Arméniens au XXe siècle est en réalité un cas d’école spécialement éloquent et atroce du long martyre et de la magnifique ténacité des disciples de Jésus-Christ en terre d’islam depuis l’hégire. La chrétienté orientale, un phénix ?

De l’hégémonie à la soumission

Lorsque, dans la seconde moitié du VIIe siècle, les Arabes islamisés conquirent les provinces proche-orientales de l’Empire romain d’Orient, les chrétiens, massivement, leur ouvrirent les portes, les considérant comme des libérateurs. Cette situation peut sembler paradoxale. Elle doit être placée dans le contexte religieux du temps, où les provinces de Palestine, de Syrie, de Mésopotamie, du mont Liban, étaient une mosaïque d’Églises chrétiennes, certaines fidèles au patriarche de Constantinople, d’autres en dissidence, accusées d’hérésie, comme les Arméniens, fidèles au nestorianisme. Ces communautés hérétiques supportaient mal le joug, souvent persécuteur, de l’Empire, et virent en leurs conquérants, alors peu nombreux, une manière d’y échapper.

Cependant, le droit islamique, s’il fut d’abord appliqué avec tolérance par des Arabes musulmans ultra-minoritaires et eux-mêmes en pleines luttes intestines, prit rapidement son ampleur, les chrétiens et les juifs furent soumis à un impôt personnel spécial, ne pouvant accéder aux fonctions de gouvernement, ne pouvant épouser une musulmane, tandis que si une juive ou une chrétienne épousait un musulman il en naissait des enfants obligatoirement musulmans. À ce régime, les conversions furent massives. Par provinces entières, les chrétiens rejoignaient l’islam, certains sous la contrainte, beaucoup librement, afin d’accéder à une existence moins troublée.

Dans ces provinces orientales, au moment de la première croisade, chrétiens et juifs d’un côté, auraient été à parité de population avec les musulmans de l’autre, dans les provinces de Syrie et de Palestine, mais déjà ultra-minoritaires en Mésopotamie. En Égypte, les coptes auraient atteint très rapidement, dès le VIIIe ou le IXe siècle, un pourcentage à peine supérieur à celui d’aujourd’hui, soit 6 à 10% de la population totale. En Anatolie, seule, au cœur de l’Empire byzantin, les chrétiens demeuraient la confession hégémonique.

Les croisades eurent sur ces chrétientés orientales des effets divers. En effet, les cultes hérétiques subirent le mépris ou la persécution des croisés et furent épargnés lorsque les États latins succombèrent sous la pression islamique, tandis que les maronites, fidèles à l’Église latine, entamèrent leur premier repli sur les montagnes inaccessibles du mont Liban afin de ne pas être massacrés. 

Cependant, si on dresse une statistique d’ensemble des provinces de Syrie et de Palestine au XIVe siècle, les chrétiens ne représentaient plus qu’une petite dizaine de pourcents. Les Arméniens qui, du fond de leur Anatolie, avaient proposé leurs services aux croisés, repoussés dédaigneusement, furent également des victimes collatérales de la fin des États latins, tandis que contre Byzance progressaient les Turcs. Lire la suite sur Liberté politique

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