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Fumer pousse au suicide selon une étude

© az - flickr
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Loin d’agir comme un anti-dépresseur, la cigarette aurait des effets directs sur le cerveau et accentuerait le risque de suicide chez ses consommateurs.

La nocivité du tabac n'est plus à démontrer : la cigarette est à l'origine d'un cancer sur trois, de maladies cardiovasculaires, et de nombreux autres effets secondaires tels que l'altération de l'épiderme ou encore le jaunissement des dents. Cette longue liste pourtant, pourrait encore s'allonger : le lien entre cigarette et suicide serait désormais clairement établi.

Tout récemment en effet, des chercheurs sont parvenus à démontrer l'impact négatif de la cigarette sur la santé mentale au point même d'accentuer le risque de suicide. Ainsi l'idée selon laquelle fumer aurait un effet d'anti-dépresseur serait fausse : sur les personnes dépressives, l'effet serait même inverse et aggraverait leur état. Pour arriver à leur conclusion, les scientifiques n'ont pas lésiné sur les moyens : pas moins de 34 653 Américains ont été interrogés deux fois : au début de l'expérimentation en 2001-2002 et une seconde fois à la fin en 2004-2005. Les observations qui en ressortent sont nettes : parmis les quelques milliers qui ont confié avoir tenté de se suicider, ceux qui se déclaraient « fumeurs » au deux sessions d'enquête avouaient par ailleurs plus de tentatives de suicide au cours de ces quatre ans que les « non-fumeurs ».  Le risque de tentative de suicide chez les fumeurs aurait ainsi été 50% plus élevé.
 

Les nouveaux fumeurs, quatre fois plus exposés

Le docteur Ivan Berlin, tabacologue à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière et auteur de cette étude pointe l'origine de ce phénomène : « Nous avons contrôlé tous les facteurs et il en ressort bien que la cigarette possède un effet pharmacologique qui induit des tentatives de suicide. L'hypoxie, c'est-à-dire le manque d'oxygène du cerveau est l'une des hypothèses qui pourraient expliquer cet effet » analyse-t-il. Plus grave encore : les nouveaux fumeurs et ceux qui ont repris entre le début et la sortie de l'étude, voient leur risque de tentative de suicide multiplié par quatre par rapport aux non-fumeurs. « Chez les anciens fumeurs, ce sur-risque disparaît, mais au bout d'un certain temps, un peu comme le risque cardiovasculaire » souligne le docteur Berlin. 

Selon son confrère, le professeur Lejoyeux, psychiatre addictologue à l'hôpital Bichat à Paris, réussir à mettre un terme au tabagisme déclenche un effet « euphorisant » sur le mental. « Peu de comportements ont un impact aussi direct sur qualité de vie et la santé », affirme-t-il.