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Durant l’entre-deux-synodes, les lignes bougent

Jeffrey Bruno

Alex et Maud Lauriot Prévost - Publié le 07/05/15


Rappelons les dispositions canoniques : un mariage entre deux baptisés ne peut être que sacramentel. Sur ce principe, l’Église a de fait marié depuis des décennies quasiment tous les baptisés qui se sont présentés à elle : c’était sans doute compréhensible dans une société chrétienne, mais on voit bien où cette pratique conduit dans un monde fortement sécularisé. La situation pastorale devient de plus en plus absurde, voire ubuesque parfois : parmi ceux qui se marient, de plus en plus ne mettent jamais les pieds dans une Eglise et ont comme culture chrétienne le « catéchisme » transmis par les médias. Par ailleurs, certains divorcés redécouvrent une foi vivante, mais se trouvent « empêchés » de se marier à l’Église en découvrant que leur 1er mariage est indissoluble, alors qu’il n’était motivé par aucun sens chrétien. Tant de fiancés ne demandent en effet qu’un peu de symbolique sacrée dans une union 100% profane ! Ce qui renvoie aux propos du cardinal Etchegaray : « Beaucoup voient dans le sacrement de mariage un mariage civil saupoudré de quelques valeurs ou rites religieux, mais dans ce cas, on ne comprend strictement rien au mariage chrétien ! ». 

Ce sujet n’est d’ailleurs pas nouveau : le cardinal Ratzinger soulignait le lien organique entre la vie de foi et ce sacrement, en invitant l’Église à réfléchir sur l’évolution des critères retenus pour la validité d’un mariage. Jean Paul II  précisait que « c’est uniquement s’ils prennent part à l’amour du Christ, que les époux peuvent s’aimer jusqu’à la fin ». Benoît XVI appliquait au mariage les paroles du Christ : « Sans moi vous ne pouvez rien faire » et en concluait à « l’incapacité de l’homme d’accomplir seul la réalisation du vrai bien ». Le dernier synode demande dans son rapport final que soit clarifié le « rôle de la foi des deux personnes qui demandent un sacrement de mariage » (§ 48). Enfin, le pape François s’est prononcé précisément sur cette question lors de son discours au tribunal de la Rote en janvier : puisque « l’abandon d’une perspective de foi débouche inexorablement sur une fausse connaissance du mariage », il invite le juge matrimonial à « établir la vérité du moment du consentement », à examiner si l’échange des consentements « a été fidèle au Christ ou à la mentalité mondaine ». Ainsi, poursuit-il, pour « mesurer la validité du consentement exprimé », le juge doit « tenir compte du contexte de valeurs et de foi, ou de leur absence, dans lequel l’intention matrimoniale s’est formée ». La réflexion de l’Église sur ce sujet est donc relancée au plus haut niveau en cet entre-deux-synodes.

Ainsi, la vie de foi des époux au moment du mariage pourrait devenir un critère pour « mesurer la validité du consentement » pour reprendre l’expression du pape. Si cette « mesure » est ainsi retenue pour apprécier la validité d’un consentement passé (discernement après un divorce), elle le sera nécessairement pour un consentement à venir (discernement avant un mariage). Ce serait alors un changement majeur de perspective, avec des incidences pastorales importantes.

En matière de préparation au mariage par exemple, l’Église accueille avec joie et bienveillance tous les baptisés qui se présentent pour se marier, mais, s’il est prioritaire de prendre le temps de les écouter et de bien comprendre leurs motivations, il serait donc désormais indispensable d’accompagner les futurs mariés par étape au travers d’un chemin de type catéchuménal (proposition du synode) pour les conduire à rencontrer le Christ vivant au cœur de leur amour, à goûter dans leurs vies ses œuvres de joie et de bénédiction. Bref, les évangéliser ! Cela leur permettra, une fois le Christ rencontré et confessé, de s’engager dans le mariage en ayant une pleine conscience devant Dieu et les hommes de leur alliance conjugale scellée avec Dieu lui-même. Alors, ils pourront consentir toute leur vie à la Parole de Jésus : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! ». 

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