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Durant l’entre-deux-synodes, les lignes bougent

Jeffrey Bruno

Alex et Maud Lauriot Prévost - Publié le 07/05/15

Les lignes ont clairement bougé et c'est une très bonne chose, affirment Alex et Maud Lauriot-Prevost, auteurs de nombreux ouvrages chrétiens sur le mariage et la famille.

L’Église inaugure ces temps-ci avec le pape François un temps de réflexion et de discernement inédit : un synode thématique à double détente, qui s’opère en deux ans, avec – on le sait – des débats parfois houleux et des méthodes de travail quelque peu cavalières, qui ont marqué le premier synode en octobre. Il est donc très intéressant de faire le point à mi-parcours du débat qui émerge de cet « entre-deux-synodes ».

L’indissolubilité confirmée

Malgré certaines divergences d’approche ou d’argumentation, il se dégage à nouveau un consensus général sur la confirmation que le mariage chrétien est bel et bien indissoluble, puisque cette affirmation provient des paroles mêmes du Christ : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! ». Ce n’était pas évident au regard des débats de 2014, après tout la controverse provoquée par la conférence du cardinal Kasper prononcée devant le consistoire de février. Comme l’illustre les récentes prises interventions des cardinaux Müller, Sarah ou Caffara, ou de Mgr Lafitte, secrétaire du Conseil pontifical de la famille, l’Église tient à réaffirmer très clairement qu’un remariage catholique est et restera impossible : la miséricorde, dont l’Église doit bien entendu se revêtir, ne peut justifier en rien qu’elle accepte un remariage après un mariage reconnu valide ; ce serait de fait légitimer l’adultère. Voyons Marie-Madeleine, Zachée ou la femme adultère dans l’Évangile : la miséricorde, le repentir et la conversion de vie sont indissociables pour le Christ ; la miséricorde chrétienne n’est en rien : « on efface tout et on recommence », comme si de rien n’était ! Alors que le sol semblait parfois se dérober, et qu’on ne savait trop où certains débats allaient mener l’Église, ce consensus – « nouveau » pourrait-t-on dire – nous apparaît comme un acquis fondamental, un socle de débat qui s’est comme re-solidifié depuis octobre dernier. 

Par ailleurs, il se dégage également des positions et réflexions des uns et des autres que l’Église doit se faire concrètement plus accueillante et aimante vis-à-vis de ceux – et ils sont nombreux – qui vivent des situations non conformes aux « canons » de l’Église : divorcés, remariés, conjoints séparés, homosexuels, couples en union libre… En deux ans, le pape François nous a régulièrement exhortés, laïcs et pasteurs, à nous ouvrir aux périphéries, à rejoindre les gens sur leur chemin, là où ils en sont, à ouvrir nos cœurs, à quitter nos mondanités et à convertir notre pharisaïsme… Tout cela a produit ses effets, y compris dans ces domaines très sensibles de la famille et du couple ; les lignes ont donc clairement bougé, ce qui est une très bonne chose.  

Indissolubilité du mariage confirmée, exigence d’une mise en pratique générale de la miséricorde : tout cela témoigne selon nous d’une avancée qui va dans le bon sens et d’une plus grande communion dans l’Église, ou – pour faire court – se rapprochent les tenants de la Vérité et ceux de la Miséricorde, ce qui est d’ailleurs très biblique : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent », dit le Psaume 84… 

Foi et sacrement de Mariage

Un autre sujet important émerge d’un bon nombre de débats depuis le début de l’année 2015 : il s’agit de celui concernant les critères de validité d’un sacrement de mariage ; c’est là d’ailleurs une réflexion qui n’est pas dissociée du thème précédent, et qui ressort même d’autant plus que l’indissolubilité se confirme et que la miséricorde doit se vivre bien plus concrètement et largement ! 

Dans l’avion qui le ramenait de Rio en 2013, le pape François avait soulevé la question de la validité des mariages en affirmant qu’il était d’accord avec son prédécesseur à Buenos Aires, qui considérait que 50% des mariages célébrés dans son diocèse étaient invalides. Or, aucun pasteur, et en tout premier lieu le Pape lui-même, ne peut se résoudre à ce que l’Église continue sans sourciller à célébrer des sacrements de mariage pour une bonne part « invalides ». Ce serait d’une grande hypocrisie pastorale et évangéliquement intenable. Pourtant, cette situation dure et s’aggrave partout dans le monde.

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Tags:
Famille
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