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Lettre de Baltimore : « Il y a et il y aura beaucoup de héros »

AP/Matt Rourke

Zoe Romanowsky - Publié le 30/04/15

Depuis sa maison, le regard d'une journaliste américaine d'Aleteia, aux premières loges lors des événements de Baltimore...

Par une belle matinée de printemps, dans le centre-ville de Baltimore, je surveille mes filles qui vont et viennent avec leurs trottinettes sur le trottoir. Il y a encore dix heures de celà, je n’étais pas sûre que ma famille se trouverait encore ici. Il est difficile de savoir quand prendre la décision d’évacuer ; je ne me suis encore jamais retrouvée au milieu d’une telle émeute. 

Après les deux semaines de manifestations pacifiques qui ont suivi la mort de Freddie Gray — un jeune de 25 ans mort des suites d’une fracture des vertèbres cervicales causées alors qu’il était détenu par la police de Baltimore —, les manifestations ont dégénéré en émeutes lundi après-midi et se sont poursuivies tard dans la nuit : scènes de pillage, bâtiments incendiés, officiers de police attaqués, journalistes blessés, etc.

Tout a commencé le samedi  25 avril quand les manifestations pacifiques ont dégénéré. Des groupes d’hommes et de jeunes en colère sautaient sur les voitures, arrêtaient la circulation, attaquaient policiers et passants. L’une de mes amies qui s’était trompée de route pour se rendre à une soirée en ville, s’est retrouvée au beau milieu de la manifestation, bloquée pendant 90 minutes, avec ses enfants terrifiés qui hurlaient dans la voiture. Mais dimanche, le calme était revenu et le pire semblait passé. 

J’ignorais que la situation empirait et semblait hors de contrôle le lundi, jusqu’au moment où une amie de Caroline du Sud m’envoya un sms pour me demander si tout allait bien. N’ayant pas la télévision, elle m’a informé de ce qui se passait à trois kilomètres de notre maison. Nous avons alors cherché des nouvelles locales sur Internet : la situation était gravissime. À la tombée de la nuit, un immense centre en construction était incendié, ainsi que d’autres bâtiments dans différents endroits de la ville et des voitures ; on aurait dit une zone de guerre.

Les responsables religieux unis face à la violence

Baltimore est une ville à problèmes, aucun doute là-dessus : corruption, tensions raciales, chômage, pauvreté, drogue, crime, sans-abris… C’est pourtant une ville portuaire fantastique, originale, riche d’histoire et de culture, et avec beaucoup, beaucoup de gens travailleurs, pleins de foi. Étant une mère de famille blanche avec deux filles à la peau noire, je me suis toujours sentie bien accueillie et soutenue dans cette ville. Baltimore est peut-être une poudrière, mais c’est une ville qui a un grand cœur.

Les leaders religieux n’ont fait qu’un face aux événements. Même les médias laïcs – en particulier la presse locale – ont loué les efforts des pasteurs et des chefs religieux locaux de toutes confessions. Ils ont œuvré sans relâche, et avec un grand succès. 

Même les gangs rivaux, les Crips et les Bloods, sont venus ensemble à la télévision pour appeler d’urgence les émeutiers à arrêter de détruire la ville. La famille de Freddie Gray, le jour même où elle enterrait son fils et frère, a plaidé pour la non-violence. Toute personne un tant soit peu raisonnable dans cette ville sait que violence et destruction ne sont pas à même de résoudre les problèmes de brutalité policière et d’inégalité sociale. 

Il y a, et il y aura, beaucoup de héros à Baltimore. Alors que j’écris, la situation est devenue plus calme. Certains jugent faible la réaction des autorités, mais j’ai été impressionnée par le fait que les gens, tous ensemble, ont ramené la situation sous contrôle. Un calme encore fragile et précaire, cependant. Quand je suis allée en voiture à l’épicerie, tôt dans la matinée, les soldats de la garde nationale était déployés dans les rues avec leurs armes et leur bouclier. La police monte la garde devant les magasins et les commerces. Les Orioles de Baltimore joueront demain contre les White Sox de Chicago (deux équipes de baseball, ndlt) dans un stade fermé au public, à quelques centaines de mètres de chez nous. Et les citoyens ordinaires comme nous continueront à prier afin que notre ville guérisse et se rétablisse. 

Adapté de l’anglais par Élisabeth de Lavigne

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