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Japon : La découverte des « chrétiens cachés »

Eglises d'Asie

Eglises d'Asie - Publié le 15/04/15

En 1865, des Japonais restés chrétiens malgré trois siècles de persécutions se faisaient connaître à un missionnaire français ; 150 ans plus tard, l’Église catholique du Japon commémore cet événement.

Du 14 au 17 mars dernier, l’archidiocèse de Nagasaki et l’Église catholique du Japon ont commémoré le 150e anniversaire de la découverte des « chrétiens cachés ». Ces derniers étaient venus, le 17 mars 1865, se faire reconnaître par le père Petitjean, de la société des Missions étrangères de Paris (MEP), installé depuis peu à Nagasaki, dans un Japon qui entamait son ouverture au monde extérieur après un repli sur lui-même de 250 ans. Ils étaient les descendants des survivants des terribles persécutions antichrétiennes déclenchées à la fin du XVIe siècle, moins d’un demi-siècle après l’évangélisation du Japon commencée par saint François-Xavier et ses compagnons jésuites en 1549. (…)

En janvier 1863, arrive à Nagasaki le missionnaire des MEP Louis Furet (1816-1900). Il faut trouver rapidement un endroit pour loger les missionnaires et bâtir une église. (…) Bernard Petitjean et le petit père Joseph Laucaigne sont arrivés l’un après l’autre à Nagasaki en 1864. Furet, lui, s’en va. Et l’église se termine. Elle se voyait de loin : une véritable attraction ! Les Japonais montaient la voir en groupes ; des gamins crayonnaient sa silhouette sur le sol. Mais s’agissait-il seulement d’attirer des badauds ?

L’interdiction du christianisme restait en vigueur

Les missionnaires s’attendaient à d’autres visiteurs. Déjà, ils avaient identifié les lieux des persécutions de 1587 et de 1614 et même l’emplacement de trois églises disparues. Ils se demandaient si les chrétiens persécutés du XVIIe siècle avaient une descendance. L’interdiction du christianisme restait en vigueur : on pouvait lire ici et là des inscriptions menaçantes pour le rappeler. À qui pouvaient-elles s’adresser ? La construction de l’église d'Oura n’était pas étrangère à cette préoccupation de donner un signe à ceux-là.

L’église était terminée en décembre 1864 et les visites des Japonais – sans doute menacés par la police – cessèrent du jour au lendemain. L’inauguration, le 19 janvier 1865, se déroule en fanfare, l’église est remplie d’étrangers, d’uniformes variés, on salue l’événement à coups de canon dans le port. Mais pas d’affluence japonaise : les officiels invités s’étaient fait représenter par des sous-ordres. La cérémonie fut digne, mais les missionnaires étaient déçus…

Un petit groupe de paysans

Le 17 mars 1865, un peu après midi, un petit groupe de paysans se tient près des portes fermées de l’église. Petitjean les a remarqués : leur discrétion, leur retenue, ils ne ressemblent pas aux badauds ordinaires ; le missionnaire s’empresse de les rejoindre, les précède sans rien dire, ouvre la porte de l’église, entre et laisse ouvert derrière lui ; il se dirige vers l’autel ; il s’agenouille le cœur battant : ce sont peut-être les gens que l'on espère ? Il prie le Ciel de trouver les mots qui conviendront pour leur parler… Ils se tiennent dans son dos. Des femmes viennent s’agenouiller à côté de lui, l’une d’entre elle lui glisse : « Notre cœur à nous tous ici est le même que le
vôtre ». (…)

Ils célébraient les fêtes chrétiennes en secret

D’après Petitjean, les visiteurs du 17 mars étaient 14 ou 15, hommes, femmes et enfants. L’image les répartit en trois groupes : ils sont sept, les plus nombreux, assis sur leurs talons devant l’autel de la Vierge et la statue : le dessinateur les a représentés en tant que « reconnaissants » plutôt qu’en priants : « Oui, c’est bien cela : voici Maria-Sama, et voici son divin Fils ! ». Ils pensent à Noël en voyant la Mère et l’Enfant ; ils ont conservé l’usage du calendrier chrétien et observent le cycle des fêtes qu’ils célèbrent chez eux en secret. Mais, pour ces chrétiens privés de l’Eucharistie depuis des générations, la stature du Christ était ramenée aux proportions d’un petit confié à sa mère ; leur dévotion à Marie gardienne d’un Enfant et de leur espérance était vivace. (…)

Le retour des chrétiens aux sacrements dont ils avaient été privés s’effectuera progressivement : c’est à Noël de 1866 seulement que quelques dizaines d’entre eux feront leur première communion. Entretemps, Bernard Petijean est devenu leur évêque (en octobre). Lire l’intégralité de cet article sur le site d’information des Missions étrangères de Paris, Églises d’Asie.

Légende illustration : La rencontre, le vendredi 17 mars 1865, dans l’église d'Oura, d’un groupe de chrétiens clandestins de la vallée de Urakami (aujourd’hui partie de l’agglomération de Nagasaki) et du missionnaire Bernard Petitjean (1829-1884).

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japon
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