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Génocide arménien : la Turquie clame sa colère contre le pape François

<a href="http://www.shutterstock.com/pic.mhtml?id=165071369&src=id" target="_blank" />Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan</a> © 360b / Shutterstock.com
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La reprise par le pape François de l’expression « premier génocide du XXe siècle » a provoqué le rappel pour consultation de l’ambassadeur turc au Vatican et la convocation du nonce apostolique à Ankara.

Au début de la messe célébrée hier en la basilique Saint-Pierre à la mémoire des victimes arméniennes des massacres de 1915, le pape François a repris l’expression « premier génocide du XXe siècle » employée en 2001 par Jean Paul II  (Aleteia). Il n’en fallait pas davantage pour mettre en ébullition Ankara. Le Premier ministre turc qualifiait les propos du Pape de « partiaux » et « inappropriés », et le ministre des Affaires étrangères renchérissait en tweetant : « La déclaration du Pape, qui est loin de la réalité légale et historique, ne peut pas être acceptée » (Le Point). Dans la foulée, la Turquie annonçait le rappel pour consultation de son ambassadeur au Vatican et convoquait le nonce apostolique à Ankara au ministère des Affaires étrangères turc, afin qu’il s’explique sur la position du pape François.

Aucun doute pour les historiens

Ankara refuse obstinément d’admettre l’existence de ce génocide, bien que celui-ci ne fasse aucun doute pour les historiens, et malgré sa reconnaissance par une vingtaine d’États dont la France et le Saint-Siège, comme par de nombreux parlements et instances internationales. Il y a déjà 30 ans qu’un rapport de l’ONU qualifiait le massacre des Arméniens de « génocide » (2 juillet 1985).

L’an dernier, alors qu’Ankara appréhendait la préparation des cérémonies du centenaire du génocide, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, devenu quelques mois plus tard président de la République, s’était tout de même fendu de « condoléances » aux descendants des victimes, mais en évitant soigneusement de prononcer le mot « génocide » et en usant d’une circonlocution alambiquée  : « Nous souhaitons que les Arméniens qui ont perdu la vie dans les circonstances ayant caractérisé le début du XXe siècle reposent en paix, et nous exprimons nos condoléances à leurs petits-enfants » (23 avril 2014). Pas de quoi apaiser les descendants des victimes qui, au-delà du deuil, continuent de subir des préjudices territoriaux, culturels, moraux et psychologiques de cette extermination planifiée !

Depuis les nourrissons jusqu’aux vieillards

Le 24 avril 1915, l’arrestation et l’assassinat des notables arméniens de Constantinople (Istanbul) avaient donné le coup d’envoi du génocide des Arméniens : les deux tiers allaient être exterminés, depuis les nourrissons jusqu’aux vieillards, entre avril et août 1915, sur l’ensemble du territoire de l’Empire turc (certains lieux sont aujourd’hui situés en Syrie, tel Rakka, théâtre de nombreuses horreurs perpétrées récemment par les djihadistes du prétendu État islamique). Les Turcs tuèrent environ un million et demi de personnes, soit 75% de la population arménienne, par l’épuisement (marches forcées dans le désert), la faim ou les armes. Seules étaient épargnées les plus jolies des jeunes femmes ou adolescentes que les les Turcs ou les Kurdes enlevaient pour être vendues comme esclaves ou mariées et converties de force à l’islam (de nos jours encore, des Turcs sont troublés d’apprendre qu’ils descendent d’une jeune chrétienne d’Arménie arrachée à sa famille et à sa culture). Des méthodes qui restent largement pratiquées par les islamistes, comme l’a évoqué le pape François dans la basilique Saint-Pierre.

Cette extermination avait été précédée, 20 ans plus tôt (1894-1897), par des massacres de grande ampleur (« massacres hamidiens ») ordonnés par un sultan panislamiste, renouvelés en 1909 (« massacres de Cilicie ») par les Jeunes-Turcs qui venaient de prendre le pouvoir. C’étaient les prémices du plan d’extermination de 1915 organisé au sommet de l’État par le triumvirat Talaat Pacha, Enver Pacha et Djemal Pacha. Le prétexte en était le soupçon de sympathie des chrétiens arméniens pour les puissances « chrétiennes » (Russie, France, Angleterre) adversaires de la Turquie alliée à l’Allemagne (qui pouvait pourtant, elle aussi, être qualifiée de « chrétienne »).

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