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« L’inquiétante indifférence » du monde face à la persécution des chrétiens

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Antoine-Marie Izoard - I.Media - Publié le 05/04/15

Devant le pape François, le prédicateur de la Maison pontificale a déploré « l’inquiétante indifférence des institutions mondiales et de l’opinion publique » devant la persécution des chrétiens.

Lors de l’office de la Passion dans la basilique Saint-Pierre, à l’occasion du Vendredi Saint, le père Raniero Cantalamessa a mis en garde ceux qui courent le risque d’être « des "Pilate" qui se lavent les mains », évoquant l’attaque qui avait coûté la vie à de nombreux chrétiens au Kenya, la veille, et l’assassinat de 21 coptes égyptiens en Libye en février dernier.

Des martyrs aux mains jointes

« Les vrais martyrs du Christ ne meurent pas les poings fermés mais les mains jointes. » Mentionnant explicitement dans son homélie les 21 coptes égyptiens morts assassinés en février dernier en Libye, en « murmurant » le nom de Jésus, et « tant d’autres exemples récents » de persécutions, le capucin italien a mis en avant ceux qui subissent des « tortures décidées de sang froid et infligées volontairement, en ce moment-même ». « Combien de prisonniers se trouvent dans les mêmes conditions que Jésus (lors de sa Passion, ndlr) », a-t-il ainsi déploré : « seuls, menottés, torturés, à la merci de militaires grossiers et pleins de haine qui s’abandonnent à toute sorte de cruauté physique et psychologique ».

Des « Pilate » qui se lavent les mains

« La fête de Pâques de cette année 2015 sera ainsi pour de nombreux chrétiens », a déploré le père Cantalamessa, relatant l’attitude des « martyrs parfaits » décrits par un évêque du 3e siècle au moment des persécutions sous l’Empire romain, qui célébraient la Pâques où ils pouvaient, que ce soit en « prison » ou dans un
« désert ».

​Si le prédicateur de la Maison pontificale a précisé que les chrétiens n’étaient pas les seuls à subir « la violence homicide qu’il y a dans le monde », il a soutenu que l’on ne pouvait « ignorer » qu’ils étaient néanmoins « les victimes désignées les plus fréquentes dans beaucoup de pays ». Il a alors fait référence au massacre intervenu la veille dans une université au Kenya où les terroristes somaliens liés à Al-Qaïda avaient visiblement ciblé les non-musulmans. Prenant l’exemple de Ponce Pilate dans le récit de la Passion du Christ, le père Cantalamessa a alors lancé : « Nous risquons tous – institutions et personnes du monde occidental – d’être des "Pilate" qui se lavent les mains ».

Le capucin italien a alors salué le « courage » du journaliste et historien italien Ernesto Galli della Loggia qui avait dénoncé
« l’inquiétante indifférence des institutions mondiales et de l’opinion publique » face aux persécutions de chrétiens, en juillet 2014, dans les colonnes du Corriere della Sera.

La violence qui « scandalise »

« Le problème de la violence (…) nous scandalise, a aussi soutenu le prédicateur pontifical, d’autant plus aujourd’hui où elle invente de nouvelles formes épouvantables de cruauté et de barbarie. » Le père Raniero Cantalamessa a par ailleurs assuré que Jésus, sur la croix, avait dit un « "Non !" définitif à la violence », lui opposant « le pardon, la douceur et l’amour ». Soulignant la « générosité infinie » du Christ, il a encore précisé que Jésus n’avait pas vaincu la violence « par une plus grande violence », mais justement « en la subissant et en mettant à nu toute son injustice et son inutilité ».

À la fin de son homélie, dans laquelle il a cité plusieurs auteurs, comme Friedrich Nietzsche (1844-1900) ou Blaise Pascal (1623-1662), le père Cantalamessa a invité à prier pour tous les
« chrétiens et non chrétiens » persécutés et demandé à Dieu d’inspirer aux « hommes et aux femmes de notre temps » la
« miséricorde » et le « pardon ». Il a également fait mention du Jubilé de la miséricorde qui s’ouvrira en décembre prochain.

Au début de la célébration, le pape François s’était étendu sur le sol de la basilique, devant l’autel majeur, pendant que l’assemblée priait en silence. Après l’homélie du père Cantalamessa, le Pontife a présidé le rite de vénération de la croix du Christ. Il a quitté les insignes de son pontificat – sa calotte blanche et sa chasuble –, avant d’embrasser les pieds du Christ crucifié, suivi par de nombreux cardinaux, évêques, prêtres, religieux et par quelques laïcs.

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