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L’ultime témoignage de Jean Paul II : « L’Évangile de la souffrance »

Musical Jean-Paul II

©CATHOLICPRESSPHOTO

Philippe Oswald - publié le 01/04/15

Il y a dix ans, le pape Jean Paul II s’éteignait après une longue agonie. Il avait donné jusqu’au bout le témoignage du fécond mystère de la souffrance offerte.

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Il y a dix ans, le samedi 2 avril 2005, à 21 h 37, Jean Paul II expirait à 84 ans, dans la 27e année de son pontificat, après une longue et pénible agonie. C’était la vigile de la fête de la Divine Miséricorde qu’il avait instituée. Des dizaines de milliers de fidèles étaient rassemblés place Saint-Pierre où ils veillaient et priaient pour le mourant depuis 24 heures.

L’état de santé du Pape, atteint de la maladie de Parkinson, s’était fortement dégradé depuis un mois. On avait dû l’hospitaliser d’urgence à deux reprises dans cet hôpital Gemelli où il avait fait de nombreux séjours depuis l’attentat qui avait failli lui coûter la vie, place Saint-Pierre, le 13 mai 1981. Depuis cette date, le « sportif de Dieu » était devenu un familier de la souffrance : il y avait subi six opérations chirurgicales avant et après cette maladie de Parkinson qui commença à se manifester au milieu des années 90.

Au cours de ses dernières apparitions à la fenêtre de ses appartements, le dimanche de Pâques (27 mars) et le mercredi suivant (30 mars), le Pape ne pouvait plus parler, mais seulement bénir la foule. Le lendemain, il reçut le Sacrement des malades. Il parvint encore à dire la messe au matin du 1er avril et à méditer la Passion du Christ avant d’entrer en agonie.

« Un moyen de Salut »

C’est le témoignage d’un « bien mourir » chrétien que le saint Pape a donné ces jours-là, quasiment en direct, en union avec les fidèles massés place Saint-Pierre, et devant les caméras du monde entier. Si les critiques n’avaient pas manqué à propos des dernières années du pontificat affectées par la dégradation de la santé du Souverain Pontife, elles se turent alors, chacun comprenant que le 263e successeur de saint Pierre avait scellé par son agonie les actes et les paroles de toute sa vie. Et tout particulièrement ce message, le plus scandaleux pour notre époque « euthanasique », le sens salvifique de la souffrance ! Il l’avait longuement développé, 20 ans plus tôt, dans sa magnifique Lettre apostolique Salvifici Doloris : non seulement « personne n’a le droit de supprimer une personne qui souffre », mais « unie à celle du Christ, la souffrance humaine devient un moyen de Salut ».

L’année précédente, en avril 2004, le vieux Pape, très souffrant, avait choisi Lourdes pour y effectuer son dernier voyage hors d’Italie, dédiant à tous les malades son ultime pèlerinage dans la cité mariale. La formidable énergie qu’il lui avait fallu alors déployer contre l’épuisement et la paralysie, avait été un témoignage plus éloquent encore que ses prières et ses discours, auxquels ne manquaient pourtant ni la force, ni la gravité.

« Le Pape doit souffrir » 

Le saint Pape avait réitéré ce témoignage sur son lit de souffrance. À plusieurs reprises, il avait explicitement demandé que l’on accueille ses propres épreuves comme un passage obligé de la Bonne Nouvelle : « Le Pape doit souffrir, confiait-il lors de l’une de ses précédentes hospitalisations, pour que chaque famille et le monde entier voient que c’est un Évangile supérieur, dirais-je : l’Évangile de la souffrance, avec lequel il faut préparer l’avenir »
(29 mai 1984). Car c’est le « mystère de la Croix qui donne pleinement son sens à l’existence humaine », écrivait-il encore dans son ultime message de Carême (2005).

En acceptant d’entrer avec le Maître dans la suprême impuissance du Golgotha, Jean Paul II avait servi l’Église jusqu’au bout, en l’unissant à l’unique Passion rédemptrice. Et les circonstances de sa mort le proclamaient à la face du monde : ses discours sur la souffrance n’étaient pas de vains mots !

Tags:
Pape Jean Paul II
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