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Maroc : La conversion de musulmans au christianisme soulève la colère dans le pays

White Church dome © Jerry Horbert / Shutterstock
<a href="http://www.shutterstock.com/pic.mhtml?id=1994058&src=id" target="_blank" />White Church dome</a> © Jerry Horbert / Shutterstock
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« Nous voyons le christianisme comme une religion de tolérance et d'amour », déclare pour sa part un musulman converti.

Même s’ils portent des noms musulmans comme Mohammed ou Ali, ces Marocains sont chrétiens et continuent à assister à la messe, en dépit de la colère des islamistes et des soupçons de la police. Selon Abd-al-Halim, le coordinateur de l’Église anglicane marocaine, « un millier d’entre nous appartiennent à une cinquantaine d’Églises indépendantes dans les grandes villes du Royaume ». Médecin âgé de 57 ans, il s’est converti au christianisme il y a 16 ans, alors qu’il vivait à l’étranger. 

Pratiquer en cachette

« Nous avons pu observer nos pratiques religieuses en cachette, confie-t-il. Cependant, pour des raisons de sécurité, nous sommes obligés de fonctionner comme une organisation secrète. Quand une église individuelle devient trop importante (plus de 20 membres), elle doit être scindée en deux entités pour ne pas éveiller les soupçons. » Lorsque Abd-al-Halim est rentré au pays voici sept ans, il a été surpris par l’augmentation des conversions.  « Dans les années 70, déclare-t-il, il y avait 400 membres. Il y a quatre ans, il y en avait 700. Maintenant on en compte a plus d’un millier. »

Convertis via la télévision et Internet

La plupart de ces convertis appartiennent à la classe moyenne, travaillent dans le secteur privé ou sont ingénieurs. Cependant, on trouve également des artistes, des femmes au foyer, des étudiants et de jeunes chômeurs. Le christianisme s’est répandu au Maroc au cours du troisième siècle avant l’avènement de l’islam au VIIe siècle, devenu la religion d’État. L’Église protestante a pour sa part commencé à s’implanter au début des années 90, quand les missionnaires étrangers sont arrivés au Maroc. Aujourd’hui, on recense sept églises libres à Marrakech, six à Casablanca, cinq à Rabat et une à Laâyoune, la plus grande ville du Sahara occidental.
Un homme de 30 ans nommé Joseph explique que « la télévision et Internet sont deux moyens très efficaces pour le prosélytisme. Un soldat s’est converti au christianisme dans mon église grâce à la chaîne Al-Hayat ». Un homme d’affaires, devenu chrétien il y a 19 ans avec sa famille, ajoute : « Beaucoup d’entre nous considèrent l’islam comme une religion restrictive et non une véritable doctrine. D’autre part, nous voyons le christianisme comme une religion de tolérance et d’amour ». Il ajoute que 60% d’entre eux embrassent le christianisme à la suite de contacts personnels, 30% via la télévision et Internet et environ 10% par des missionnaires. Les trois chaînes chrétiennes de télévision qui retransmettent au Maroc, dans le dialecte local, de la musique religieuse et des sermons sont Al-Hayat, Al-Mu’jizah et Sat 7. 

De nombreuses convocations au poste

Afin d’éviter d’attirer l’attention et des réactions hostiles, les réunions religieuses se tiennent dans des appartements  ou maisons dans les quartiers de la classe moyenne. « Nous devons faire preuve de discrétion parce que la plupart des gens ne peuvent pas admettre la possibilité que nous soyons arabes et non-musulmans, explique Abd-al-Halim. Le danger le plus important pour nous est l’ignorance. » De même, ils sont menacés par l’article 220 du Code pénal marocain, qui prescrit une peine de six mois à trois ans de prison pour « quiconque utilise des moyens incitant à ébranler la foi d’un musulman ou le convertir à une autre
religion ». Joseph souligne qu’il a déjà été convoqué au poste de police des douzaines de fois. En dépit de cela, il reconnaît que le Royaume « est le plus libéral de tous les pays arabes ». Et il ajoute :
« Je crois que le roi désire vraiment la démocratie ».

Pour sa part, Radwan Bin Shakrun, président du Conseil des théologiens à Casablanca, a exprimé son extrême opposition à ces nouveaux chrétiens et expliqué que « l’apostasie est le plus grave des péchés qui peuvent être commis par un musulman ». Quant aux islamistes, ils considèrent cela comme totalement inacceptable. Hussein Daoudi, député du Parti islamiste de la justice et du développement (PJD), a déclaré : « Nos partisans n’acceptent pas la possibilité de se convertir et y sont opposés ». Il l’a cependant en partie autorisée : « Tant que cela reste sur le plan personnel, alors il n’y a aucun problème. Les problèmes surviennent lorsque s’ajoute le prosélytisme, ou quand les enfants ou les enseignants viennent à l’école en portant des croix. Il est clair que cela ne peut pas être toléré ». 

Adapté par Élisabeth de Lavigne

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