Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Mardi 13 avril |
Sainte Ida de Louvain
home iconActualités
line break icon

Négocier ou non avec Bachar el-Assad, le dilemme des Occidentaux

© public domain

Radio Vatican - Publié le 18/03/15

Georges Malbrunot, journaliste au Figaro, analyse pour Radio Vatican la situation cornélienne à laquelle sont confrontés l’Europe et les États-Unis.

Ses propos ont fait le tour du monde, et pour cause : John Kerry, le secrétaire d’État américain, a admis dimanche qu’il n’y a pas d’autre option que de négocier avec Bachar el-Assad pour régler le conflit en Syrie. Alors que le pays entre dans sa cinquième année de guerre, qu’aucune solution diplomatique ne pointe à l’horizon et que le soi-disant État islamique poursuit sa mainmise sur une partie du pays, cette volte-face américaine a pris de cours certains alliés de Washington, la France en premier lieu, pour qui tout contact avec le président syrien est exclu.

À Damas, sans surprise, on se félicite de cette « re-légitimation » de Bachar. Comment comprendre cette nouvelle position américaine ? Quelles sont ses conséquences ? Le régime syrien est-il vraiment incontournable ? Autant de questions posées par Olivier Bonnel à Georges Malbrunot, journaliste au Figaro, qui vient de publier Les chemins de Damas chez Robert Laffont.

Comment expliquer ces propos tenus par John Kerry ?
Georges Malbrunot :
Ces propos de John Kerry sont le résultat d’un constat, que les Américains ont fait depuis déjà quelques mois, à savoir que la priorité numéro un pour Washington, c’est la lutte contre Daesh. Ensuite, viendra le renversement de Bachar el-Assad. Il y a trois jours seulement, John Brennan, le patron de la CIA, est allé dans le même sens en disant que les Américains, mais également les Russes et d’autres pays, ne souhaitaient pas voir les institutions de l’État syrien s’effondrer pour laisser la place aux organisations islamistes radicales. Là, on a assisté effectivement à une déclaration qui s’inscrit dans le droit fil d’autres déclarations, mais qui signale quand même une évolution dans le sens d’une espèce de real politik froide américaine qui consiste à dire qu’il faudra bien, tôt ou tard, négocier avec Bachar el-Assad. Officiellement, il ne s’agit pas de négocier le maintien de Bachar el-Assad au pouvoir, il s’agit de négocier avec lui une transition politique telle qu’elle a été énoncée, notamment dans le communiqué de Genève établi en juillet 2012 qui stipule qu’un organe de transition va être mis en place, réunissant des représentants du régime et des opposants et dans ce cadre-là, Bachar el-Assad ne jouera pas un grand rôle mais en tout cas, son départ n’est plus un préalable à l’organisation de cette transition.
Il est évident que vu de Damas, cette déclaration de John Kerry est assimilée à une relégitimation de Bachar el-Assad. D’ailleurs, la presse syrienne dit clairement que grâce à cette déclaration, les États-Unis viennent de relégitimer Bachar el-Assad. Ce que l’on peut craindre, c’est que, d’une part, il y ait une relégitimation qui est réelle et que par conséquent, Bachar al-Assad va penser que la transition qui pourrait découler de négociations qui vont reprendre le mois prochain en Russie va conduire à un changement à l’intérieur du régime mais non pas à un changement à la direction de ce régime. En clair, Bachar el-Assad va dire : « Écoutez, moi, je suis tout à fait prêt à couper quelques têtes mais évidemment, pas à me faire hara-kiri ».
C’est donc là où ces déclarations sont dangereuses, en tout cas pour ceux qui luttent pour le renversement de Bachar el-Assad. C’est aussi pour les opposants modérés une nouvelle « trahison » puisqu’eux ont toujours fait du départ de Bachar el-Assad un préalable à toute discussion. Mais il est clair que cette déclaration de John Kerry constitue une nouvelle étape dans une prise de conscience, une real politik froide qui consiste à dire que la priorité numéro un, c’est Daesh et que par conséquent, peut-être même y compris dans cette lutte contre Daesh, faudra-t-il renouer, envisager une reprise de la coopération sécuritaire avec les services de renseignements de Bachar el-Assad. Lire la suite sur Radio Vatican

Tags:
Bachar el AssadSyrie
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
Camille Dalmas
Miséricorde divine : le livre qui a bouleversé le pape François
2
Mgr Benoist de Sinety
La leçon d’Istanbul : « Vous avez voulu la paix au prix du déshon...
3
Agnès Pinard Legry
Non-respect des mesures sanitaires : le diocèse de Paris ouvre un...
4
WEB2-CONVERSION-SYRIE-SAINT-CHARBEL-Nadine-Sayegh.jpg
Nadine Sayegh
Témoignages : ces musulmans syriens convertis au christianisme
5
Mathilde de Robien
La Trinité le dimanche, son ange gardien le mardi. Chaque jour de...
6
Mathilde de Robien
Confinement, épreuve, traumatisme… comment favoriser la résilienc...
7
Mathilde de Robien
Brésil : une statue du Christ plus haute que celle du Rédempteur
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement