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Santé : les 10 questions vitales que les médecins craignent trop souvent de poser à leurs patients

© Alexander Raths/SHUTTERSTOCK

Atlantico - Publié le 11/03/15

Atlantico révèle qu'une étude américaine montre qu’interroger les patients sur leur enfance permettrait aux médecins de prévenir les risques de maladies graves.

Entretien avec Gilles Lazimi, médecin généraliste au centre municipal de santé de Romainville (Seine-Saint-Denis), responsable des actions de prévention santé.

Atlantico : En quoi est-il important, pour les médecins généralistes, de poser ces questions sur les traitements subis pendant l’enfance ? Quel en est l’enjeu ?
Gilles Lazimi : L’enjeu est majeur. On sait que ces événements traumatiques vont avoir des conséquences sur le développement de l’enfant en raison du stress chronique sur son développement neuronal et son psychisme. Cela signifie que ces enfants traumatisés par ces violences, sont inondés d’hormones liées au stress chronique et dont les conséquences peuvent être majeures, avec un risque beaucoup plus important de développer, à l’âge adulte, de nombreuses pathologies physiques somatiques et psychiques. L’étude de Felitti et Anda, menée sur 13 000 personnes, a montré la relation qu’il y avait entre les événements traumatiques de l’enfance et certaines pathologies à l’âge adulte. Sur les dix questions posées dans cette étude, les patients adultes ayant repondu positivement à quatre d’entre elles et plus ont par exemple, deux fois plus de risques d’être dépendants au tabac, quatre fois plus de dépressions, deux fois plus de tentatives de suicide, sept fois plus d’alcoolisme, deux fois et demi plus de risques de contracter une IST, deux fois plus de cancer, quatre fois plus de broncho-pneumopathies chroniques liées au tabac, deux fois et demi plus d’hépatites, deux fois plus d’état de santé précaire, risque de toxicomanie par injection multiplié par dix, deux fois et demi plus de risques d’être agressé ou agresseur, une fois plus de diagnostic de diabète, trois fois plus de risques d’avoir une cinquantaine de partenaires sexuels.

Cela veut dire qu’on est dans un état psychique et physique plus altéré que quelqu’un qui n’a pas subi, enfant, de violences. On peut avoir une mauvaise prise en charge de soi, une mauvaise estime de soi-même, des difficultés dans sa sexualité ou dans ses relations avec autrui ainsi qu’une prédisposition à consommer des psychotropes, à être dépressif ou avoir des maladies ou encore à prendre des risques avec son corps et sa santé. En conclusion, on est plus fragile. Ces conséquences sont dues à un stress chronique, une inondation des hormones de stress avec des altérations de la mémoire traumatique et des tableaux complexes peuvent en découler.

Ces questions sont importantes, pourquoi ne sont-elles pas assez posées aujourd’hui ?
G.L. : Elles ne sont pas assez posées car pendant longtemps on ne s’est pas occupé des violences, on ne dépistait pas assez les violences contre les enfants ou les femmes. Il faut apprendre à poser les questions, il faut populariser ces remarquables études qui montrent l’augmentation majeure du risque. Au lieu de dire à une personne de ne plus fumer ou de moins boire, il faudrait s’occuper des causes pour lesquelles il le fait, pourquoi une femme se prostitue, etc. Le fait de connaître ces événements permet d’aider ces personnes, parfois sans médicament, car cela permettra de connaître la mémoire traumatique et ses souvenirs, qui sont la cause de nombreuses pathologies. Lire la suite sur Atlantico

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