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Chrétiens d’Orient : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

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Retrouvez le texte de la chronique du dimanche 1er mars 2015 de Carol Saba, sur Radio Notre-Dame dans l’émission « Lumière de l’orthodoxie ».

« Il y a des chaudrons qui bouillent », déclara l’ancien Premier ministre Michel Rocard sur Europe 1 jeudi dernier, figure sage de la social-démocratie à la française, qui vient de publier Le suicide de l’Occident, suicide de l’humanité ?, aux éditions Flammarion. Le titre interrogatif, suggère implicitement la responsabilité de l’Occident dans les drames du monde d’aujourd’hui. « Notre société est en train de se suicider. La spéculation et la cupidité ont asphyxié l’économie. La marchandisation étouffe l’humanité et le ravage de la niche écologique menace la vie. Le précipice a beau s’approcher dangereusement, nous continuons allègrement notre marche vers l’effondrement. » Rocard qui dénonce les visions courtermistes de l’Occident, appelle à une prise de conscience face aux menaces multiples qui surgissent en même temps, mais qui n’ont pas forcément les mêmes causes. « L’enjeu économique doit être prioritaire », dit-il, car « c’est en laissant dégénérer l’économie que dégénère le reste. Ukraine, Japon et Chine, Moyen-Orient… ».

La veille, toujours sur Europe 1, un autre sage et intellectuel, a dénoncé les horreurs infligées aux chrétiens d’Orient. Pour Jean d’Ormesson, l’académicien de droite, qui maintient du haut de ses 89 ans une grande vivacité intellectuelle, « l’étalement de la cruauté » est une nouvelle marque de cette horreur sans nom, alors que le totalitarisme dans le passé se cachait pour faire son mal. Lui qui sait poser et peser ses mots, n’hésite pas à qualifier les épreuves des chrétiens d’Orient de véritable « génocide ». Il en appelle à une véritable prise de conscience et surtout, à une action coordonnée qui doit, selon lui, empêcher la « disparition » des chrétiens d’Orient, y compris s’il le faut à travers une action militaire de terrain.

La disparition des chrétiens d’Orient est, selon Jean d’Ormesson, une entreprise orchestrée qu’attestent l’actualité horrible sur le terrain mais aussi les études publiées dans l’ouvrage Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde (édition XO), qui a été coordonné par mon ami Samuel Lieven, journaliste au quotidien La Croix, sous la direction de Mgr Jean-Michel di Falco, de Timothy Radcliffe et d’Andréa Riccardi, livre dont je recommande vivement la lecture. Faut-il rappeler l’enlèvement ces jours-ci des 220 chrétiens assyriens de la région de Hassaké dans le Nord-Est de la Syrie ? Et avant cela, l’abominable décapitation des coptes ? Et l’exode des chrétiens d’Irak ? Et l’enlèvement des moniales orthodoxes de Maaloula, heureusement libérées par la suite ? Et l’enlèvement emblématique qui perdure malheureusement depuis deux ans, des deux évêques d’Alep, Paul Yazigi et Jean Ibrahim ?

Attention à ne pas nous tromper de combat

Bien sûr, il convient de s’indigner pour toutes les victimes, y compris, dit Jean d’Ormesson, pour le pilote jordanien, mais aussi pour les nôtres aussi en France, tombées début janvier. Mais, Jean d’Ormesson a raison, et même s’il ne le dit pas ainsi, moi je le dis, il est temps de prendre conscience que les drames des chrétiens d’Orient sont annonciateurs de nos drames, ici en Occident, que leurs descentes aux enfers annoncent les nôtres aussi, et que, en les sauvant, nous nous sauvons aussi.

Mais attention de ne pas se tromper de combat ! La décapitation des coptes en Libye, visaient certes les chrétiens d’Égypte en premier lieu mais visait aussi, et à mon avis surtout, le modèle de la coexistence islamo-chrétien égyptienne qui n’est certes pas parfait, mais qui reste le seul rempart contre les sociétés « monolithiques » et radicales fondées sur la terreur qu’on nous propose. D’ailleurs, en décrétant 7 jours de deuil national pour honorer les 21 Égyptiens coptes martyrs, le président égyptien al-Sissi a parfaitement compris le message et a livré la bonne réponse. C’est peut-être l’une des rares fois que les coptes d’Égypte, pourtant une des composantes historiques et originelles de cette nation, se sont sentis réellement honorés par leur État, comme des citoyens.

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