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OPINION. La crise du mariage est plus grave que celle de l’économie !

Albert-Palmer-CC
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Les Français ont peur du chômage et du terrorisme. Ils devraient s’effrayer davantage de la chute des mariages : jamais leur nombre n’a été aussi bas en France depuis la guerre.

Les derniers chiffres de l’INSEE sur la nuptialité publiés le 12 février sont alarmants : 231 225 mariages célébrés en 2013, c’est une chute de 6% en un an, et le nombre le plus bas de l’après-guerre (Francetv info). En 1945, année où la France était pourtant en ruine, il y avait eu 500 000 mariages : plus du double d’aujourd’hui (alors que la population était de 40 millions contre
65 millions actuellement) ! En 70 ans, à part quelques rebonds (417 000 en 1972, 300 000 en l’an 2000), le nombre de mariages n’a cessé de baisser.

Nous descendons vers les 200 000 : la chute est d’autant plus préoccupante que dans ces mariages de 2013, un sur cinq est un remariage (la proportion n’était que de 7,8% de 1973), et que
7 367 unions homosexuelles sont comptabilisées (10 000 sur
241 000 mariages selon les estimations pour 2014, soit 4%). Cette chute est le symptôme d’une crise de confiance bien plus redoutable que celle qui sous-tend la crise économique ou la peur du terrorisme.
 

Des causes multiples et complexes

Les causes de cette désaffection pour le mariage sont multiples et complexes à démêler : bouleversement des modes de vie et des mentalités, travail et autonomie des femmes – « Près de 29% des femmes nées en 1930 avaient déjà été mariées à 20 ans, contre 1% de celles nées en 1990 » (Le Télégramme) –, crainte de l’engagement, besoin d’assurance devant l’avenir qui retarde l’âge où l’on convole – 30 ans en moyenne aujourd’hui, contre 24 ans dans les années 80  (ActuOrange).

La multiplication des divorces joue certainement un rôle important dans la crainte de l’engagement : en 2013 toujours, on a enregistré 125 000 divorces, soit plus de la moitié du nombre de mariages. Or ces ruptures cumulées avec le boom des « unions libres » (24% des couples en Île-de-France) a pour corollaire l’explosion des familles monoparentales, c’est-à-dire réduites dans la plupart des cas à la mère élevant seule ses enfants. Absence du père, solitude et pauvreté des mères, familles décomposées et « recomposées » sont les fruits amers de la révolution sexuelle de 68.

Un véritable cancer social

Si la famille est la cellule de base de la société, le mal qui l’affecte dans son origine, le mariage, est un véritable cancer social, bien plus préoccupant que la crise économique. Mais il ne suffit pas de connaître les symptômes de la maladie pour poser un diagnostic : il faut aller aux causes. Pourquoi l’institution du mariage, dont les soixante-huitards avaient fait leur cible privilégiée, ne s’est-elle jamais durablement relevée de ce discrédit ? D’où vient cette défiance généralisée envers la promesse solennelle et publique de fidélité qui fonde l’alliance nuptiale ?

Il y a d’abord le vieux rêve romantique d’un amour libéré et inventif, se régénérant sans cesse, qui paraît d’autant plus contraire à la fidélité et à l’indissolubilité inhérentes à l’engagement du mariage
(« Jusqu’à ce que la mort nous sépare ») que les aînés n’ont guère été fidèles à leurs promesses. On sait en outre qu’il faudra « tenir » pendant des décennies : l’allongement de la durée de la vie porte l’horizon de la vie du couple à près d’un demi-siècle.

On voudrait pouvoir « refaire sa vie »

Mais à tout prendre, c’est l’individualisme, pour ne pas dire l’autisme qui sous-tend cette crise du mariage, qui paraît le plus pernicieux parce qu’il est le plus asocial. On conçoit son amour à deux comme si l’on vivait sur une île déserte. On se charge « d’inventer » son amour sans que la famille, la société, l’Église n’aient leur mot à dire. On veut « se réaliser » en juxtaposant deux subjectivités enfermées sur elles-mêmes, sans ouverture à la société, à la vie, à Dieu. On veut tout, tout de suite sans laisser à la relation le temps de mûrir pour laisser place au consentement. On charge la sexualité de donner du sens à la relation alors qu’au contraire, c’est à la relation de fonder la sexualité. Et comme cela ne peut pas marcher très longtemps, on voudrait qu’il soit possible de « refaire sa vie » en reconstruisant un nouveau lien comme si le premier n’avait jamais existé, comme si l’on pouvait tout effacer… Résultat : tout le monde trinque, à commencer par les enfants, écartelés entre leur père et leur mère partis chacun de leur côté.

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