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Le pape François et l’islam : l’enjeu, c’est la paix

CTV
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Voici quelques remarques sur la façon dont le pape François touche la question de l'islam et sur la façon dont sa réponse est reçue.

Certains demandent pourquoi le Pape ne dénonce pas chaque jour à plus haute voix les cruelles persécutions que des groupes islamistes font subir aux chrétiens et à d’autres minorités, au Proche-Orient et en Afrique. La réponse est d’abord que le Pape est déjà allé loin en justifiant en août, à son retour de Corée, l’idée d’une intervention internationale.

Mais enfin, François est tenu à une certaine réserve. Il se trouve dans une situation analogue à celle de Pie XII durant la Seconde Guerre mondiale. Il parle avec grande prudence, n’agit pas en partisan, et stimule énormément ses subordonnés sur le terrain pour qu’ils diminuent les souffrances des persécutés. Tout bien considéré, c’est là ce qui est juste et raisonnable.

Chacun se souvient des réactions disproportionnées au discours pourtant si rationnel et apaisé de Benoît XVI à Ratisbonne. Chacun vient d’être témoin de l’hypersensibilité de toute une partie du monde musulman à quelques stupides caricatures. Que ne dirait-on donc pas si, à la suite d’un discours trop énergique de François, des centaines de chrétiens étaient lynchés en terre d’islam ?

L’analogie des deux situations me paraît frappante. Aussi je renvoie aux citations choisies du livre de Pierre Blet sj, Pie XII et la Seconde Guerre mondiale, Perrin, 1997, 2005 (un concentré de ses études monumentales [1]).  

Une interprétation réaliste de la doctrine de la guerre juste

François n’est pas un utopiste pacifiste. Du point de vue de la doctrine sur la guerre, son enseignement marque même une inflexion par rapport au pacifisme plus marqué de ses prédécesseurs, un certain retour à une application plus « réaliste » de la doctrine classique de la guerre juste. Au cours de sa conférence de presse dans l’avion de retour d’Asie, il n’hésite pas à dire que l’agression injuste doit être « arrêtée », sans entrer dans la détermination des moyens.

Tout en démarquant la théorie de la guerre juste de l’impérialisme qui peut en abuser, il légitime le recours à la force armée contre le terrorisme islamiste. Il ajoute que c’est aussi un droit pour l’agresseur que de se voir opposer une résistance, sans laquelle il deviendrait toujours plus mauvais. 

Irénisme ?

Indépendamment de sa prudence, compréhensible et justifiable, François est accusé parfois d’irénisme. Le beau prénom Irène vient du mot grec signifiant « la paix ». L’irénisme est un amour exagéré de la paix, valorisée au détriment de ce qui est dû par ailleurs à la vérité ou à la justice.

François pècherait-il par irénisme ? Il déclare, lors de sa conférence de presse au retour de Turquie, le 30 novembre 2014 : « Sur l’islamophobie : il est vrai que devant ces actes, commis pas seulement dans cette zone [au Proche Orient] mais aussi en Afrique, il y a une réaction d’aversion : si c’est cela l’islam ! Et tant de musulmans sont offensés, tant, tant de musulmans. Ils disent : “Non, nous ne sommes pas ces gens-là. Le Coran est un livre de paix, c’est un livre prophétique de paix. Ça, ce n’est pas l’islam” »

Ces paroles s’inscrivent dans la continuité de sa Lettre apostolique La joie de l’Évangile, dont les n° 250-254 sont consacrés au dialogue interreligieux. Le n° 254 en particulier se termine par cette phrase : « Face au fondamentalisme violent qui nous inquiète, l’affection envers les vrais croyants de l’islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence ». Cette phrase vient sans doute juste après une revendication de la pleine liberté religieuse et de l’égalité des droits civils pour les chrétiens en pays musulmans, mais cela ne change pas son contenu. Lire la suite sur le site de Liberté politique

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