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Malaisie : l’interdiction de dire « Allah » inquiète les chrétiens

Eglises d'Asie

Eglises d'Asie - Publié le 27/01/15

Après la décision de la Cour fédérale les déboutant de leur requête de continuer à utiliser le mot « Allah », les chrétiens s’inquiètent pour la liberté religieuse pourtant inscrite dans la Constitution du pays.

Épilogue d’une longue bataille judiciaire, la décision rendue le 21 janvier dernier par la Cour fédérale au sujet de l’utilisation du mot « Allah » dans les colonnes du journal catholique The Herald (Aleteia) a été déplorée par Mgr Julian Leow. Se déclarant « déçu » de ce jugement, l’archevêque de Kuala Lumpur a toutefois voulu croire qu’il n’était pas le prélude à une remise en cause de la liberté de religion, une liberté inscrite dans la Constitution du pays.

Sept ans de batailles juridiques

Dans cette affaire, qui a débuté en 2007 par une décision du ministère fédéral de l’Intérieur visant à interdire l’usage du mot « Allah » dans la section en langue malaise de cet hebdomadaire catholique, l’archevêque de Kuala Lumpur, en sa qualité d’éditeur du journal, et le père Lawrence Andrew, en sa qualité de directeur de la publication, demandaient à la justice malaisienne de se prononcer en dernière instance. Dans le cadre des procès précédents en effet, la première décision de justice, en 2009, avait été favorable à l’Église catholique, mais, quelques mois plus tard, ce jugement avait été cassé, décision confirmée en octobre 2013 par la Haute Cour de justice. S’étant pourvue en cassation devant la Cour fédérale, l’Église avait vu ce verdict confirmé en mai dernier, et c’était donc devant la cour suprême de la Fédération de Malaisie que l’Église demandait un nouveau jugement.

Ce 21 janvier, les cinq juges de la Cour fédérale chargés du dossier n’ont pas examiné la question au fond mais se sont limités à établir l’existence ou non de vices de forme dans le cadre des précédentes procédures. Statuant à l’unanimité, les magistrats ont estimé qu’il n’existait pas de vices de procédure et ont donc débouté l’archevêque de Kuala Lumpur.

Pour Mgr Julian Leow, qui a repris le dossier judiciaire en prenant la succession de Mgr Murphy Pakiam le 6 octobre dernier, la décision des juges est « une déception », qui était toutefois « prévisible ». Exprimant sa réaction à l’agence Fides, il a estimé qu’« après sept ans de batailles juridiques », le procès était « clos » et qu’il fallait « le laisser derrière, afin d’aller de l’avant avec foi ». « L’espoir que nous nourrissons est que la compréhension et le respect réciproque continueront de constituer un point fondamental de la coexistence sociale et religieuse en Malaisie », a-t-il poursuivi, non sans préciser que, dans la compréhension qui était la sienne de ce jugement, l’interdiction d’utiliser le mot « Allah » pour dire le Dieu des chrétiens devra
« effectivement être limitée aux colonnes du Herald ». « L’interprétation de la décision ne doit pas [cependant] être étendue aux liturgies, au culte et à la Bible. Nous espérons que cela a été fixé une fois pour toute [par les juges], même si nous voyons que quelques-uns souhaiteraient l’entendre différemment », a encore ajouté Mgr Leow.

L’incitation à se convertir est un crime

Cette allusion de l’archevêque de Kuala Lumpur renvoie aux autres procédures judiciaires en cours, devant différents tribunaux civils du pays, où est en jeu à chaque fois la liberté pour les chrétiens de Malaisie – lesquels représentent environ 9% des 28 millions de Malaisiens –, d’utiliser le mot « Allah » pour dire Dieu en malais, langue utilisée par les deux tiers d’entre eux dans l’expression de leur foi. Dès le 22 janvier, au lendemain du jugement concernant The Herald, d’autres magistrats de la Cour fédérale ont donné raison au ministère de l’Intérieur dans l’affaire qui l’oppose à un chrétien malaisien qui s’est vu saisir, en mai 2008, un lot de CD à contenu religieux, le mot « Allah » apparaissant dans les titres de ces textes rédigés en indonésien, langue très proche du malais. Là, comme dans l’affaire du

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AllahMalaisie
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