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Terrorisme islamique : ces Français djihadistes happés par la guerre

AFP PHOTO/SYLVAIN THOMAS
French security forces escort one of three suspected jihadists as he gets on a plane bound for Paris after being arrested in Montpellier on September 24, 2014. France's Interior Minister Bernard Cazeneuve announced a probe into a series of blunders that saw three suspected jihadists waltz out of a French airport after being transferred from Turkish custody. The government was however spared further blushes from the fiasco as the men handed themselves over to police -- nearly a day later. AFP PHOTO/SYLVAIN THOMAS
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Les djihadistes français tuent beaucoup et parfois meurent. Dans leurs rangs, d’anciens militaires. Et certains pourraient bien devenir d’anciens Français.

Selon Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, 73 jihadistes français ont été tués en Syrie et en Irak (c’est le chiffre qu’il a donné hier au cours de l’émission « Des Paroles et des actes » sur
France 2).

Plus dangereux à leur retour

Quelles mesures prendre contre les survivants ? Dès lors qu’il y a une « suspicion d’engagement dans ces opérations en Irak, en Syrie ou ailleurs », on peut « mettre en place une interdiction de sortie du territoire, prendre les pièces d’identité » des jihadistes présumés, en application de la dernière loi antiterroriste votée par le Parlement à l’automne, a expliqué Bernard Cazeneuve. « Si nous les laissons partir, ils s’engagent dans des exactions », a expliqué le ministre évoquant les « vidéos de décapitation, de crucifixion ». Quand ils reviennent, ces djihadistes sont « psychologiquement détruits » et « plus dangereux qu’avant qu’ils ne soient partis », a-t-il estimé. « Cette mesure sera efficace et permettra d’éviter bien des risques », a ajouté le ministre de l’Intérieur (Libération).

Une dizaine d’anciens militaires français

Parmi ces combattants du pseudo « État islamique » en Irak et en Syrie, une dizaine d’anciens militaires français : cette information de RFI a été confirmée par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lors d’une conférence de presse le 21 janvier. « Parmi ces jeunes Français d’une vingtaine d’années, il y aurait des anciens de la Légion étrangère ou d’anciens parachutistes. Certains sont issus de culture arabo-musulmane, d’autres sont convertis. L’un de ces militaires djihadistes serait devenu l’émir d’une dizaine de Français qu’il a formés au combat dans la région de Deir Ezzor (…). D’autres sont experts en explosifs. Ces hommes sont considérés comme encore plus dangereux que les autres puisqu’ils ont été formés en France et connaissent donc les secrets de l’armée » (Atlantico).

Un Franco-Marocain perd la nationalité française

Parmi les instruments de répression du terrorisme, la déchéance de la nationalité des binationaux : le gouvernement attendait avec impatience la décision du Conseil constitutionnel. Celui-ci a validé, ce 23 janvier, la déchéance de nationalité d’Ahmed Sahnouni, un djihadiste franco-marocain condamné pour terrorisme, en jugeant « conformes à la Constitution » les dispositions du Code civil contestées par son avocat (Le Parisien). Mais pour être définitive, la déchéance de nationalité d’Ahmed Sahnouni doit encore être validée par le Conseil d’État.

Cela ne résout évidemment pas la question des Français pour lesquels est engagée une « une réflexion transpartisane » sur la réactivation de la peine d’indignité nationale (Aleteia). Quant aux étrangers, on n’en compte en tout et pour tout que 28 expulsés du territoire pour terrorisme au cours des trois dernières années…

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