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Corée du Nord : le plus grand camp de concentration du monde

© John Pavelka

Eglises d'Asie - Publié le 21/01/15

La mort pour avoir fui le « paradis socialiste »

Selon l’article 47 du Code pénal nord-coréen, le fait de fuir le
« paradis socialiste », selon une expression officielle du régime, est considéré comme une désertion, punissable, au retour dans la mère patrie, en guise en quelque sorte de bienvenue, d’une peine minimum de… sept années d’emprisonnement, c’est-à-dire de camp de travail, autant dire de la peine de mort par épuisement ou du fait des tortures que cette personne, assimilée à un dangereux délinquant, doit subir quotidiennement. En 2008, on rapporte que les autorités nord-coréennes ont exécuté 13 femmes et deux hommes, accusés d’être passés illégalement dans le camp de la liberté, c’est-à-dire avec le projet de se rendre en Thaïlande via la Chine. Bien plus, actuellement, on assiste à une véritable « chasse à l’homme », digne de nos battues aux sangliers, dans toute la partie nord de la Chine, avec l’accord tacite des autorités communistes locales, les « coupeurs de tête » étant des Nord-Coréens, hommes et femmes, qui ont été entraînés pour débusquer le réfugié, et qui sont payés pour mener à bien cette basse besogne. Des Chinois, rémunérés eux aussi, leur viennent souvent en aide.

L’exode vers la liberté, depuis le nord de la Corée jusqu’en Chine, ne cesse pas pour autant, car, à la différence de la fameuse zone démilitarisée située entre le nord et le sud de la Corée, de part et d’autre du 38e parallèle, il est impossibile de surveiller de près les
1 416 kilomètres de la frontière sino-coréenne ; celle-ci demeure donc relativement perméable en certains endroits. De nombreux réfugiés témoignent avoir réussi à soudoyer des garde-frontières nord-coréens, et c’est pourquoi beaucoup de leurs concitoyens, souvent réduits à la misère, rêvent de devenir garde-frontières pour gagner de l’argent à bon compte… Ainsi, dit l’un de ces réfugiés, « les garde-frontières étudient attentivement nos documents jusqu’au moment où vous leur offrez de l’argent… Alors ils deviennent soudainement compréhensifs, et ils vous laissent passer ». (…)

75% des réfugiés sont des femmes

Selon un autre rapport, le nombre de femmes représente pas moins de 75% des réfugiés, ce qui est considérable. Cela serait dû au fait que les hommes, retenus par le service militaire obligatoire (qui dure… 10 ans !) sont cantonnés dans leurs casernes. S’ils tentent quelque évasion, ils risquent d’être durement châtiés et ils le savent… Ces réfugiées tentent de trouver un emploi en Chine : au mieux, elles sont employées comme serveuses ou femmes de ménage dans les cafés et les restaurants, comme ouvrières dans le bâtiment, ou domestiques dans les fermes… Et, bien évidemment, alors qu’elles n’ont droit qu’au gîte et au couvert, nombreux sont les employeurs qui abusent d’elles.

Les viols et la prostitution sont monnaie courante, et il n’est pas rare qu’à la campagne, elles soient obligées de se marier avec leurs patrons. Toutefois, elles en arrivent à envier leurs congénères qui, n’ayant pas réussi à trouver un emploi, sont littéralement livrées aux prédateurs qui s’adonnent au commerce de la prostitution, sous la menace d’être renvoyées en Corée du Nord en cas de refus de leur part. Ces proxénètes les vendent alors comme des esclaves à des intermédiaires chinois qui les livrent aux clients de passage… Le comble de l’horreur est atteint lorsque ces jeunes filles, dont certaines sont à peine âgées de 12 ans, sont marquées à la poitrine au fer rouge des initiales de leurs patrons-proxénètes.

On estime que 80 à 90% des Nord-Coréennes réfugiées en Chine sont victimes d’abus sexuels. Un professeur sud-coréen de l’université de Kyungnam de Séoul compare les conditions de vie de ces femmes à celles des « femmes de réconfort », c’est-à-dire ces jeunes Coréennes, qui, durant la Seconde Guerre mondiale, avaient été enlevées par l’armée japonaise pour être livrées comme prostituées aux soldats nippons. Le directeur du Bureau pour la surveillance et la lutte contre le trafic des êtres humains du Département d’État américain, Jose Miller, estime que le trafic des êtres humains entre la Corée du Nord et la Chine est contrôlé par une organisation criminelle internationale, qui, chaque année, fait 800 000 victimes dans le monde entier ! (…)

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communismecoree du nordgoulags
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