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Corée du Nord : le plus grand camp de concentration du monde

© John Pavelka

Eglises d'Asie - Publié le 21/01/15

Les rares informations sur ce pays proviennent de réfugiés qui parviennent à passer la frontière séparant la Corée du Nord de la Chine populaire. Un missionnaire catholique a analysé leurs témoignages.

S’il est un pays où les droits élémentaires de la personne humaine sont systématiquement foulés aux pieds, c’est bien la Corée du Nord, que l’on peut qualifier de plus grand camp de concentration à ciel ouvert de la planète. Un camp où, par définition, on ne peut ni entrer, ni sortir, d’où l’aspect fragmentaire des informations qui nous parviennent sur les souffrances indicibles endurées par ce peuple réduit à l’état d’esclavage. On doit donc s’en tenir aux témoignages des réfugiés qui parviennent à franchir la frontière chinoise, à leurs risques et périls.

Faim, tortures, viols et exécutions publiques

Auprès des missionnaires et des personnes de bonne volonté, qui les accueillent, ils évoquent l’enfer des camps de travail et de rééducation, dont les régimes communistes se sont fait la spécialité sous toutes les latitudes. La dictature des trois générations Kim (Kim Il-sung, Kim Jong-il et Kim Jong-un : le père, le fils et le petit-fils) rivalise de cruauté avec tout ce que l’on avait connu jusqu’ici en Asie depuis la moitié du siècle dernier, hormis peut-être le génocide des Cambodgiens par les Khmers rouges. Ainsi, un réfugié nord-coréen, Jung Sung Nam, dans le spectacle musical qu’il a composé, intitulé Yodug Story, évoque la faim, les tortures, les viols et les exécutions publiques, et, pour ne citer que ce « détail », qui glace d’horreur les Sud-Coréens, les enfants affamés mangeant des rats !

La Chine, refuge précaire et cruel

Le réfugié nord-coréen qui parvient en Chine, autre pays communiste, doit demeurer sur ses gardes, car il est à la merci d’une reconduite à la frontière, ce qui équivaut à une mort certaine, ou à un emprisonnement arbitraire particulièrement cruel. Certes, la Chine a adhéré aux conventions des Nations Unies sur les réfugiés (celles de 1951 et de 1967), qui énoncent le principe de
« non refoulement » de ces personnes vers leur pays d’origine. Il reste qu’en contradiction flagrante avec cette disposition, le gouvernement chinois a signé un accord avec la Corée du Nord, en 1986, prévoyant la reconduite à la frontière des Nord-Coréens qui ont réussi à la franchir.

Le 15 avril 2008, une commission du Congrès américain a présenté un rapport qui fait état de la situation des réfugiés nord-coréens en Chine : on y évoque des interrogatoires particulièrement violents, avec des cas fréquents de torture, des emprisonnements de longue durée sans procès et même des exécutions dites « simulées », c’est-à-dire réelles mais réalisées sous le prétexte, notamment, que le prisonnier a cherché à s’évader… Ces informations ont été recueillies auprès de 32 réfugiés et de huit anciens agents du contre-espionnage nord-coréen passés au Sud, au cours des huit dernières années.

On peut classer les réfugiés nord-coréens en deux catégories : ceux qui arrivent en Chine pour y trouver de la nourriture, voire un travail, et qui, faute de mieux, finissent par rentrer en Corée du Nord, et ceux qui quittent leur pays avec la ferme intention de ne pas jamais y revenir. Il est difficile de connaître le nombre exact de personnes qui ont fui la Corée du Nord, en particulier de celles qui appartiennent à la première catégorie. On a pu noter deux grandes vagues de réfugiés, tenaillés par la faim, en 1995-1996, puis en 2006-2007, suite aux mauvaises récoltes dues à des inondations catastrophiques. Depuis environ cinq ans, les réfugiés qui fuient la partie totalitaire du « Pays du Matin Calme » – la Corée –, située au nord du 38e parallèle, invoquent désormais le plus souvent les violations des droits de l’homme. On estime que 800 000 Nord-Coréens sont passés en Chine depuis 1995.

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