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Vers un blasphème laïc, gratuit et obligatoire

© Kelly Kline / CC

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René Poujol - Publié le 20/01/15

Il aura suffi d’une semaine pour que la formidable marée humaine du 11 janvier fasse apparaître, en se retirant, des abîmes où pourrait sombrer notre démocratie.

Dix jours après le drame qui a meurtri la France, il semble que notre pays soit entré dans l’une des crises les plus graves qu’il ait eu à connaître sans doute depuis la guerre d’Algérie. La belle unanimité des marches républicaines du 11 janvier portait en germe la division née de ses exégèses. Car si les Français se sont accordés à descendre dans la rue, à Paris comme en de nombreuses villes de province, pour défendre le droit à la liberté d’expression, il est faux de prétendre qu’ils souscrivent tous, pour autant, à la revendication d’un prétendu droit au blasphème, fer de lance du combat éditorial de Charlie Hebdo.

Que tout au long de notre histoire, et aujourd’hui encore dans certaines régions du monde, les religions aient été ou soient facteur de violences et de division, du fait même de leur prétention à détenir la vérité et à l’imposer au monde entier, est hélas vrai. L’unité de la France faillit ne pas survivre aux guerres de religion et l’on doit à l’État d’avoir réussi à pacifier le pays par la contrainte. Il ne faut jamais l’oublier. Comme il ne faut pas oublier, pour le seul XXe siècle, les 100 millions de morts d’Hitler, Staline, Mao et Pol Pot réunis, dont on ne se souvient pas qu’ils s’originent dans une croyance religieuse mais dans un athéisme d’État.

Le blasphème : un droit ou une liberté ? 

Or voilà que face à de nouvelles violences, à des images quotidiennes de barbarie, à la montée d’un terrorisme se revendiquant de l’islam, et plus récemment aux attentats qui ont ensanglanté notre pays, certains en viennent à plaider la reconnaissance, dans notre législation, d’un « droit au blasphème ». Quelle urgence y a-t-il à vouloir blinder, par la loi, une liberté qui, à ce jour, est garantie à tout citoyen et n’est susceptible d’aucun recours devant les tribunaux ? Le blasphème, dans notre société laïque, est reconnu comme étant une liberté et doit le rester. Mais au nom même de la démocratie nous devons résister à la tentation de vouloir en faire un droit. Faudra-t-il décréter demain un droit d’aller et de venir, de boire et de manger, le droit de rire, celui d’aimer ? Contre la tentation du droit, il nous faut en appeler à la seule liberté !

Décréter un « droit au blasphème » serait admettre qu’il appartient à la collectivité d’en garantir les moyens d’existence. Or, si le pas n’est pas encore franchi dans les textes, il l’est abondamment dans les faits. Avant les événements dramatiques du 7 janvier, Charlie Hebdo, avec seulement 60 000 exemplaires, représentait le type même du magazine qui, ayant de plus en plus de mal à se trouver un public, voyait son avenir compromis. Lire la suite sur le blog de René Poujol

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charlie hebdo
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