Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Lundi 18 janvier |
Sainte Marguerite de Hongrie
home iconActualités
line break icon

OPINION. M. Hollande est-il à la hauteur de sa fonction ?

© Kelly Kline / CC

https://www.flickr.com/photos/xensin/15638776633

Pierre-Marie d'Ussel - Publié le 14/01/15

Les grands événements révèlent les grands hommes. Comment le Président François Hollande émerge-t-il des évènements tragiques que la France a traversés ?

Le « Mal-Aimé » remonte dans les sondages. Cependant, méfions-nous des premières impressions, car ce sont celles que le « bruit » médiatique et politique imprime en nous, à notre insu. Souvent, la réflexion nous amène à réviser notre première impression. Et, à plus long terme encore, le jugement impartial des historiens peut se révéler très différent de l’émotion suscitée par les « actualités ».

Le président de la République l’a dit lui-même : à l’issue des circonstances tragiques traversées par la France, il lui revenait d’être le rassembleur de tous les Français de bonne volonté au sein de l’unité nationale. Et non seulement le rassembleur, mais aussi le garant que le rassemblement promu ressortirait bien à l’unité nationale et non à une manifestation partisane. En cela, M. Hollande a-t-il su s’élever au-dessus de lui-même, pour se montrer à la hauteur de sa haute fonction ?

La démocratie est-elle réductible à la République ?

L’unité nationale, en réponse à une action terroriste et barbare, ne peut se faire en vérité qu’autour des valeurs de la démocratie. M. Hollande a préféré en appeler aux valeurs de la République, et pas n’importe lesquelles, celles idéologiques et clivantes de la Révolution française. En cela, M. Hollande a d’une certaine manière insulté l’histoire de France : beaucoup des grands hommes qui l’ont façonnée pour le meilleur étaient des monarchistes, au moins de cœur, à commencer par le général de Gaulle. À l’issue de la Première Guerre mondiale, on a eu la sagesse de ne pas chercher à séparer les « Morts pour la France », entre républicains et monarchistes (lesquels étaient majoritaires à l’époque).

M. Hollande aurait dû se souvenir qu’au centre du drapeau de la République française, le blanc représente la monarchie qui a fait la France. M. Hollande a souhaité exclure de l’unité nationale non seulement tous les monarchistes, mais aussi tout les Français qui, bien que profondément républicains, hésitent à se réclamer des crimes et génocides de la Révolution française (dont peut-être leurs ancêtres ont été victimes, par exemple les Vendéens). Un peu gênant quand il s’agit de dénoncer des assassinats idéologiques… On dira que ce n’est pas trop grave parce que, grâce à la propagande de l’Éducation nationale appelée « cours d’histoire », il ne reste plus beaucoup de Français monarchistes, ou même de Français ayant une connaissance objective de ce que fut réellement la Révolution française. Passons donc sur cet aspect de la question. 

Mais relevons l’injure faite à l’histoire de la démocratie. Car qui oserait prétendre que nos amis anglais, espagnols, danois, suédois, néerlandais, etc., tous majoritairement monarchistes, ne sont pas des démocrates ? Qui oserait prétendre que la plupart des monarchies ne sont pas des modèles de démocratie ? A contrario, force est de constater que bien des Républiques ont été ou sont encore des régimes totalitaires, de la première République française à l’URSS et à ses satellites, en passant par la Chine populaire et le régime des Khmers rouges. M. Hollande n’est pas très cultivé, mais il a vécu. Il avait 21 ans quand l’avènement de la monarchie a rétabli la démocratie en Espagne. Il aurait dû s’en souvenir.

Peut-il y avoir unité nationale, si on en exclut injustement un quart des Français ?

La définition de l’unité nationale, c’est précisément que, face à un danger mortel pour la nation, exceptionnellement, pour un moment de grâce, on se retrouve au coude à coude avec ses adversaires politiques. Si M. Hollande avait eu la stature d’un homme d’État, il aurait admis au sein de l’unité nationale la présence du Front national. Et il aurait eu le courage de l’imposer aux esprits partisans de ses amis politiques. Les seuls critères d’exclusion de l’unité nationale ne peuvent être que la collusion avec l’ennemi et la mise en cause du régime démocratique. Qui pourrait sérieusement accuser le Front national de collusion avec les islamistes radicaux ? Ou de vouloir fomenter un coup d’État militaire ? Déjà de nombreux Français se sentant exclus de la société se réfugiaient dans les bras du Front national, adoptant leurs idées, pour certaines très discutables, voire dangereuses. Le président de la République avait une exceptionnelle occasion de lancer un signe fort à ces Français. Il a commis une grave faute morale en ratant cette occasion. Et Mme Le Pen aura beau jeu de dénoncer les

  • 1
  • 2
Tags:
charlie hebdoje suis charlie
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Rachel Molinatti
Avec ToonMe, découvrez des saints animés !
ROSES
Marzena Devoud
Oubliez les nains, mettez des saints dans vot...
FIV
Agnès Pinard Legry
Bioéthique : les évêques invitent à quatre ve...
WEB2-STATUE-VIERGE-ISERE-GOOGLE-STREET-VIEW.jpg
Agnès Pinard Legry
Isère : une statue de la Vierge n’a plus droi...
SAMUEL ELI
Fr. Jean-Thomas de Beauregard, op
Allô, Samuel ? Comment Dieu nous appelle enco...
D'CRUZ FAMILY
Cerith Gardiner
Ensemble, ils ont 1.042 ans : le secret de la...
Agnès Pinard Legry
Marlène Schiappa : des propos qui font bondir
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement