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Dessiner, c’est bien trop dangereux…

Perdid'
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Robin, 4 ans, a observé la minute de silence pour rendre hommage à Charlie Hebdo. C’est la maîtresse qui l’a dit, mais…

Ce jeudi-là, dans cette école, le directeur avait accepté la demande du ministre de l’Éducation nationale, et fait observer aux élèves une minute de silence. « Je vous invite à répondre favorablement aux besoins ou demandes d’expression qui pourraient avoir lieu dans les classes en vous laissant le soin, si vous le souhaitez, de vous appuyer sur l’ensemble des ressources pédagogiques que les services du ministère tiennent à votre disposition », précisait Najat Vallaud Belkacem.

Une « demande d’expression », Robin en a bien eu une, mais pendant « la minute de silence pour Charlie », justement, il voulait savoir s’il y avait des frites aujourd’hui à la cantine. On l’a grondé, et Robin garde une dent contre ce Charlie. La directrice a expliqué devant ses élèves tous rassemblés : « Quand on n’est pas d’accord avec son copain, on ne le tape pas. Quand on est un adulte, on ne tue pas quelqu’un parce qu’on n’est pas d’accord ». Robin n’a pas bien vu le rapport avec Charlie, mais il a compris que Charlie était mort, alors il a demandé à la directrice pourquoi : est-ce qu’il avait tapé quelqu’un ?
 

Pas de frites à la cantine

Faisant appel à l’ensemble de ses ressources pédagogiques, la maîtresse lui a expliqué que non, que Charlie n’avait rien fait de mal, mais que de mauvaises personnes l’ont assassiné parce qu’ils n’avaient pas aimé ses dessins. Cette information plongea Robin dans le trouble, un trouble aggravé par le menu de la cantine : choux de Bruxelles alors que d’habitude, le jeudi, c’est frites. Encore un coup de Charlie.

Pendant la sieste Robin tourne le problème des dessins et des choux dans sa tête pourquoi est-ce qu’il faut se taire quand Charlie est tué ? Pourquoi faut-il manger des choux ? En tous cas il pense bien que ce serait mal de tuer Isabelle la cuisinière parce qu’il n’a pas aimé ses choux.
 

Le dessin, c’est bien

Robin n’a pas bien dormi, mais c’est maintenant le « temps d’accueil périscolaire ». En clair, s’il fait beau les enfants galopent dans la cour, et s’il pleut ils font des puzzles… et des dessins. Le dessin c’est l’activité par excellence des maternelles : cela apprend à tenir le crayon, cela ne coûte pas cher et cela oblige les enfants à se concentrer. Par chance, Robin aime beaucoup dessiner. Tout le monde lui dit que ses dessins sont très beaux. Il ramène tous les soirs un paquet de feuilles recouvertes de toutes les couleurs qu’il a pu dégoter dans la boîte à crayons que les enfants se disputent.

Ce jeudi-là, il pleut, et au moment de saisir le crayon, Robin est pris d’un effroi soudain. Il y a des gens qui ont dit à Isabelle que ses choux étaient très bons. Lui, il ne les a pas aimés. Sa maîtresse et sa maman lui disent que ses dessins sont très beaux. Mais peut-être que « les mauvaises personnes » n’aimeront pas ses dessins ! Alors Robin se dit qu’il va plutôt faire un puzzle. C’est moins risqué un puzzle. Il suffit d’assembler les pièces et ce n’est pas nous qui avons fait le dessin qui est dessus, donc les « mauvaises personnes » ne pourront rien dire.

Moralité : arrêtez de trop faire cuire les choux de Bruxelles. Un chou mal cuit, c’est très mauvais pour la liberté d’expression, car cela tue dans l’œuf les vocations de dessinateur des futurs Cabu, les enfants de ceux qui l’avaient jadis admiré dans Récré A2…

Ndlr : L’anecdote est véridique, même si nous avons dû composer un peu : nous nous sommes fondés sur le récit du jeune Robin pour écrire cette histoire. 

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