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Attentat de Vincennes : « Morts parce que juifs »

Paul Malo / Aleteia

Judikael Hirel - Publié le 11/01/15

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées samedi soir, devant le supermarché casher où quatre otages ont trouvé la mort.

Ils s’appelaient Yoav Hattab, Philippe Braham, Yohan Cohen et François-Michel Saada. Leur nom a été dévoilé samedi soir à Vincennes par le Conseil représentatif des institutions juives de France. Et ils sont morts en 2015, à Paris, parce qu’ils étaient juifs, abattus dès le début de la prise d’otages par Amedy Coulibaly. Dimanche matin, une vidéo filmée avant sa mort et authentifiée, vient confirmer les motivations antisémites de cette prise d’otages dans un supermarché casher.

Samedi soir, les habitants et les élus de Vincennes et Saint-Mandé ont été nombreux à leur rendre hommage. D’abord à la mairie de Saint-Mandé, à la tombée de la nuit, où malgré une pluie battante, un millier de personnes s’étaient réunies, dans la salle des fêtes, les couloirs, jusque devant le bâtiment. Nombreux étaient celles et ceux arborant une pancarte « Saint-Mandé est Charlie », et à connaître les victimes et leur famille dans cette toute petite banlieue huppée de l’est parisien, où demeure une importante communauté juive.

En présence de nombreux élus, à commencer par le président du Sénat, Gérard Larcher, le maire de la ville, Patrick Beaudouin a appelé à en finir avec l’angélisme : « Il faut mettre hors d’état de nuire ces individus qui s’attaquent à notre société et à ses fondamentaux ». Citant le nom de chaque victime, le maire de la ville où le second terroriste a choisi d’agir a rappelé qu’ils avaient été tués « parce qu’ils étaient journalistes, parce qu’ils étaient travailleurs, parce qu’ils étaient policiers, parce qu’ils étaient juifs, parce qu’ils étaient Français ».

Un défilé de ministres, une foule en colère

C’est à pied que les élus de Vincennes et Saint-Mandé se sont ensuite rendus sur les lieux de l’attentat. Des milliers de personnes s’y sont rassemblées, entourées par un impressionnant dispositif de police, digne d’une zone de guerre. Entre marseillaise et chants hébreux, et au gré des slogans des étudiants juifs de France, la colère dominait. Aux « Tués parce que juifs » et « Je suis juif » ont succédé de nombreuses Marseillaise, mais aussi « Madame Hidalgo, quelle sécurité ? », « Agissez », des huées lors de l’arrivée du ministre de l’Intérieur et de la garde des Sceaux, que certains ont appelé à démissionner.

Se sont également rendus sur les lieux le président de l’Assemblée nationale et du Sénat, Claude Bartolone et l’ancienne ministre UMP Valérie Pécresse, ainsi que de nombreux élus et personnalités : Marek Halter, Serge Moati, le comédien Smain, le secrétaire d’État aux affaires européennes Harlem Désir, le président du Crif, Roger Cukierman, le président du Consistoire central israélite Joël Mergui, l’ambassadeur d’Israël en France Yossi Gal ainsi que le président de SOS Racisme, Dominique Sopo.

Le Premier ministre, qui n’était a priori pas attendu, est arrivé sur place vers 19 h 30. Bien que littéralement cerné par une meute de caméras et des gardes du corps pléthoriques, il a tout de même pu approcher des habitants bloqués derrière un cordon de CRS. Il est également intervenu devant la presse pour redonner le fond de sa pensée sur l’attentats de Vincennes : « La France sans les juifs de France n’est plus la France, nous sommes tous aujourd’hui Charlie, tous policiers, tous des juifs de France ».

Des centaines de bouquets de fleurs et de bougies ont été déposés aux pieds des barrières métalliques empêchant d’accéder à l’immeuble abritant la supérette. Des mots les accompagnaient, les uns pour remercier le Raid, les autres pour stigmatiser le laxisme et le relativisme avec lequel ont été traités de précédents incidents. Entre colère et larmes, les familles et les proches pleuraient surtout la mort de quatre innocents, tués à Paris du fait de leur religion, alors qu’ils faisaient juste leurs courses.

Tags:
antisemitisme
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