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Bangladesh : le fléau des mariages précoces

Eglises d'Asie
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Héritage douteux d’une coutume ancestrale, la course au mariage le plus précoce résiste aux campagnes de sensibilisation menées par l’Église catholique et les ONG de défense des droits de l’homme.

Au Bangladesh, les mariages précoces – y compris ceux d’enfants n’ayant pas plus de 4 ans – sont un véritable fléau qui résiste aux efforts de sensibilisation menés par l’Église catholique(1) et les ONG de défense des droits de l’homme, inquiètes des conséquences sociales, psychologiques et sanitaires de ce système, très ancré dans les traditions et les mentalités. La pratique de la dot(2), pourtant aujourd’hui interdite, est en grande partie responsable de la persistance de cette coutume, au même titre que le maintien d’une mentalité patriarcale infériorisant la femme, partagée par les gouvernants eux-mêmes, comme l’explique Tahmima Anam, dans l’article ci-dessous paru dans l’International New York Times de ce mardi 30 décembre 2014.

Écrivain et anthropologue, la Bangladaise Tahmima Anam collabore régulièrement avec le quotidien en langue anglaise. La traduction est de la Rédaction d’Églises d’Asie.

Extraits :

(…) Une récente étude menée par l’ONG Plan Bangladesh et l’International Center for Diarrhoeal Disease Research a démontré que 64% des femmes âgées de 20 à 24 ans avaient été mariées avant l’âge de 18 ans(3). Le mariage et la maternité précoces sont la cause de graves problèmes de santé et de désordres sociaux, engendrant davantage de violences domestiques, ainsi que le risque d’un accroissement de la mortalité infantile et maternelle. Les jeunes mariées interrompent leurs études (selon l’UNICEF,
5,6 millions d’enfants au Bangladesh ont abandonné précocement l’école pour cause de mariage) et auront donc par conséquent beaucoup moins de possibilité de trouver un emploi, sans compter le fait qu’elles n’auront pas non plus les connaissances nécessaires concernant leurs droits de femme mariées.

L’État complice des préjugés

À la consternation des ONG du Bangladesh, des personnels de santé et des militants pour les droits de l’homme, la réponse du gouvernement à ce rapport a été de proposer d’abaisser l’âge légal du mariage à 16 ans. La ministre de la Femme et de l’enfant, Meher Afroz Chumki, a déclaré : « Dans notre pays, les filles sont pubères dès 14 ans. Cela peut devenir un fardeau pour de nombreuses familles. Si notre pays autorise les parents à marier leurs filles à un âge plus tendre, cela pourrait faire disparaître de nombreux problèmes sociaux ».

Le ministre chargé de la Santé et de la famille, Zahid Maleque, a ajouté encore à la confusion en affirmant que le véritable problème était l’enlèvement [des femmes], « les adolescentes des campagnes fuguant pour se marier ». Qu’est-ce qui a mis dans la tête de ces deux fonctionnaires de l’État que la « maturité sexuelle » d’une adolescente était un danger pour sa famille et que le mariage était le seul moyen de contrôler la sexualité féminine ? Plus qu’un système qui limite les possibilités de choix des jeunes femmes, ce concept est avant tout un problème de mentalité.

Le Bangladesh est censé avoir fait de grands progrès dans le domaine de l’égalité des sexes, en mettant l’accent sur l’éducation de ses filles et en leur permettant un meilleur accès aux soins de santé. Le gouvernement a également mis en place un système de bourses afin de permettre aux filles de rester jusqu’au cycle secondaire.

La dot est d’autant plus légère que l’enfant est jeune

Mais ces programmes ne peuvent arriver à contrebalancer le rite incontournable qu’est le mariage pour une fille, un rite qu’il lui est indispensable de subir dans son jeune âge, en perdant son indépendance, son éducation et, dans bien des cas, son bien-être émotionnel et physique. Pour une jeune fille vivant dans un village reculé, les raisons de se marier tôt sont surtout d’ordre économique. Les familles marient souvent leurs filles afin d’éviter de payer la lourde dot, qui est d’autant plus légère que l’enfant est jeune.

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