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Irak : dans les camps avec les réfugiés chrétiens

Paul Malo / Aleteia

Erbil refugees

Judikael Hirel - Publié le 25/12/14

À Ankawa, la cité chrétienne d'Erbil, au Kurdistan irakien, des milliers de réfugiés attendent, sous des tentes et dans des hangars.

C’est du provisoire qui pourrait bien durer toute une vie, ou ce qu’il en reste… Ici, à Erbil, capitale du Kurdistan irakien, ils sont des dizaines de milliers de chrétiens à être venus se réfugier en août dernier. Du jour au lendemain, tous ont dû fuir Mossoul, Qaraqosh, la plaine de Ninive, à 70 kilomètres de là, chassés par les tueurs de Daesh. Là-bas, il n’y a plus un seul chrétien.

À Ankawa, la cité chrétienne au cœur d’Erbil, des dizaines de milliers de réfugiés sont entassés depuis l’été dernier, dans des tentes, des hangars, un hôtel en construction et même un centre commercial abandonné. Ils attendent. Entre la conversion, la mort et le départ, ils ont choisi, si l’on peut dire, de tout laisser derrière eux. Leur maison, leurs biens, une vie heureuse ou banale, mais qui était la leur. Leur seul « crime » : être chrétiens.

«​ Quand nous sommes allés là-bas, nous avons entendu 200 fois la même histoire, et à chaque fois elle était différente », explique Mgr Barbarin, qui a choisi, au lendemain de sa visite à Qaraqosh, de jumeler son diocèse à celui, désormais virtuel, de Mossoul. « Je leur ai dit : "Nous sommes prêts à faire tout ce qui est utile et bon pour que ceux qui veulent rester le puissent". Ils disent qu’ils n’ont besoin de rien, mais ce n’est pas vrai. »

Partir est un mirage

Ces chrétiens d’Irak ont sauvé leurs vies mais ils n’en ont plus. Les chrétiens étaient près d’un million avant l’invasion américaine, plus que 400 000 l’été dernier. Et demain ? « L’histoire s’est rompue, confie Mgr Sako, patriarche de l’Église chaldéenne. Ils rêvent de continuer une vie normale, ailleurs. Ils rêvent de partir, ils pensent que l’Occident est différent. Ils ne parlent pas la langue, ils perdraient leur culture. C’est un mirage. Une fois là-bas, quand ils seront dans un appartement, quel avenir ? Si quelques-uns veulent partir, qu’ils partent. Mais si tout le monde part, tout est fini. »

Désœuvrés pour la première fois de leur vie, les hommes attendent de retrouver un travail, enchaînent cigarette sur cigarette en vous montrant les photos de leur vie d’avant. Les femmes rêvent de retrouver leur maison, là où elles étaient dignes, autonomes et respectées. Les plus jeunes espèrent pouvoir reprendre leurs études, ou tout simplement retourner à l’école. Qu’ils soient chrétiens ou yézidis, ils sont désormais réfugiés dans leur propre pays, un pays où ils vivaient tant bien que mal depuis quinze siècles aux côtés de leurs voisins musulmans. Mais demain, après Daesh, comment faire de nouveau confiance à ces voisins qui les ont menacés de mort et ont pillé leurs biens ?

« Vous êtes les roseaux de Dieu »

L’hiver est arrivé, en Irak comme ailleurs, et les 150 000 réfugiés de la plaine de Ninive sont un peu retombés dans l’oubli. Les familles s’entassent à dix dans une pièce de 10 m2, (sur)vivant de l’aide humanitaire : des médicaments, de l’eau, du riz, des haricots, un peu de viande, du gaz pour faire la cuisine chacun son tour au détour des tentes et des baraques de chantier. Alors, dans le plus grand secret, Mgr Barbarin a décidé qu’il fallait revenir en Irak. Nous sommes une petite centaine à être venus de Lyon avec lui pour une visite éclair de 48 heures, sous haute sécurité. Chacun a payé sa place à bord.

Les chrétiens réfugiés d’Irak, il faut « les écouter, nous laisser accueillir par eux, prendre le temps d’aller leur dire merci, de prier ensemble », explique l’évêque de Lyon. Avec le pape ? Presque. C’est finalement en vidéo, par souci non pas pour sa sécurité mais pour celles des réfugiés sur place, que François est intervenu, en clôture d’une procession mariale réunissant 10 000 chrétiens dans les rues d’Erbil.

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Chrétiens d'Orient
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