Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Jeudi 28 janvier |
Saint Thomas d'Aquin
home iconActualités
line break icon

Djihad : un feuilleton devenu quotidien

AFP PHOTO GERARD JULIEN

French members of the French National Police Intervention Group (GIPN) are seen on April 4, 2012, in the French southern city of Marseille, as part of dawn raids in several French cities. French police swooped on suspected radical Islamists in pre-dawn raids for the second time in less than a week today, arresting 10 people, a source close to the investigation said. AFP PHOTO GERARD JULIEN

Philippe Oswald - Publié le 15/12/14

Le terrorisme islamique est devenu un rendez-vous quotidien de l’actualité nationale et internationale. Derniers épisodes : en Australie, en France et dans un film poignant sur le djihad au Mali.

Alors qu’une prise d’otages à Sydney (3 morts, dont le preneur d’otage, 4 blessés) met l’Australie dans un état de choc analogue à celui du Canada, car ces deux pays pouvaient se croire à l’abri, la France est depuis longtemps en première ligne en Europe. Un coup de filet anti-djihad (ou jihad) vient de se dérouler simultanément dans au moins trois régions pour démanteler une filière de recrutement de combattants pour la Syrie. Une dizaine d’interpellations ont été effectuées, dans la région de Toulouse (Haute-Garonne), en Normandie et en région parisienne, par la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire française et des hommes du Raid (unité d’élite de la police), assistés d’importantes autres forces de police.

Plus de 80 % de candidats au djihad en un an

C’est le fruit de mois d’enquête sur une dizaine voire une quinzaine d’objectifs visés, notamment à partir de braquages destinés à financer le terrorisme : « Ces arrestations se sont déroulées à la suite d’investigations menées par la police judiciaire dans le cadre d’une enquête sur des vols à main armée qui a mis au jour la "filière du Tarn" » (Sud-Ouest).

Il est vrai que les enquêteurs ne savent plus où donner de la tête : « Le nombre de candidats au jihad syrien a bondi de plus de 80 % depuis début janvier, selon de récentes déclarations du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve » (Libération). Les djihadistes de nationalité française seraient près de 400 en Syrie ou en Irak, environ 120 en seraient revenus et une cinquantaine y auraient perdu la vie.

«Je ne condamne pas du tout ces départs » 

La réprobation du djihad en Syrie est-elle unanime ? Pas à la mosquée de Lunel, en tout cas : « Après le décès le week-end dernier en Syrie de Hamza et Karim originaires de Lunel, le maire avait souhaité que "les représentants des musulmans de Lunel s’expriment clairement pour condamner fermement les départs" pour le jihad » (Le Parisien).

Répondant à cette invitation du maire de la ville, le président de l’Union des musulmans de Lunel, en charge de la mosquée, Lahoucine Goumri, a cependant cruellement déçu son attente. Devant des journalistes, après avoir affirmé que « la mosquée n’a rien à voir avec tous ces départs », il s’est refusé à les condamner : « C’est leur choix. Je n’ai pas à les juger. Seul Dieu les jugera. Si on doit condamner quelque chose, il faut condamner ce qui est condamnable. Pourquoi condamner ces jeunes qui sont partis au nom d’une injustice en Syrie et pas ces Français qui sont partis et ont tué des bébés palestiniens avec Tsahal l’été dernier ? Pourquoi est-ce qu’une mosquée condamnerait, alors que les autres religions ne le font pas ? ». Et de récidiver sur France Inter : « Je ne condamne pas du tout ces départs. Les gens sont libres de partir ou de rester : il y a des gens qui pensent que c’est un jihad, d’autres qui pensent que là-bas il y a une injustice à combattre. La mosquée n’a pas à condamner ou ne pas condamner ces départs-là ».

Lahoucine Goumri refuse aussi de s’engager dans une campagne de prévention auprès des jeunes : « Je ne vois pas pourquoi je ferais un message si dix personnes sont parties sur 6 000 musulmans, soit
0,04 % ».
Mais il conseille  à la jeune veuve d’un djihadiste de rester en Syrie : « Là-bas, elle touchera une pension pour les veuves. Rentrer. Rentrer pour quoi ? Peut-être qu’elle ne voit pas ce qu’elle vivrait de plus en France. Sans doute que sa vraie famille est là-bas, au milieu des musulmans » (Le Midi-Libre).

En octobre, au moins trois jeunes Lunellois avaient été tués et un quatrième blessé après avoir rejoint les rangs des djihadistes. La préfecture a dénoncé

  • 1
  • 2
Tags:
djihadFrancejihad
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
Tzachi Lang, Israel Antiquities Authority
John Burger
Une pierre portant l'inscription "Christ, né de de Marie" retrouv...
2
jeunesse et covid
Jeanne Larghero
Face au coronavirus, jouer la sécurité ou tenter le risque ?
3
Domitille Farret d'Astiès
Faustine et Bérénice partent à pied vers Jérusalem sans un sou en...
4
WEB2-Rene-Regalado-diocese-of-malaybalay.jpg
Agnès Pinard Legry
Philippines : le père René Regalado abattu de plusieurs balles da...
5
Xavier Patier
Séparatisme: "On vise la mosquée radicale et l’obus tombe sur l’é...
6
étudiante
Marzena Devoud
Le kit de survie spirituelle des étudiants confinés
7
Domitille Farret d'Astiès
Partir en mission en Inde, la formidable aventure de la famille C...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement