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Père Delorme : « Beaucoup de musulmans désirent rencontrer les chrétiens »

Paul Malo / Aleteia
pere christian delorme
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C’est ce qu’affirme, de retour d’Erbil, le père Christian Delorme, engagé depuis 40 ans dans le dialogue islamo-chrétien.

Parmi les participants au récent déplacement d’une délégation du diocèse de Lyon auprès des réfugiés irakiens à Erbil, figurait le père Christian Delorme. Actuellement curé de Caluire et Cuire, dans l’agglomération lyonnaise, ce prêtre est connu pour son engagement pour le dialogue islamo-chrétien depuis une quarantaine d’années, notamment dans les banlieues.

Dimanche, alors que prenait fin ce pèlerinage, devant la cathédrale Saint-Joseph d’Erbil, il a livré à Radio Vatican son impression sur les troubles qui agitent le monde musulman et leur retentissement sur les relations islamo-chrétiennes en France.

« En France, a rappelé le père Delorme, les musulmans dans leur ensemble sont très inquiets de ce qui se passe à l’intérieur du monde musulman. L’immense majorité d’entre eux rejette profondément cette image de l’islam, cette réalité que donne à voir Daesh. » « Il n’y a aucune ambiguïté, a tenu à souligner le prêtre lyonnais. Nous les avons entendu se prononcer contre le terrorisme. Mais en même temps, je crois que le monde musulman est traversé par des courants de pensée et des situations de violence comme jamais dans son histoire. Il en est le premier blessé mais cette violence affecte également les chrétiens d’Orient qui en sont aujourd’hui les principales victimes. »
 

Une jeunesse européenne déboussolée

Selon le père Christian Delorme, « la plupart des Français et Belges partis faire le djihad en Syrie et en Irak – on parle d’un millier pour la France et 500 pour la Belgique – ne sont pas des jeunes élevés dans l’islam. Ils ont peut-être même été baptisés. Cela montre qu’il y a dans notre pays une jeunesse complètement déroutée, qui n’a plus de référence et qui est prête à partir dans des idéologies folles et sanguinaires ».

Face au discours de certains réfugiés qui mettent en garde les Français contre la présence musulmane dans notre pays, le père Delorme a rappelé que « la vie avec le monde musulman n’a jamais été facile contrairement à ce qui est parfois raconté. Certes, il faut entendre ce que nous disent les chrétiens d’Orient, mais n’oublions pas que nos réalités sont différentes. En particulier parce qu’en France, l’immense partie des musulmans vient du Maghreb et l’islam de cette région est différent de celui en Égypte ou en Irak. Les Français d’origine algérienne et marocaine sont porteurs d’un islam qui a déjà une grande expérience de la République, même sous le joug colonial. Nous ne sommes pas du tout dans le même cas de figure, dans le cas de sociétés tribales islamiques ».
 

Des chrétiens encore trop peu enclins à dialoguer

Dans le monde catholique, on voit une grande islamophobie qui se développe, en particulier sur Internet, un phénomène qui s’est aggravé depuis l’été. « Heureusement, sur le terrain, de nombreuses initiatives sont mises en place. Ce sont malheureusement encore de petites actions. Beaucoup de musulmans, aujourd’hui, dans les mosquées, ont le désir de rencontrer les chrétiens, de discuter avec eux. Ils ne trouvent pas beaucoup d’interlocuteurs en face. Dans les situations de crise, regrette-t-il, il y a toujours le risque que les gens se replient sur eux-mêmes. »

« Je crois surtout qu’il faut regarder la réalité de notre société, a conclu le père Delorme. Il est vrai que nous sommes très marqués, et à raison, par les difficultés dans les banlieues car il y a des ghettos de misère, des dizaines de milliers de jeunes qui sont sans occupation. Certains d’entre eux sont remplis de rage voire de haine, mais il y a aussi une réalité de l’intégration que souvent nous ne voyons pas. L’immense majorité des musulmans en France est complètement intégrée, au sens où elle est inscrite dans le fonctionnement de la société française et nous ne les voyons plus. Ces musulmans invisibles sont de loin les plus nombreux. Ils sont tellement invisibles qu’ils participent complètement à la vie de notre République et ils ne remettent pas en cause la paix sociale chez nous. »

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