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Le Pape au Sri Lanka ? « Je vous en prie, ne venez pas ! »

© Ucanews

Eglises d'Asie - Publié le 05/12/14

C’est l’appel poignant qu’un catholique sri-lankais adresse au pape François qui doit visiter le pays du 13 au 15 janvier : une visite détournée sans vergogne par le régime, en pleine campagne électorale.

La polémique concernant le détournement de la visite du Pape à son profit par le régime autoritaire de Colombo, actuellement en pleine campagne électorale, bat aujourd’hui son plein au Sri Lanka, comme le soulignait Églises d’Asie dans une précédente dépêche.

Cette lettre ouverte du catholique Ruki Fernando a été publiée le 1er décembre dans Groundviews, site d’information en ligne sri-lankais et média indépendant luttant pour les droits de l’homme. Ruki Fernando, catholique et cingalais, est un militant connu au Sri Lanka. Il est fréquemment menacé, arrêté et emprisonné, comme en mars dernier pour avoir enquêté sur les disparitions de civils, en tant que membre d’Inform Human Rights Documentation Center (INFORM), basé à Colombo.

Dès sa parution en ligne, ce texte a été partagé par un grand nombre d’internautes et abondamment commenté, la plupart des lecteurs approuvant sans réserves l’analyse du militant des droits de l’homme(1).

Voici la lettre ouverte de Ruki Fernando. La traduction est de la rédaction d’Églises d’Asie.

Assassinats, abus de pouvoir, corruption généralisée

La crainte des violences électorales est omniprésente : elle a débuté avec la mort d’un politicien de l’opposition, abattu quelques heures seulement après l’annonce de la date des élections. La semaine qui a suivi cette annonce, au moins six tentatives d’assassinats ont été signalées, la plupart visant des membres de l’opposition. Les abus de pouvoir et la corruption généralisée des fonctionnaires de l’État devraient être également au rendez-vous, comme lors des précédentes élections. Il y a aussi cette peur de voir surgir, dans les jours qui suivront le scrutin, des vagues de violences massives et de représailles à l’encontre des militants de l’opposition. Lors de la dernière élection présidentielle en 2010, le principal candidat de l’opposition a été emprisonné immédiatement après la publication des résultats des votes. Plane également la crainte que l’actuel détenteur du pouvoir n’accepte pas de rendre celui-ci, au cas où un candidat de l’opposition arriverait à remporter les élections.

Après des années de répression des dissidents et des minorités ainsi que d’incertitude concernant la viabilité des candidats de l’opposition face au président sortant, il semble cependant que l’espoir, l’enthousiasme et le courage commencent à renaître parmi les Sri-Lankais, lesquels mettent en place débats et échanges sur l’avenir du pays, la démocratie, l’État de droit, la paix et la réconciliation, ainsi que la question des minorités. Je reste persuadé également que c’est le devoir des catholiques de s’engager pleinement sur ces questions, étant donné qu’elles peuvent avoir des conséquences graves pour notre pays et ce, dans un avenir proche.

Grande tension et grande violence

Il est probable que les résultats des élections seront officiellement annoncés au soir du 9 janvier ou le lendemain matin. Les jours qui suivront seront une période où les Sri-Lankais, y compris les catholiques, subiront de plein fouet les conséquences du scrutin dans un contexte qui sera très certainement marqué d’une grande tension et d’une grande violence.

Si un nouveau président, ou le président actuel, prend pacifiquement le pouvoir, cette période post-électorale sera l’occasion pour les Sri Lankais de faire avancer les réformes, afin de faire advenir un type de gouvernement favorisant l’État de droit, la liberté des médias, l’indépendance de la Justice, la fin de l’impunité pour les violations des droits de l’homme et du droit humanitaire, la réconciliation entre les populations, la résolution politique du conflit ethnique, etc. Dans le cas présent, nous catholiques ainsi que nos frères et sœurs non-catholiques, pouvons avoir à faire un choix difficile entre celui de nous engager pleinement dans les préparatifs de cette occasion rare et unique de la visite papale et de la béatification du bienheureux Joseph Vaz, ou celui de se préparer à une élection présidentielle critique.

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