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L’Apostolat de la Prière fête ses 170 ans

© P.M WYSOCKI / LUMIÈRE DU MONDE
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Le Père Xavier Jahan, SJ, directeur national de l'Apostolat de la Prière revient sur cette intuition qui, aujourd'hui, touche des millions de fidèles à travers le monde.

Il y a tout juste 170 ans, en la fête de Saint François-Xavier, Patron des missions, dans un obscur centre de formation jésuite était émise, une intuition toute simple venue à l’esprit d’un père spirituel de jeunes jésuites, au début de leur longue formation mais déjà impatients d’être actifs au service de l’Evangile. Elle allait développer un dynamisme missionnaire impressionnant, touchant rapidement plusieurs millions de personnes à travers le monde. Cette idée, vous la connaissez ! Elle prend appui sur deux réalités fondamentales.

La première vient du monde : un monde en mouvement, qui cherche son chemin. Il faut l’aider à vivre des transformations essentielles pour qu’il n’aille pas dans le mur ! Oui mais comment ? Les défis sont si énormes et si complexes.

C’est là que la deuxième réalité vient ouvrir un chemin. Elle vient de notre foi : nous croyons en un Dieu créateur et sauveur qui aime tellement le monde qu’il nous a donné son Fils pour travailler, avec lui, au salut de ce monde. Oui, travailler avec lui. Autrement dit : le salut de ce monde ne se fait pas sans nous ! C’est là que s’enracine l’intuition de ce qui deviendra « L’Apostolat de la Prière ».

Ce travail commence et trouve sa fécondité dans cette activité mystérieuse parce que totalement invisible aux instruments de mesure du monde : la prière, une prière d’offrande. A la manière de Jésus. Une prière dont il a déjà révélé la puissance et la fécondité lors de ses pérégrinations en Palestine, (pensez, ne serait-ce qu’à Matthieu 17, 21 ou Jean 11, 41) jusqu’à son offrande ultime ouvrant à la pleine Révélation de la Résurrection.

Elle marque un dialogue persévérant que l’on est prêt à engager avec Dieu pour le monde, un dialogue de collaborateurs, de partenaires dans une même mission. Elle nous décentre de nous-mêmes et nous rend porteurs du monde devant la face de Dieu. Ce n’est rien d’autre que le joug que Jésus lui-même a porté et qu’il désire partager avec nous :
« Venez à moi vous qui ployez sous le poids du fardeau, et je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez vous à mon école, car je suis doux et humble de Coeur ». Mt 11, 28-29

Cette prière d’offrande n’est possible que si l’on s’est préalablement déchargé de ce qui nous plombe : nos fardeaux, nos vies, nos égos. C’est déchargé de soi-même que l’on découvre en soi une force discrète et étonnante qui nous donne rien de moins que de porter le monde avec ses fardeaux devant le Père.

C’était exactement le 3 décembre 1844, dans le « scolasticat » jésuite de Vals-près-le-Puy en Haute Loire. Cette prière est loin d’être inactive. Cette prière relève peut-être même de la plus haute activité, celle qui échappe à nos yeux mais pas au regard du Père qui sait voir cela dans le secret.

« Tu veux participer avec Lui au Salut du monde ? De notre monde ? Ouvre au Seigneur Jésus ton espace intérieur et offre Lui simplement ta vie d’aujourd’hui à travers tes activités, tes pensées, tes rencontres et tes solitudes, tes peines et tes joies. Puis parle-à Jésus avec tes mots, avec ton coeur, de ce monde et de ces lieux, de ces situations où il faut qu’Il agisse, Lui le Seigneur de l’Univers…
Et cela dans une confiance telle que tu n’as pas besoin d’en voir par toi-même le résultat : tu le laisses faire, avec confiance, aveuglément. Tu ne sais peut-être pas par où commencer étant donné l’étendue des défis à relever ?
Alors remets-toi à Celui dont c’est le travail, le serviteur des serviteurs dans l’Eglise : le pape. Il choisit lui même les lieux où il est bon de "concentrer" ensemble cette prière. Par cette remise en cette obéissance, tu verras que tu pourras tenir et durer dans ce travail divin.

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