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Avortement : de la tolérance au « droit fondamental »

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Fred de Noyelle / GODONG

Philippe Oswald - publié le 26/11/14

Quarante ans après la loi Veil, dépénalisant l’avortement sous certaines conditions, celui-ci devient aujourd’hui, par une résolution de l’Assemblée nationale, un « droit fondamental » donc incontestable. Un engrenage totalitaire.

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La proposition de résolution avait été déposée par la socialiste Catherine Coutelle, présidente de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale et signée par tous les présidents de groupe, y compris l’UDI Philippe Vigier et l’UMP Christian Jacob. Le texte, voté le jour du 40eanniversaire de l’ouverture des débats sur la loi de Simone Veil, le 26 novembre 1974, a bien sûr une portée symbolique. Il martèle « le droit universel des femmes à disposer librement de leur corps », et fait de l’IVG un « droit fondamental ». Comme toute « résolution », le texte n’était pas amendable. Les députés ne pouvaient que voter pour, contre, ou s’abstenir. 

Un engrenage totalitaire

« Comment peut-on accepter de mettre aux voix la vie humaine ? », s’indigne le président de la Fondation Jérôme Lejeune, Jean-Marie Le Méné. « Il n’y a qu’une façon de le faire : en trompant le peuple par un mensonge, en lui faisant croire que l’avortement ne tue personne et que celui qui ose émettre des doutes menace la République. » Et de décrire « la spirale libertaire », un engrenage totalitaire dont la loi Veil devient l’emblème : « …l’interdit devient une tolérance, puis une exception légalisée, puis un droit commun, puis un droit fondamental, puis une obligation ».

Pourquoi donc cette crispation des partisans de l’IVG ? Serait-elle vraiment menacée, s’interroge La Vie ? « « En France, ce droit n’est pas contesté, reconnaît Catherine Coutelle, mais il demeure des freins. On l’a vu lors du débat pour supprimer la notion de détresse, qui a suscité des polémiques pour moi impensables. Ce n’est pas un droit qu’on concède aux femmes ; il leur revient ! » Autres freins : plus de 130 centres pratiquant des IVG ont fermé en dix ans, et le nombre des gynécologues diminue fortement. 4 000 à 5 000 femmes vont à l’étranger chaque année pour avoir dépassé le délai légal de trois mois de grossesse. » Donc, ce qui est voulu, c’est l’avortement sans freins ! 

225 000 avortements par an, 1 grossesse sur 5

Caroline Roux, secrétaire générale et coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA, constate que tout contribue à pousser les femmes en détresse à avorter : « … La loi du 4 juillet 2001 a supprimé du dossier-guide remis aux femmes qui viennent s’informer pour une éventuelle IVG, la présentation des aides et protections assurées aux femmes enceintes. De même, aucune information concernant ces droits et aides ne figure sur le site du Ministère de la santé, dans l’espace consacré à l’IVG ». Surtout, qu’elles ne décident pas de garder leur enfant ! Mais quels que soient les efforts et les menaces pour la masquer, la réalité demeure : « Cette résolution qui prétend renforcer l’IVG comme un « droit fondamental » ne résout en rien la problématique souvent douloureuse des femmes qui n’ignorent pas que c’est la destinée d’un être humain qui est en jeu, poursuit Caroline Roux. Les pouvoirs publics ont renoncé à une vraie politique de prévention de l’IVG, en cas de grossesse imprévue ou difficile. C’est particulièrement préoccupant  dans le contexte économique et social actuel ».

Résultat : chaque année, plus de 225 000 femmes subissent un avortement en France, soit une grossesse sur cinq. Ce sont plus de 8 millions d’avortements qui ont été réalisés depuis 40 ans. Selon l’Institut national d’études démographiques (INED), 40 % des Françaises auront recours à un avortement dans leur vie. Et la contraception, dont la France détient le record mondial, n’empêche nullement le recours à l’avortement : 72 % des femmes qui recourent à l’IVG étaient sous contraception lorsqu’elles sont devenues enceintes.

Un « droit » négateur du droit

La violence avec laquelle ce pseudo « droit fondamental » veut s’exercer est symptomatique du profond malaise que crée l’avortement chez les femmes, dans le corps médical et, de proche en proche, dans toute la société. Un médecin en témoignait sur les RTL ce matin : il a renoncé à pratiquer des avortements, n’en pouvant plus de voir des fœtus avortés. L’acte lui est devenu insupportable. Et chez les femmes, le syndrome post-abortif est d’autant plus ravageur qu’il est nié. « Cette surenchère pour imposer l’avortement comme un acte médical banal au service de la liberté des femmes dit la difficulté à fonder de manière solide ce « droit fondamental ». Un droit humain peut-il reposer sur la négation du droit à la vie d’autres êtres humains au tout début de leur existence et de leur croissance ?, résume Mgr Guy de Kérimel, évêque de Grenoble-Vienne. Pourquoi le traumatisme post-abortif est-il laissé sous silence ou simplement nié ? Peut-on parler de liberté quand la parole est interdite ? » (Aleteia)

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