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Devant Sens Commun, Sarkozy relance le débat sur l’abrogation de la loi Taubira

Paul Malo / Aleteia

Judikael Hirel - Publié le 17/11/14

Compte-rendu. Le mouvement issu de la Manif pour tous a réuni les trois candidats à la présidence de l'UMP. Quitte à en bousculer certains en abordant le sujet qui fâche : la loi Taubira.

 "La droite ne peut plus se permettre de fonder ses convictions sur le sable, mais être de nouveau ce à quoi elle croit, et croire avant de penser." Madeleine Bazin de Jessey, venue des Veilleurs, n’a comme à son habitude pas mâché ses mots en ouverture du meeting de Sens Commun, à Paris. L’entrisme de ce jeune mouvement est assumé, l’objectif clair et affiché, parler le seul langage que comprennent les politiques de premier plan : le rapport de force, jusqu’à leur faire adopter les idées et valeurs défendues par ces nouveaux encartés, qui représentent la grande majorité des nouvelles adhésions à l’UMP en ces temps tourmentés. Le constat est simple : seul le fait d’adhérer permet d’en modifier la ligne politique d’un parti de l’intérieur. Au bout de quelques mois, le jeune mouvement rassemble déjà plus de 5000 adhérents, et se paie donc le luxe d’avoir été le seul à parvenir à rassembler en un seul et même meeting les trois candidats à la présidence de l’UMP. Un meeting qui aura fait réagir jusqu’au Président de la République, suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy.

"Avoir des convictions enracinées"

Pour Madeleine Bazin de Jessey,  "avec des convictions enracinés, il est possible de faire bouger les lignes, de changer la politique. Laissons le désespoir à d’autres, l’espérance est en marche et elle peut tout. Il y a deux ans, vous avez compris que les Français étaient attaqués dans ce qu’ils avaient de plus précieux, leur famille." Ces rassemblements historiques que nous avons vécu auront une fécondité que nous ne saisissons pas encore. Mais regardons les choses en face : nous avons les dirigeants que nous méritons. Pendant trop longtemps, nous avons critiqué le match devant notre poste de télévision, sans enfiler le maillot et descendre sur le terrain. Nous nous étions dirigés derrière le discours trop facile du tous pourris. Que dirions nous demain à nos enfants ? Que nous avons tout donné pour eux, jour après jour parce qu’à nos yeux leur avenir n’a pas de prix", poursuit la cofondatrice de Sens Commun. "L’urgence est de donner et de servir sans attendre de bénéfices personnels. La droite ne peut plus se permettre de fonder ses convictions sur le sable, être de nouveau ce à quoi elle croit, et croire avant de penser."

Défendre des valeurs et des convictions

Figurant parmi la dizaine de parlementaires présents lors du meeting de Sens Commun, Laurent Wauquiez a posé le débat : "Vous avez fait le choix de ne pas être spectateurs. Je sais que vous n’êtes pas là par opportunisme, pour faire carrière, réclamer des postes. Mais pour une seule chose, que nous avons perdu de vue depuis trop longtemps : la défense de nos valeurs, de nos convictions. Ce devrait être cela la politique. Partant de l’élan de la Manif pour tous, pouvons rebâtir différemment notre famille politique.’ Faisant référence à la doctrine sociale de l’église, pour défendre la valeur du travail, l’ex ministre a souligné que "cette société-là est celle du consumérisme, ce n’est pas celle à laquelle nous croyons." Quant à la Cour Européenne des droits de l’homme, " elle se trompe quand elle diffuse une idéologie parce qu’il s’agit une idéologie, où seul les droits des minorités valent. Je ne laisserai jamais les juges de la CEDH sans légitimité politique me dicter ma vision de la famille. "Enfin, je ne crois pas que l’on construise une société de tolérance dans la négation de ce qu’on est. On ne peut pas s’ouvrir aux autres si l’on ne sait pas qui l’on est. Oui, l’Europe a des racines chrétiennes, oui la civilisation européenne a des racine judéo-chrétiennes. Nous ne venons pas de nulle part, nous avons des fondations, et ce ce n’est pas quand on oublie ses fondations que l’on peut s’ouvrir à l’autre et être tolérant."

La loi Taubira n’est pas un acquis social

"Comme vous, j’étais contre la loi, a rappelé Laurent Wauqiez. Comme vous j’ai manifesté contre cette loi, et je n’ai pas changé d’avis. je reste pour l’abrogation de cette loi. Je respecte les positions de chacun. Je peux comprendre que l’on vote pour ou contre, pas qu’on s’abstienne sur une loi comme celle-là. Dans notre famille politique, il doit y avoir des question fondamentales. les questions de filiation ne peuvent pas être considérées comme des pressions accessoires. Jamais la loi Taubira ne sera pour moi un acquis social. Ce qui est un acquis, c’est qu’un enfant est le fruit d’un père et d’une mère et rien d’autre. La jurisprudence a montré clairement que la loi Taubira aboutira à la GPA, à la PMA. On ne peut pas dire qu’on est contre, sans dire qu’il faudra réécrire l’ensemble de la loi Taubira." Le leader de la droite sociale a conclu en affirmant que "la droite et le centre échouent non pas parce qu’elles en disent trop mais parce qu’elle n’en font pas assez. Une certaine gauche entend nous dicter ce que l’on doit penser. Ayons juste le courage d’assumer nos valeurs et de ne pas chercher à plaire aux censeurs de la modernité."

Bruno Lemaire hué

Interpellé d’emblée sur son abstention lors du vote de la loi Taubira, Bruno Lemaire n’a pu éviter les huées de l’assistance. Pour autant, il a tout de même assené crochets ("moi, je n’attends pas d’être élu pour donner ma position") et directs à son principal adversaire, qu’il aura regretté de ne pas croiser à la tribune : "Nous avions promis en 2007 de mettre en place de mettre en place un Contrat d’union civile pour les couples homosexuels. Nous aurions bien fait de tenir parole, nous n’aurions pas eu la loi Taubira." Interrogé sur ce qui doit changer à l’UMP, l’ex-ministre de l’agriculture tâcle à nouveau Nicolas Sarkozy :  "Tout sauf le nom ! Quand on commence à vouloir refaire la façade, c’est que l’on n’est pas vraiment prêt à changer le parti lui même. je ne veux pas changer la devanture, mais la pratique." Si on peut lui reconnaître le courage d’avoir arpenté les fédérations pour faire campagne, il est clair que ce n’est pas auprès des militants UMP issus de la Manif pour tous qu’il trouvera un soutien.

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