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Marthe Robin : une rencontre purificatrice !

Marthe Robin déclarée « vénérable » par le Pape

DR / Foyers de charité

Jacques Gauthier - Le blogue de Jacques Gauthier - publié le 14/11/14

Parmi les nombreux visiteurs que Marthe a reçus pendant plus d’un demi-siècle dans la chambre où elle était alitée, le jeune Jacques Gauthier. Il se souvient.

Le 7 novembre 2014, le pape François autorisait la Congrégation pour la cause des saints à promulguer un décret reconnaissant l’héroïcité des vertus de Marthe Robin (1902-1981). Cette laïque stigmatisée, fondatrice des Foyers de Charité, est maintenant déclarée « vénérable », un pas important vers sa béatification (Aleteia).

« J’attendais avec fébrilité »

Je vous partage ma rencontre avec Marthe qui a eu lieu le 5 ou 6 septembre 1973, telle que je le relate dans mon carnet de jeûne chrétien, Se purifier pour renaître (Presses de la Renaissance). C’était sûrement un mercredi ou un jeudi, les seules journées où elle recevait les retraitants dans sa chambre.

Je m’étais inscrit à une retraite donnée par le père Finet au Foyer de Charité de Châteauneuf-de-Galaure (Drôme). Je vivais alors à l’Arche de Jean Vanier et j’étais attiré par la vie monastique. Je me souviens très bien de la maison toute simple où Marthe est née et où l’on entrait par la cuisine. Je n’entendais que le tic-tac de l’horloge et le ronronnement d’un chat. J’attendais avec fébrilité qu’un autre retraitant ait terminé sa visite qui ne durait normalement que trois minutes. Je passai enfin dans la chambre sombre de Marthe comme si je plongeais dans un bain du ciel. Je la devinais sur le lit, les pieds repliés sous son bassin. Je me disais qu’elle lisait probablement dans mon âme. Difficile de rester détendu lorsqu’on a vingt-et-un ans, qu’on est un jeune converti plein de fougue et de poésie, et que depuis des jours, on suit avec ferveur les enseignements du père Finet. Marthe se chargea de me couper les ailes et de me ramener sur terre assez brusquement.

Interrompu dans mon petit boniment

Je commençai tout de suite en la remerciant de souffrir pour la nouvelle Pentecôte d’Amour. Gaffe à ne pas faire, car Marthe avait horreur des compliments. Le père Finet nous avait avertis, mais je croyais bien faire malgré ma naïveté apparente et mon amour sincère de Jésus et de l’Église. Elle interrompit mon élan en me demandant d’où je venais. Nul besoin d’être voyante tant mon accent québécois me trahissait. Ça commençait mal. J’avais oublié de me présenter, trop occupé à jouer l’important et à lui faire plaisir par mon petit boniment. Lorsque je lui dis que j’étais à l’Arche pour quelques mois et que je venais du Québec, sa voix claire s’anima. D’une simplicité désarmante, elle me demanda des nouvelles de mon pays, de la température… J’étais désemparé. Je n’étais pas venu la rencontrer pour parler du beau temps et je savais que les minutes étaient comptées. Je lui posai « la » question qui me trottait dans la tête depuis des mois : « Est-ce que Jésus me veut à l’abbaye cistercienne d’Oka, près de Montréal ? ». Sa voix fraîche devint ferme, presque cassante : « Ce n’est pas à moi de dire quoi faire et de prendre des décisions, ma vocation, c’est de prier. Prions ensemble ». J’avais oublié que Marthe était avant tout une femme d’oraison et que la prière était la nourriture de sa vie.

De la colère aux larmes

Nous avons récité lentement un Notre Père, un Je vous salue Marie et, je pense, un Gloire soit au Père. Mais j’étais incapable de prier, parce que trop déçu et humilié. Mon ego en prenait un coup. Une agressivité monta en moi, mêlée d’une frustration. Je me sentais ridicule en priant, rempli de moi-même. Je sortis de la chambre complètement bouleversé, ne sachant pas ce qui m’arrivait. Je me sentais plus mêlé que lorsque j’étais entré. J’étais comme dans un tunnel noir. Il fallait que je trouve une issue. 

Je fondis en larmes à l’extérieur. Je pleurai de rage, comme un enfant abandonné de ses parents. J’étais désespéré. Je criai à Jésus : 

« Je ne partirai pas d’ici sans retrouver la paix intérieure, sans avoir une réponse ». J’eus l’idée de revoir Marthe, mais c’était impossible. J’allai donc à l’arrière de la maison et je m’assis par terre, sous les volets de sa chambre. Je pleurai, pleurai de misère, jusqu’à n’avoir plus d’eau à offrir. Je me sentais tellement misérable, un peu comme l’enfant prodigue. Je n’avais maintenant qu’à demander pardon et me jeter dans les bras de Dieu. J’expérimentai une fois de plus la miséricorde du Père. Et la paix du Christ arriva, avec cette joie intérieure qui en est le signe. Ma vraie rencontre avec Marthe, c’est au pied de sa fenêtre, assis dans l’herbe comme un bébé, que je la fis en vérité, parce que j’ai pu communier à ma misère réelle et non à l’illusoire merveilleux.

Elle m’avait révélé ma vocation, la prière

C’est alors que la parole de Marthe me revint en mémoire, lumineuse et forte : « Ma vocation, c’est de prier ». C’était donc cela la réponse de Marthe. Je n’avais rien compris. Elle m’avait révélé ma vocation, la prière, c’est-à-dire l’union et l’offrande à Dieu, la relation intime et amoureuse au Dieu Vivant. Et je peux attester jusqu’à ce jour que c’est bien ma vocation profonde, même si je ne la réalise pas pleinement. La prière atteste non pas que je suis saint, mais mon désir à le devenir. Aussi je tiens à cette oraison matinale où j’apprends la vie éternelle. Je ne savais pas que plus tard j’écrirais plusieurs livres sur ce thème de la prière, que je donnerais des retraites aux prêtres sur le don de l’oraison et que je prêcherais dans les Foyers de Charité du Québec.

J’ai tout de même vécu quatre ans à l’abbaye cistercienne d’Oka. Comme Marthe aurait aimé être carmélite, j’aurais aimé aussi être trappiste, mais telle n’était pas la volonté de Dieu. Tout de même, Marthe avait eu bien raison de ne pas répondre directement à ma question. Mais quelle ne fut pas ma surprise de recevoir, un an après mon entrée au monastère, une lettre en provenance de Châteauneuf-de-Galaure où l’on me disait que Marthe pensait à moi et qu’elle priait pour moi. J’y ai vu un clin d’œil de sa part, elle qui disait le 20 septembre 1930 : « Moins il y a de nous, plus il y a de Dieu. Ce n’est pas de vivre dans un monastère ni de porter l’habit, pas même d’avoir prononcé des vœux (quoique tout cela soit parfait) qui importe, les saints désirs, les sentiments intérieurs d’amour sont seuls nécessaires ».

Pour plus de détails sur la vénérable Marthe Robin, consultez son site officiel.
Visionnez cettevidéode 7 minutes sur sa vie et son message.
J’en parle également dans mon témoignage à Un cœur qui écoute de KTO.

Du blog de Jacques Gauthier

Tags:
marthe robin
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