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Témoignage : ma rencontre avec Marthe Robin

DR / Foyers de charité
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Alors que la fondatrice des Foyers de Charité fêterait son centenaire ce 13 mars, Philippe Oswald se souvient d’une entrevue avec elle, voici trente-huit ans

C’était en 1979, deux ans avant la mort de Marthe Robin. Au cours de la fameuse « retraite de cinq jours » à Châteauneuf de Galaure que nous faisions en couple, Cécile et moi, il nous a été permis de rendre visite à Marthe, dans la chambre de la ferme familiale de « la Plaine » où elle vivait alitée depuis soixante ans.

Un entretien avec Marthe, ça vous dirait ?

Sa réputation de sainteté, ses stigmates, sa survie miraculeuse sans autre nourriture que l’Eucharistie, ses dons de « voyance » dans les âmes, bref tout l’extraordinaire de sa vie nous avait été maintes fois raconté, parfois peut-être même embelli par des narrateurs enthousiastes. Le père Finet, dont nous suivions la retraite avec bonheur, n’était pas le moins convaincant ! Mais n’étant pas particulièrement avides de merveilleux, nous nous étions inscrits pour cette rencontre proposée aux retraitants un peu comme on se rend aux piscines à Lourdes : c’était en somme une étape du parcours sans laquelle il manquerait quelque chose à la retraite. Nous n’étions pas défiants, plutôt bien disposés, mais curieux et quelque peu anxieux de faire cette expérience d’un entretien avec une sainte (tout ce que nous avions lu et entendu au sujet de Marthe Robin ne laissait pas de place au doute à ce sujet).

On nous avait prévenus : ses yeux ne supportant pas la lumière, Marthe vivait dans la pénombre, volets entrebaillés. Nous l’avions expliqué à nos trois jeunes enfants qui, à notre surprise, avaient été invités à se joindre à nous pour cette rencontre. Marthe, nous avait-on dit, aimait par-dessus tout recevoir la visite des enfants.

En attendant qu’une autre visite s’achève, attente dans la cuisine attenante à la chambre de Marthe. Une humble cuisine de ferme, la pièce principale en fait, où rien ne semble avoir bougé depuis un siècle. Les enfants (5, 4 et 3 ans) sont paisibles, détendus, heureux d’avoir rejoint leurs parents dont ils avaient eu le chagrin d’être séparés pendant la retraite. Puis l’on nous fait entrer dans la chambre obscure.

Nous nous approchons du lit qui semble minuscule. On devine une forme plus recroquevillée qu’allongée. « Bonjour, Marthe ». Nous nous présentons. C’est alors que notre aîné, collé au lit, lance comme s’il poursuivait une conversation entamée depuis longtemps : « Tu sais, moi, je n’ai pas mal aux yeux ! ». Nous sommes dans nos petits souliers mais une voix très douce lui répond : « Heureusement, mon chéri ! ».

Marthe nous interroge sur notre vie, nos métiers, nos amis. J’en énumère fièrement quelques-uns dont je sais qu’elle les connaît puisque c’est à leur invitation répétée que nous avons cédé en faisant cette retraite. « Vous avez de bons amis ». Je lui parle des difficultés que j’éprouve dans mon nouvel environnement professionnel, celui des médias, où l’on ne se fait pas de cadeaux. « Vous les connaissez, maintenant ».

La conversation se déroule, le plus simplement du monde. Mais alors que je poursuis mon idée sans comprendre une question de Marthe, je me fais rappeler à l’ordre : « Non ! » C’est un cri douloureux qui a jailli de ce lit. Cécile, bien sûr, avait compris, et parle de la famille, des enfants. L’entrevue est terminée. « Merci, merci ! ». C’est Marthe qui remercie ses visiteurs plutôt que l’inverse…

Une voix inoubliable

Que reste-t-il de cette entrevue si banale, quel souvenir marquant ? Une phrase particulière, un conseil, une confidence, une révélation ? Mais non : sa voix ! Juste le son de sa voix. Comment une voix si juvénile, si pure, si douce et si puissante à l’occasion (j’en ai fait l’expérience pour ma confusion) pouvait-elle jaillir du corps martyrisé de cette octogénaire ? Ainsi de la sainte – vénérable pour l’instant mais ce n’est qu’une première étape – comme du saint Pape qu’il m’a été donné d’approcher de près, il me reste surtout deux impressions, deux empreintes physiques indélébiles : la poigne de Jean Paul II sur mon bras, et la voix cristalline, unique, inouïe, de Marthe Robin.

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