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Calais : deux misères qui s’affrontent

Lionel Charrier-Myop/Secours Catholique
migrants calais
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Retrouvez sur Aleteia la chronique de Guillaume de Prémare sur l'antenne de Radio Espérance.

« Ici on craint de rentrer dans les grappes de migrants qui hantent nos bords de voies rapides et d’autoroutes. » Voilà ce que m’écrit Anne Josnin hier, depuis sa région de St-Omer dans le Pas-de-Calais. Mais si Anne a pris la plume, ce n’est pas pour me signaler un problème de sécurité routière, c’est pour me dire la détresse, l’exaspération et le sentiment d’abandon des honnêtes gens de l’Audomarois et du Calaisis.

Car il y a bien deux détresses qui s’affrontent dans la région : celle des migrants – qui vivent dans des tentes ou cabanes de fortune, dans des gymnases ou des squats – et celle des honnêtes gens du cru qui n’en peuvent plus. Anne me dit que « les discours raisonnables n’ont plus prise face à l’exaspération, au sentiment d’injustice, au constat d’impunité, à l’accumulation de frustrations, de mécontentement, d’inquiétude, de souffrances non prises en compte »

Il y a l’insécurité bien sûr : les témoignages d’agressions relayés par Radio6 tournent en boucle sur le web. Et il y a les batailles rangées entre migrants dont le site d’information Nord Littoral se fait l’écho : Érythréens contre Éthiopiens à Calais, Égyptiens contre Afghans à St-Omer. « Ils partagent le même fossé mais pas la même langue », dit Anne, avant d’ajouter que « les bénévoles débordés et épuisés, sont mal vus partout ».

Les honnêtes gens de l’Audomarois, Anne les connaît bien. Elle n’a pas le profil de l’agitatrice sécuritaire qui fait mousser les faits divers pour faire grimper la tension. Membre de la modeste Fraternité des chrétiens indignés, elle est proche de tous ces bénévoles qui essaient de mettre en œuvre la charité évangélique dans des conditions impossibles. Et elle est proche aussi de tous ces honnêtes gens. Enseignante, elle vit au milieu du peuple audomarois.

Le cœur de son appel de détresse est ici : « La situation empire de jour en jour. Cela va exploser. Mes anciens élèves, des gars sains, des collègues, s’y préparent mentalement ». Pourtant, le peuple audomarois est un peuple de dur labeur, d’effort, de chaleur humaine et de solidarité. Alors, que se passe-t-il ? Le peuple audomarois n’est pas malade, il est abandonné. Les conditions de vie sont telles que la vertu évangélique d’accueil de l’étranger n’est plus accessible aux honnêtes gens.

Dans des cœurs sains et des âmes honnêtes se prépare, peut-être, l’affrontement de deux misères, de deux abandons, de deux injustices, de deux désordres. Je repense à cette merveilleuse « Chanson pour l’Auvergnat » de Brassens : « Elle est à toi, cette chanson, toi l’étranger…. ». Ici, en Audomarois et en Calaisis, Brassens n’est plus accessible aux honnêtes gens. Quelle injustice !

Faire la morale ne sert à rien. Au contraire, cela aggrave le sentiment d’abandon et d’incompréhension. Peut-être demain, des petits, des « sans-pouvoir », vont s’affronter et seront réprimés par les puissants. Ces puissants qui, d’une certaine manière, ont voulu ce qui arrive : c’est à dessein, pour servir leur cupidité, qu’ils ont fait des frontières de l’Europe des passoires pour les marchandises, les capitaux, et bien sûr les hommes. Tout cela, c’est tout un.

Dans le même temps, je lis dans Le Monde que le Luxembourg, « plaque tournante de l’évasion fiscale », a organisé l’évaporation de « milliards d’euros de recettes fiscales » grâce à « des accords fiscaux secrets » avec « plus de 300 multinationales ». Que nul ne vienne me dire, de Bruxelles ou d’ailleurs, que c’est l’âme du peuple qui est malade.

Écouter cette chronique sur Radio Espérance

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