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Même refermés, les parapluies de Hongkong porteront du fruit

Eglises d'Asie

Eglises d'Asie - Publié le 11/11/14

Après bientôt cinquante jours de manifestations, le mouvement de protestation « Occupy Central » ou « des parapluies », s’use inexorablement. Mais son échec prévisible à court terme ne signifie pas qu’il aura été stérile.

Depuis Hongkong, le P. Pierre Jeanne, MEP *, dresse ce bilan provisoire :

Le mouvement des parapluies, commencé le 28 septembre 2014, fêtera dimanche prochain sa 50ème journée d’action. Les responsables d’« Occuper Central » (Occupy Central) hésitent en ce moment pour savoir quelle suite donner à leur mouvement.
En effet, une certaine lassitude se manifeste parmi les manifestants eux-mêmes mais aussi parmi la population de Hongkong ; le nombre des opposants au mouvement a rapidement augmenté.  De plus, en novembre, la température du thermomètre descend et il va probablement pleuvoir. Il deviendra plus compliqué de rester sur les sites occupés et de continuer à les contrôler. Par ailleurs, de nombreux manifestants ont repris leur travail dans la journée mais, le soir, reviennent sur les sites pour y passer la nuit.
Sur quoi débouchera le mouvement ? Il est encore impossible de le dire mais déjà on peut esquisser un premier bilan.

D’une révolution à l’autre
Les plus âgés des Hongkongais s’en souviennent encore en 1967 : alors que la Révolution culturelle (1966-1976) enflammait la Chine continentale, des émeutes avaient éclaté sur leur territoire. Le désordre, à l’époque, fut de courte durée mais, pourtant, comparable à celui d’aujourd’hui, dans la Région administrative spéciale (RAS). Le paradoxe toutefois, est que les rôles se sont inversés. Les agitateurs d’hier étaient des éléments pro-Pékin ; ils se battaient contre l’ordre établi (ordre maintenu par les Britanniques). Aujourd’hui, les pro-Pékin sont passés du côté de l’ordre établi, et les « fauteurs de troubles » sont des pro-démocrates.
Ces derniers avaient annoncé qu’ils occuperaient un quartier : celui de « Central » mais, le 28 septembre, quand le mouvement a démarré, l’enthousiasme des foules était tel que ce sont cinq sites clé qui ont été submergés et occupés par les Hongkongais. Un mois plus tard, trois quartiers de Hongkong, Admiralty, Causeway Bay et Mongkok, sont toujours bloqués par des manifestants, souvent jeunes, qui perturbent les transports et le commerce. La police a fini par chasser les « rebelles » des autres sites, non sans s’y être repris à plusieurs fois après plusieurs tentatives infructueuses.

La « désobéissance civile », sujet explosif
Pour se rendre au travail, beaucoup de Hongkongais doivent prendre patience à cause des embouteillages monstres et des véhicules, autobus ou métro, bondés. Mais, curieusement, peu de personnes protestent, ou montrent des signes d’impatience. Chacun suit discrètement l’évolution de la situation, les yeux fixés sur son portable, car chacun se rend compte que cette « désobéissance civile » est un sujet de discussion explosif qui risque de semer la division autour de soi.
 Les journalistes parlent de : « révolution des parapluies ». Le terme de « révolution » est cependant inapproprié pour qualifier les événements qui ont lieu depuis le 28 septembre 2014 dans la RAS. Il vaudrait mieux parler d’« effervescence sous les parapluies » ou de « verrouillage contre les parapluies ». Un journal titrait avec humour : « Hongkong a eu un pépin avec ses parapluies ! » Il est vrai que ceux-ci ne protégeaient pas les manifestants des gaz lacrymogènes, comme l’ont affirmé de nombreux médias, mais seulement des giclées de liquide au poivre dont la police les arrosait.

Le gouvernement a recruté des truands
Pendant cette période agitée, autre paradoxe, le gouvernement de Hongkong (accusé d’être soumis à celui de Pékin) a rappelé, au moins mille fois, que le respect de la loi était essentiel dans la RAS, (le droit faisant partie de culture institutionnelle et civique locale). Or, ce même gouvernement a fait appel, en plusieurs occasions, à des mafieux, membres de triades, qui sont loin d’être des citoyens modèles, pour provoquer les manifestants. De son côté, Pékin, qui prêche également pour le respect de la légalité (1), s’affranchit allègrement des règles du droit pour combattre la corruption de ses cadres et des membres du Parti qui, eux aussi, ne font pas du zèle pour respecter la loi. Et, plus généralement, dans toute la société chinoise du Continent, les plus forts l’emportent très souvent dans les conflits, les procès et les affaires. Qui sont donc ces gens qui veulent donner aux Hongkongais des leçons de droit ?

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chinehongkong
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