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Santé : stop à la psychose anti-gluten !

Anne Lazarevitch
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La thèse selon laquelle le gluten poserait des problèmes de santé serait-elle le reflet d’une société de plus en plus angoissée par son alimentation ?

Aucune étude scientifique n’accrédite la thèse selon laquelle le gluten poserait des problèmes de santé, sauf pour les personnes atteintes de la maladie cœliaque. Le reflet d’une société de plus en plus angoissée par son alimentation. Interview du Dr Florence Trébuchon, médecin allergologue. Fondatrice de l’École de l’asthme au service des maladies respiratoires de l’hôpital Arnaud-de-Villeneuve, à Montpellier, elle est l’auteur de Vaincre l’asthme et les allergies aux éditions Albin Michel (2011).

Parmi les personnes prônant un régime sans gluten, beaucoup affirment que leurs problèmes de santé ont ainsi disparu. Au-delà des constats empiriques, que sait-on scientifiquement des effets du gluten sur notre santé ? Qu’est-ce qui est prouvé, et quelles questions restent en suspens ?

Florence Trébuchon : Il existe deux type de maladies très différentes en rapport avec le gluten. La première est l’intolérance au gluten également appelée maladie cœliaque, la seconde est l’allergie alimentaire au blé. 

La maladie cœliaque provoque des troubles digestifs importants : diarrhées chroniques, douleurs abdominales, fatigue, amaigrissement. Il s’agit d’une impossibilité pour le tube digestif d’assimiler le gluten contenu dans le blé le seigle ou l’orge. Cette intolérance digestive entraîne une inflammation chronique du tube digestif à l’origine des symptômes. Le diagnostic de la maladie repose sur la recherche de certains anticorps dans le sang et il est confirmé après biopsie lors d’une coloscopie.

L’allergie au blé met en jeu le système immunitaire qui va fabriquer des anticorps appelé IgE dirigés contre les protéines du blé. En cas d’ingestion de l’aliment il y aura une réaction immédiate potentiellement sévère: urticaire, oedeme de Quinck, choc anaphylactique. Le diagnostic se fait grâce au bilan allergologique. Cependant l’allergie au blé est rare.

Comment expliquer que l’on attribue au gluten des problèmes qui n’ont a priori rien à voir avec ce dernier ?
De plus en plus de personnes rendent le gluten responsable de divers maux : douleurs articulaires, fatigues, migraines, etc. Elles  affirment qu’un régime sans gluten a été efficace.
Ce qui est ennuyeux c’est que ces personnes ont un bilan strictement normal : pas de traces d’anticorps de la maladie coeliaque, coloscopie avec biopsie normale, bilan allergologique négatif. Les soignants qui encouragent ces régimes sans preuve d’une quelconque maladie rétorquent : « On peut avoir la maladie sans les anomalies ». On peut avoir la maladie sans être malade finalement ! Dans ce contexte les  bénéfices constatés des régimes sans glutens sont très subjectifs et l’on peut imaginer la participation d’un effet placébo.

Je préconise dans ce cas une grande prudence. L’éviction non justifiée d’un aliment est préjudiciable, en particulier chez l’enfant, car elle l’expose à une marginalisation dans sa vie quotidienne (en particulier à la cantine) et  peut conduire à un déséquilibre alimentaire.

Dans ce cas, en quoi cette « anti gluten mania » est-elle révélatrice des angoisses de notre époque ? Pourquoi cette frénésie ?
J’ai du mal à comprendre cette diabolisation du blé. Il symbolise probablement pour certains le passage à l’ère de l’industrie agroalimentaire avec tous ses dangers : mal bouffe, OGM, pesticides, etc. Je pense qu’il y a des combats à mener pour une alimentation plus saine, mais le blé n’et pas le bon combat.
C’est très réducteur et c’est peut-être cela qui explique l’engouement des régimes sans gluten : un seul aliment responsable de tous nos maux c’est plus facile à gérer pour avoir l’impression de protéger sa santé. Lire la suite sur Atlantico

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